PART POUR L’ARMÉE
e roi de Prusse marchait sur Verdun , place bien plus faible que Longwy, qui s’était rendu après deux jours de siège; Sedan et Mézières étaient hors d’état de défense. Les soldats ne connaissaient point leur nouveau général; le général ne connaissait ni un de ses régiments ni un des officiers de son armée; l’armée était inférieure des deux tiers à celle qu’elle avait à combattre et qui était aguerrie. La jonction avec le maréchal Luckner, retiré derrière l’importante place de Metz, était impossible. L’éloignement ne permettait pas d’attendre aucun secours de l’armée du Nord. Du côté de Paris , il ne pouvait venir que des bataillons levés à la hâte, sans discipline, mal armés, ne sachant pas tirer un coup de fusil; la cavalerie, forte d’environ cinq mille hommes, était, il est vrai, composée des meilleurs régiments de France; mais celle de l’ennemi était quatre fois plus nombreuse et jouissait d’une grande réputation. Les circonstances étaient graves.
Rientôt quarante mille Prussiens vinrent mettre le siège devant la place de Verdun. Le 30 août ils occupaient les hauteurs qui dominent la ville sur les deux rives de la Meuse. Les nouvelles de l’intérieur n’étaient pas moins sinistres. La Vendée préludait à une insurrection générale par des mouvements partiels et menaçants. On signalait de nouveaux symptômes de rébellion dans le Midi.
Ces événements successifs, bientôt connus du public, redoublèrent une fermentation déjà si active. L’Assemblée nationale décrète que tout citoyen qui, dans une ville assiégée, parlera de se rendre sera puni de mort. Elle requiert Paris et les départements voisins d’improviser trente mille hommes armés et équipés , elle ordonne de saisir les armes qui se trouvent en la possession de ceux dont le patriotisme est suspect.