‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 57 sur 112 · DÉCLARÉ ROI D’ESPAGNE · texte numérisé non relu

DÉCLARÉ ROI D’ESPAGNE

'extinction de la branche cadette d’Autriche dans la personne de Charles II, roi d’Espagne, occasionna cette fameuse querelle de la Succession qui, depuis la paix de Ryswick, occupa presque exclusivement tous les cabinets de l’Europe et provoqua enfin une guerre générale, dont l’influence se prolongea même fort au delà du traité qui parut y mettre fin.

Sous le rapport du droit, trois principaux concurrents produisaient leurs prétentions sur la vaste monarchie espagnole. Louis XIV, comme époux de Marie-Thérèse, sœur aînée de Charles II, se présentait pour le Dauphin; Léopold Ier, empereur d’Autriche, comme époux de Marguerite-Thérèse, sœur cadette du roi d’Espagne, et, de plus, en vertu du testament de Philippe IV, proposait à sa place l’un de ses fils du second lit; enfin l’électeur de Bavière produisait les titres de son fils mineur, Joseph-Ferdinand, en sa qualité de petit-fils de Marguerite-Thérèse. Le droit de première descendance appartenait sans contestation au Dauphin de France; mais on lui opposait les renonciations solennelles de sa mère à tous ses titres sur la couronne d’Espagne.

Les cabinets européens voulaient maintenir l’équilibre. L’Espagne et surtout les provinces espagnoles des Pays-Bas étaient d’un grand poids dans cette balance; et soit que ces pays passassent sous la domination de l’Autriche ou sous celle de la France, toute égalité se trouvait détruite, surtout si les deux couronnes venaient à être réunies sur la même tête. Pour prévenir ce danger, Louis XÏV avait déclaré depuis longtemps que les droits du Dauphin seraient transférés sur le fils cadet de celui-ci, le duc Philippe d’Anjou; et do son côté l’empereur d’Autriche s’était désisté de ses prétentions personnelles en faveur du second fils de son second mariage, l’archiduc Charles.

Ces négociations furent conduites à Madrid durant la vie de Charles II : le comte d’Harcourt, ambassadeur de France, obtint tous les avantages sur le comte de Harach, ministre de l’Empereur. Louis XIV, qui savait combien l’as-

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