‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 6 sur 112 · REÇOIT LA SOUMISSION DE WITIKIND · texte numérisé non relu

REÇOIT LA SOUMISSION DE WITIKIND

a guerre que Charlemagne faisait aux Saxons, et qui s’était un moment assoupie, se ralluma avec une violence inouïe. Inquiet des menées de l’indomptable Witikind, qui s’était retiré en Danemark, Charlemagne était allé tenir le champ de mai aux sources de la Lippe. Les nobles et les hommes libres saxons s’y rendirent et se montrèrent dociles à toutes les volontés du roi, qui imposa aux divers cantons des comtes pris parmi les principales familles saxonnes et les organisa à la manière franke. Mais à peine eut-il repassé le Rhin qu’il apprit que les Serbes, qui habitaient le haut Elbe, ravageaient les cantons saxons et thuringiens de leur voisinage. Les capitaines auxquels le roi ordonna de réprimer l’audace des Slaves reçurent de fâcheuses nouvelles en entrant sur le territoire saxon. Witikind était revenu du pays des Nordmans ; la jeunesse et le peuple coururent aux armes à l’aspect de Witikind et des Danois; ceux qui avaient reçu le baptême renièrent le Christ; les prêtres chrétiens et plusieurs des comtes choisis par le roi des Franks furent chassés ou égorgés. Les trois généraux de Charles, quittant la route de la Sorabie, marchèrent vers le Weser, où était assemblée l’armée de Witikind; le comte Théodorik, capitaine de grand renom , les rejoignit en chemin avec des troupes qu’il avait réunies au plus vite. Il conseilla de faire reconnaître par des éclaireurs où étaient les Saxons, et ce qui se passait parmi eux, afin de les attaquer de concert. Ils approuvèrent son avis, s’avancèrent avec lui jusqu’au mont de Sonnethal et passèrent le Weser; mais là, craignant que l’honneur de la victoire ne revînt à Théodorik s’ils l’avaient pour compagnon de bataille, ils résolurent d’attaquer sans lui, et coururent sur-le-champ aux Saxons. Ils joignirent bientôt l’ennemi, et à leur détriment, car les Saxons les environnèrent et exterminèrent presque tous les agresseurs; plus grande encore fut la perte des Franks par la qualité des morts que par leur nombre.

Au bruit de cette seconde journée de Roncevaux, Charlemagne manda sans délai toutes les milices de la Gaule franke, et se précipita au delà du Rhin à leur tête. Les Saxons, effrayés de leur propre triomphe, n’osèrent soutenir le choc; le parti de la soumission l’emporta, et Witikind se trouva sans armée après sa victoire, comme il eût pu l’être après sa défaite. Il retourna dans son asile accoutumé, chez les peuples du Nord, avec une partie de ses intrépides

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