‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 86 sur 112 · COMBAT DE SOMO-SIERRA · texte numérisé non relu

COMBAT DE SOMO-SIERRA

e succès obtenu à Tudela détermina Napoléon à marcher rapidement sur Madrid, pendant que d’autres divisions achevaient la dispersion des troupes vaincues pour empêcher la jonction de leurs débris avec le corps d’armée qui couvrait la capitale. Le 29 novembre 1808, le quartier impérial fut placé au village de Bocequillas. Le maréchal Victor, dont le corps d’armée marchait en tête des troupes du centre, arriva le 30 devant le défilé de Somo-Sierra, qui fait partie de la chaîne des monts Carpetanos, que traverse la grande route de Castille. Un corps de treize mille hommes, formé en partie des débris de l’armée battue à Burgos et des autres troupes restées en réserve dans la Nouvelle- Castille, défendait l’importante position que nous venons de nommer : les Espagnols avaient fortifié le col, et seize pièces de canon s’y trouvaient en batterie. Les premières troupes du maréchal Victor, après avoir culbuté les avantpostes ennemis, s’engagèrent dans le défilé en les pourchassant, et le général Senarmont, avec six pièces de canon, s’avançait en tête du quatre-vingtseizième régiment. L’ennemi avait garni de tirailleurs les hauteurs de droite et de gauche; ses meilleures troupes, rangées en amphithéâtre dans les rochers les plus rapprochés du col, prolongeaient, par un feu croisé, la pente rapide de la chaussée , qui était d’ailleurs enfilée par l’artillerie placée sur le sommet : aucune autre issue ne conduisait à cette position inexpugnable.

Tandis que l’intrépide infanterie française faisait de pénibles efforts pour gravir à droite et à gauche, et soutenait avec sa fermeté ordinaire le double feu de l’artillerie et de la mousqueterie espagnoles, l’Empereur survint : la cavalerie de sa garde, dont le régiment de chevau-légers polonais tenait la tête, était derrière lui , en colonne dans le défilé.

Napoléon s’arrêta près de l’artillerie, dans le fond du défilé au bas de la montagne ; il examina attentivement la position de l’ennemi, dont le feu redoublait d’intensité; à ce moment plusieurs boulets tombèrent à côté de l’Empereur ou passèrent sur sa tête. Le régiment de chevau-légers polonais venait

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