‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 69 sur 112 · FUNÉRAILLES DE MARCEAU · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES DE MARCEAU

’armée de Sambre-et-Meuse battait en retraite : Marceau avait été chargé par le général en chef Jourdan du soin de retenir l’archiduc Charles, en escarmouchant avec lui pendant que les différentes divisions de l’armée passeraient le défilé d’Altenkirchen. Marceau se plaça à l’arrière-garde et manœuvra avec tant d’habileté que l’ennemi n’osa l’entamer. Mais au moment d’entrer luimême dans le défilé, ayant reçu l’ordre de rester dans la même position et d’y attendre les secours qu’on allait lui envoyer, il s’avance pour juger les mouvements de l’ennemi; c’est alors qu’un chasseur tyrolien embusqué derrière une baie tire sur lui un coup de carabine dont la balle lui traverse le corps. Marceau emporté mourant disait à ceux qu’il voyait affligés de sa perte : « Mes amis, je suis trop regretté; pourquoi me plaindre? je suis bien heureux, « puisque je meurs pour la patrie. » Abandonné à Altenkirchen , il reçut avant de mourir des preuves multipliées de l’estime qu’il avait inspirée aux ennemis mêmes de son pays. Dès le 20 septembre , un capitaine des hussards de l’empereur, commandant aux avant-postes, était venu s’informer de l’état du blessé. Les généraux Haddick et Kray, qu’il avait combattus pendant deux ans, lui donnèrent des marques touchantes de leurs regrets. Les officiers et les hussards de Blankenstein et de Barco envoyèrent une députation pour le visiter; un dernier hommage manquait à sa gloire, l’archiduc Charles s’empressa de le lui rendre en venant lui-même visiter Marceau à son lit de mort, et en ordonnant à son chirurgien d’unir ses soins à ceux des Français pour le sauver. Vain espoir! Marceau expira le lendemain 21 septembre, à cinq heures du

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