‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 82 sur 112 · BATAILLE D’AUSTERLITZ · texte numérisé non relu

BATAILLE D’AUSTERLITZ

vive l’empereur! vive Napoléon! se firent entendre jusqu’au moment de la prise des armes. Le matin, Napoléon se porta sur le front de bandière, inspecta une grande partie des régiments, les animant par ces heureuses incitations qui lui étaient si familières. Il dit en passant devant le front du 59e régiment : « Souvenez-vous que je vous ai surnommé le terrible. » Les ennemis eurent plus de quarante mille hommes hors de combat dans cette mémorable journée. Les soldats l’avaient nommée bataille des trois empereurs, mais Napoléon lui imposa celui de bataille d’Austerlitz. Dix-huit mille Russes et six cents Autrichiens furent tués par le feu ou noyés, le reste blessé ou fait prisonnier, et parmi ces derniers, quinze généraux et plus de quatre cents officiers russes de tout grade. La perte de l’armée française, dont vingt mille soldats, bien à contre-cœur, n’avaient pas brûlé une cartouche (c’était la garde impériale à pied, et les grenadiers d’Oudinot), fut évaluée dans le temps à deux mille morts et quatre à cinq mille blessés.

L’armée entière avait si bien fait son devoir, qu’en recevant les nombreux rapports des chefs, Napoléon s’écria : « Il faudrait une puissance plus grande que la mienne pour récompenser dignement tous ces braves. »

Napoléon acquitta magnifiquement la dette de la patrie et la sienne ; des pensions furent accordées aux veuves des généraux, officiers et soldats morts dans cette grande bataille. Il adopta leurs enfants , se chargea de leur éducation , de l’avancement des fils et de la dot des filles. Tous les blessés reçurent une gratification de trois mois de solde. Enfin, l’éloge collectif qui fut mis à l’ordre du jour, le 3 décembre, se termine par ces mots :

« Soldats ! lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France; là, vous serez l’objet de ma tendre sollicitude. Mon peuple vous recevra avec joie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz, pour qu’on vous réponde : Voilà un brave ! »

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