‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 75 sur 112 · MARS 1799 (VENTOSE AN VII · texte numérisé non relu

MARS 1799 (VENTOSE AN VII

’ armée française arrive devant Jaffa, autrefois Joppé, si fameuse dans l’histoire des enfants d’Israël. Des forces imposantes la défendent; de hautes murailles flanquées de tours la protègent. Djezzar l’a confiée à des troupes choisies. Une artillerie formidable y est servie par douze cents canonniers turcs. L’importance de cette place, qui présente un port à l’escadre et qui est la clef des États du Pacha, ne permet pas d’en retarder le siège. Au bout de trois jours l’investissement est formé, la tranchée ouverte; le bombardement commence , et bientôt on juge la brèche praticable. Bonaparte envoie un Turc porter une sommation au commandant de Jaffa, qui, pour toute réponse, fait couper la tête au parlementaire et ordonne une sortie. Mais cette sortie ne réussit point aux. ennemis, et le soir même notre feu a fait crouler une de leurs tours. Le point de l’assaut est marqué; un spectacle d’un intérêt bien touchant frappe tout à coup le soldat: tous les chrétiens de la ville, tenant dans leurs mains un crucifix et criant : Christian! Christian ! franchissent les remparts et se précipitent dans nos rangs, où ils sont accueillis comme des frères. Après cet événement, l’attaque contre les infidèles reprit tout son acharnement; leur résistance opiniâtre ne sauva ni eux ni Jaffa. La ville est emportée; le massacre devient général ; rien n’arrête la rage du vainqueur. La fureur donne la mort , et la mort donne la contagion...

Avant de quitter Jaffa, Bonaparte y établit un divan, une garnison et un grand hôpital. Des symptômes de peste s’y étaient manifestés. Plusieurs hommes

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