‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 98 sur 112 · BATAILLE DE WATERLOO · texte numérisé non relu

BATAILLE DE WATERLOO

ette journée allait décider du sort de la France, ou plutôt de Napoléon, vainqueur aux journées de Fleurus et de Ligny. L’Empereur avait en vue d’écraser d’abord les Anglais près du bourg de Mont-Saint-Jean , ensuite de prendre les Prussiens entre deux feux, et victorieux alors, de proposer la paix, et d’en dicter lui-même les conditions avant l’arrivée de l’armée russe. Une grande victoire, suivant lui, rien de moins que la destruction de l’armée anglaise, pouvait seule rétablir l’ascendant de son génie , les prestiges de sa gloire , et justifier la témérité de son entreprise. Alors, réuni aux Autrichiens, que le succès ramenait non sans peine au sentiment de la famille, il allait à la rencontre d’Alexandre, le battait, et, de retour à Paris, y faisait couronner l’Impératrice et son fils.

La bataille se donna le 18 juin. Le temps était couvert; il avait plu toute la nuit; à la pointe du jour il pleuvait encore. L’Empereur, en déjeunant, dit : « Sur cent chances, nous en avons quatre-vingts pour nous. » Le temps ne s’éclaircit que vers huit heures. L’Empereur reconnut aussitôt toute la ligne ennemie.

Wellington était rangé avec quatre-vingt mille hommes sur une colline longue de deux mille cinq cents toises qui coupe obliquement de gauche à droite la chaussée de Bruxelles à cinq cents toises en avant de Mont-Saint-Jean , et à une petite lieue de la ferme du Caillou. Son front était couvert par un ravin dont la pente aboutit au cours de la Lasne. Sa droite appuyait au château d’IIougoumont, le centre à la ferme de la Haye-Sainte, qu’on avait crénelée, la gauche au groupe de bâtiments que composent les fermes de Papelotte , de la Haye et le hameau de Smohain.

L’Empereur forma ses colonnes d’attaque pour les déployer en trois lignes :

1° A gauche Reille (2° corps), appuyant par sa cavalerie à la chaussée de Nivelles et de l’autre côté à la ferme de la Belle-Alliance; au centre Ney, fai-

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