‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 77 sur 112 · NOVEMBRE 1799 (18 BRUMAIRE AN VIII · texte numérisé non relu

NOVEMBRE 1799 (18 BRUMAIRE AN VIII

e règne des civils était fini. Les militaires l’avaient dit : leur tour était venu , et cette révolution devait être la leur au profit d’un seul, le plus grand de tous, qui s’était essayé par la gloire, et que la gloire devait porter si haut. Bonaparte, préparé à la bataille, n’avait pas seulement fait ses recrues dans l’armée d’Égypte; Moreau, Macdonald, Beurnonville , lui avaient offert leurs services. Moreau surtout gardait rancune au Directoire de sa disgrâce. On n’en compte que trois qui n’avaient pu être gagnés : Bernadotte, Augereau et Jourdan. C’était chez Jourdan respect au serment prêté et aux lois établies, démagogie chez Augereau, rivalité chez Bernadotte. Joseph Bonaparte, qui tenait un grand état de maison, essaya d’attacher ce dernier à la cause de son frère par des prévenances et des promesses. Bernadotte se montra inflexible, et force fut de se passer de lui. On n’avait pas besoin de son aide, car assez d’autres étaient disposés à faire la besogne : une bonne partie de la garnison de Paris était dévouée à Bonaparte. L’intrigue et la force devaient commencer; la lassitude et l’admiration se chargeaient du reste.

A sept heures du matin, le 18 brumaire, le conseil des Anciens était réuni. Nombre de députés ignoraient tout à fait le but de cette convocation extraordinaire. L’inspecteur Cornet prit la parole, fit un tableau menaçant des malheurs qui allaient fondre sur la représentation nationale , et demanda que les conseils avisassent sur l’heure aux moyens de sauver la République. Régnier, moins obscur que son collègue, proposa le décret de translation. Quelques députés demandèrent qu’on ouvrît la discussion; cette motion fut écartée et le décret voté à une grande majorité. C’est alors que Bonaparte parut à la barre des

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