‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 29 sur 112 · BATAILLE DE RAVENNE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE RAVENNE

Il AVRIL 1512

e I I avril 1512, jour de Pâques, à la pointe du jour, Gaston fit passer le Ronco à son armée, ne laissant qu’une faible réserve pour contenir les assiégés dans les murs de Ravenne , et se déploya en demi-cercle dans la plaine, en marchant vers les alliés, qui, d’après le conseil de Pietro Navarro, l’attendaient en bataille derrière leurs retranchements. L’aile droite de l’armée du roi, qui s’appuyait au Ronco, était commandée par le duc de Ferrare, qui avait sous ses ordres sept cents gendarmes et cinq mille lansquenets. Au centre, on voyait l’infanterie française forte de huit mille hommes; plus loin , cinq mille fantassins italiens, et à l’extrême gauche trois mille archers et chevau-légers. Enfin, en arrière du corps de bataille, était le reste de la gendarmerie sous les ordres de La Palisse , lequel avait à ses côtés le cardinal de Saint-Severin , qu’à son armure et à son ardeur martiale on aurait pris pour un capitaine plutôt que pour le légat du concile.

Les alliés avaient à leur gauche, c’est-à-dire près de la rivière, huit cents gendarmes, puis six mille hommes de pied italiens; au centre et un peu en arrière, le corps de bataille composé de six cents gendarmes et de quatre mille Espagnols. Ce corps avait à sa droite plusieurs escadrons de gendarmerie et. l’autre moitié de l’infanterie espagnole. Enfin, la cavalerie légère voltigeait du côté le plus éloigné de la rivière.

L’armée française s’arrêta à deux cents pas du fossé qui couvrait de toute sa longueur les troupes espagnoles, et pendant deux heures on ne fit que se canonner de part et d’autre. L’artillerie espagnole maltraitait horriblement l’infanterie française. Le brave seigneur de Molart et le capitaine de Friberg furent emportés d’un même coup de canon, et plus de deux mille soldats jonchaient la terre avant qu’on en fût venu aux mains.

Cependant, quelques pièces de canon que Rayard et d’Alègre avaient fait habilement pointer sur la cavalerie de Fabricio Colonna ne causaient pas de moindres ravages dans ses rangs. Pietro Navarro patientait à la tête de son

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