‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 52 sur 112 · VALENCIENNES PRISE D’ASSAUT · texte numérisé non relu

VALENCIENNES PRISE D’ASSAUT

endroit. Les bataillons des gardes les suivent: on tue et on poursuit les assiégés; les mousquetaires baissent le pont-levis qui joint cet ouvrage aux autres; ils suivent l’ennemi de retranchement en retranchement sur le petit bras de l’Escaut et sur le grand. Les gardes s’avancent en foule : les mousquetaires sont déjà dans la ville avant que le roi sache que le premier ouvrage attaqué est emporté.

Ce n’est pas encore là ce qu’il y eut de plus étrange dans cette action. Il était vraisemblable que de jeunes mousquetaires, emportés par l’ardeur du succès, se jetteraient aveuglément sur les troupes et sur les bourgeois qui venaient à eux dans la rue, qu’ils y périraient ou que la ville allait être pillée; mais ces jeunes gens, conduits par un cornette nommé Moissac, se mirent en bataille derrière des charrettes , et tandis que les troupes qui venaient se formaient sans précipitation , d’autres mousquetaires s’emparaient des maisons voisines pour protéger, par leur feu, ceux qui étaient dans la rue. On donnait des otages de part et d’autre : le conseil de ville s’assemblait; on députait vers le roi : tout cela se faisait sans qu’il y eût rien de pillé, sans confusion, sans faire de fautes d’aucune espèce. Le roi fit la garnison prisonnière de guerre , et entra dans Valenciennes, étonné d’en être le maître.

(27 Juin 1683

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