BLESSÉ AU SIEGE DE BRESCIA
ierre du Terrail, seigneur de Bayard, avait dans sa famille une tradition de fidélité et de dévouement à la royauté dont il devait être la plus belle et la plus noble expression. Son trisaïeul avait été tué aux pieds du roi Jean à la bataille de Poitiers; son bisaïeul et son aïeul eurent le même sort, l’un à Azincourt, l’autre àMontlhéry; enfin son père n’avait rejoint son manoir féodal que criblé de blessures honorables. Mais cette belle lignée se serait perdue dans la foule , et sa généalogie ne dépasserait pas les limites du Dauphiné, si son dernier représentant ne fût venu se placer dans l’ histoire à côté de nos derniers rois chevaliers.
De page fait homme d’armes, il fit merveille à la bataille de Fornoue. Sa captivité à Milan, sa délivrance sans rançon, son duel avec le capitaine Soto- Mayor, dans la Pouille, sont les commencements de cette vie héroïque. A Garigliano, il sauva l’armée française en retardant la marche de l’ennemi victorieux. « Comme un tigre échappé, dit Théodore Godefroi, il s’accula à la « barrière du pont, et à coups d’épée se défendit si bien, qu’ils ne savaient « que dire et ne cuicloient point que ce fût un homme, mais un diable. »
Après Garigliano, après Agnadel , c’est Brescia , dont un historien raconte ainsi le siège :
Le seigneur de Molart et le capitaine Hérigoye avançaient en tête avec leurs gens de pied; et sur leur aile Bayard à pied avec tous ses gens d’armes, grand exemple donné à la noblesse, qui, dans son obstination logique, ne pouvait séparer le chevalier du cheval. Cette compagnie d’élite, composée de guerriers blanchis sous le harnois, et même de plusieurs anciens capitaines qui préféraient servir sous Bayard à commander ailleurs, aborda le premier rempart de Brescia sous une grêle de traits, d’arquebusades ; et l’assaut et la résistance furent également terribles. Le provéditeur André Gritti encourageait ses gens et leur disait : « Tenez bon, mes amis, les Français n’ont (pie la première pointe; ils seront bientôt las; c’est feu de paille qui ne dure guère. Au com-
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