‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 64 sur 112 · OUVERTURE DES ÉTATS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES ÉTATS GÉNÉRAUX

« premier pas dans le monde, de faire baisser la tête, plus encore par ma con- « duite que par mes regards, à quiconque aurait osé me préparer du mépris. » Le comte de Mirabeau sortit victorieux de cette première épreuve.

Lorsque les députés et les ministres eurent pris leurs places, le roi parut, suivi de la reine, des princes et d’un brillant cortège; la salle retentit d’applaudissements à son arrivée. Louis XVI se plaça sur son trône, et dès qu’il eut mis son chapeau, les trois ordres se couvrirent en même temps. Les communes , contre l’usage des anciens états , imitèrent sans hésiter le clergé et la noblesse. Le temps était passé où le troisième ordre devait se tenir découvert et parler à genoux. On attendit alors dans le plus grand silence les paroles du roi; on était avide d’apprendre quelles étaient les dispositions réelles du gouvernement : voudrait-il assimiler la nouvelle assemblée aux anciennes, ou bien lui accorderait-il le rôle qu’assignaient aux mandataires de la nation les besoins de l’État et la grandeur des circonstances ? Le roi prononça un discours dans lequel il conseillait le désintéressement aux uns, la sagesse aux autres, et parlait à tous de son amour pour le peuple. Le garde des sceaux prit ensuite la parole et fut suivi de Necker, qui lut un mémoire sur l’état du royaume, où il parla longuement des finances , accusa un déficit de cinquantesix millions, et fatigua de sa longueur ceux qu’il n’offensa pas de ses leçons.

Le 17 juin suivant, les états généraux faisaient place à l’Assemblée constituante.

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