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LA GARDE NATIONALE DE PARIS PART POUR L’ARMÉE

Un décret du 2 septembre retire à la cavalerie des mousquetons pour les mettre à la disposition du ministre de la guerre; deux membres du corps municipal viennent à la barre annoncer que le conseil général a donné l’ordre de sonner à l’instant le tocsin dans Paris, de tirer le canon d’alarme, et que tous les citoyens patriotes de Paris et des départements circonvoisins sont invités à se réunir au Champ-de-Mars pour marcher à l’ennemi.

Le président loue le patriotisme du conseil de la commune et invite à la séance ses deux envoyés. Yergniaud prend la parole et s’écrie : « C’est aujourd’hui que Paris doit vraiment se montrer dans toute sa grandeur... Vous avez chanté, célébré la liberté, il faut la défendre... Nous n’avons plus à renverser des rois de bronze, mais des rois environnés d’armées puissantes... Il faut creuser la fosse de nos ennemis, ou chaque pas qu’ils font en avant creuse la nôtre... » Il s’agissait des retranchements du Champ-de-Mars.

La proposition de Yergniaud est votée, et l’attention de l’Assemblée ne se détourne plus des mesures à prendre pour la défense du territoire. Une lettre du ministre de la guerre rend compte des dépêches reçues de Dumouriez et de Biron; elle se termine par ces mots : « Le besoin le plus urgent est celui de dix à douze mille fusils. Paris en contient plus de quatre-vingt mille. On pourrait inviter les bons citoyens à confier ceux dont ils ne voudraient pas se servir euxmêmes. »

Danton, ministre de la justice, monte à la tribune : « Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort... Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme , c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace; et la France est sauvée. »

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