COMBAT NAVAL DU TEXEL
les flottes se retirèrent en bon ordre, prêtes à recommencer le combat le lendemain matin, si le cas devenait nécessaire.
Au nombre de ceux qui se distinguèrent dans ce combat, on cite particulièrement le capitaine Guillotin, commandant d’un brûlot. Le comte d’Estrées avait ordonné à cet officier de s’attacher au navire de Banker et de le brûler. Guillotin essuya le feu de trois vaisseaux, en évita deux autres, jeta ses grappins au vaisseau désigné et mit le feu à la mèche; mais voyant que cette mèche ne faisait point effet, il retourna à son brûlot, y mit le feu une seconde fois et se retira. L’équipage entier du vaisseau de Banker, épouvanté de l’intrépidité du capitaine Guillotin , se jeta à la mer, hors vingt hommes qui eurent le courage de rester à bord et furent assez heureux pour séparer le navire du brûlot enflammé.
L’escadre française ne perdit aucun de ses vaisseaux, les Anglais n’eurent à regretter que deux ou trois brûlots, et les Hollandais eurent seulement un vaisseau coulé à fond et un autre brûlé.
Parmi les morts, on compta l’amiral anglais Sprag, qui, s’étant écarté, comme nous l’avons dit, de l’escadre de l’amiral Bupert, eut son vaisseau désemparé, et périt au moment où il cherchait à monter à bord d’un autre navire.
Le vaisseau de Tromp , contre lequel il combattit tout le jour, ne fut pas mieux traité , et l’on ne vit pas son pavillon, le soir, lorsque toutes les escadres se retirèrent de part et d’autre.
(. Extrait du rapport de l'amiral d’Estrées .)
La relation anglaise de ce combat diffère totalement de la relation française , et, si l’on en croit le rapport du prince Rupert, le peu de succès obtenu ne devrait être imputé qu’au mauvais vouloir du comte d’Estrées, qui, avec un peu de vigueur, aurait pu, le 7 juin précédent, s’il l’eût voulu, s’emparer de l’amiral Ruyter, dont le vaisseau était fort maltraité.
flfi Mars 16ZZ)