NAPOLÉON A TILSITT
la conclusion. Une discussion plus longue eût pu être moins défavorable à S. M. Prussienne.
Il en fut de la paix comme de l’armistice. Le traité de la France avec la Russie fut signé le 7 juillet 1807, le traité avec la Prusse le 9 seulement. La distinction des deux traités et la différence de leurs dates semblent avoir pour but de faire voir que la Prusse ne traite pas, qu’on a traité en son nom et qu’elle ne fait que subir les conditions réglées pour elle. Cet abaissement de la maison de Brandebourg est même formellement constaté par l’article 4 du traité entre la France et la Russie. « L’empereur Napoléon, porte cet article, par égard pour l’empereur de toutes les Russies, et voulant donner une preuve du désir sincère qu’il a d’unir les deux nations par les liens d’une confiance et d’une amitié inaltérables, consent à restituer à S. M. le roi de Prusse, allié de S. M. l’empereur de toutes les Russies, tous les pays, villes et territoires conquis et dénommés ci-après. »
Ainsi rien n’est fait en faveur de la Prusse par considération pour elle ni pour son roi. En conséquence d’un faux principe qui changerait le droit de possession par le fait seul de la conquête, Napoléon dispose de la Prusse comme d’un pays vacant sur lequel il ne resterait de droit fondé à personne. Ce n’est point au roi vaincu, c’est à l’allié de la Russie, c’est pour prix de l’union de la Russie avec la France que le traité restitue à Frédéric-Guillaume la moitié de ses États.
(30 Novembre 1808)