‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 49 sur 112 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

ouïs XIV, irrité contre les États de Hollande, avait résolu de châtier cette petite république , dont les armées navales dominaient alors sur les mers. Il convint avec l’Angleterre de partager les dépouilles qu’ils allaient conquérir, et, le 7 avril 1672, les deux rois alliés lancèrent leur déclaration de guerre. Pendant que Louis XIV marchait de victoire en victoire, que les États généraux étaient consternés, que le grand pensionnaire de Witt était assassiné à la Haye avec son frère, les escadres réunies de France et d’Angleterre livraient aux forces navales de la Hollande, commandées par le fameux Ruyter, plusieurs combats sanglants, dont le plus mémorable fut celui du 21 août 1673.

Le prince Rupert , commandant en chef les escadres unies, avait reçu un ordre du roi d’Angleterre qui lui enjoignait de quitter avec la flotte le mouillage de Yarmouth, et de cingler vers le Texel, pour y aller combattre la flotte hollandaise. Il dut donc sans retard mettre sous voile, et, le lundi 21 août, les amiraux combinés reconnurent la flotte hollandaise, mouillée un peu au nord du Texel. En conséquence, le prince Rupert fit signal de virer de bord. Les Français, commandés par le comte d’Estrées, étaient à l’avant -garde (vingtsept bâtiments) ; l’amiral Édouard Sprag à l’arrière-garde (vingt-sept vaisseaux) ; et le corps de bataille (vingt-huit vaisseaux) s’avançait sous les ordres du prince lui-même. Ruyter envoya le vice -amiral de Zélande, avec sept vaisseaux de guerre et trois brûlots , pour engager le combat contre l’escadre de France; l’amiral Tromp, avec son escadre de vingt-six vaisseaux de guerre et sept brûlots, attaqua l’amiral Sprag; et enfin Ruyter et Ranker, avec le reste de leur flotte , se portèrent sur l’amiral anglais.

L’action fut chaude et disputée. Les vaisseaux ennemis furent mis en désordre , et si l’amiral Sprag ne s’était pas séparé , dès le commencement du combat, du prince Rupert, il est probable qu’on aurait mis les Hollandais en déroute, et qu’on les aurait entièrement détruits. C’était la plus belle et la plus avantageuse occasion qui ait jamais été perdue à la mer. Au coucher du soleil ,

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