XAINTRAILLES
Xaintrailles (Jean Poton seigneur de Xaintrailles, ou Saintrailles, ou Sainte- Treille)était un simple gentilhomme de Gascogne; son nom se lie au nom d'Étiennede Yignoles,clit LaHire,dés i4i9r dans tes querelles du duc Jean de Bourgogne et du parti d'Orléans, qui avait pris pour chef le jeune dauphin , depuis Charles VII. Ils furent les deux grandes vertus du petit roi de Bourges, qui trouva en eux l'honneur et le courage veillant à son chevet pour l'arracher au sommeil. Mais alors les belles traditions de Duguesctin était perdues, ou plutôt la pratique en était impossible. Xaintrailles n'était qu'un chef de partisans : Us n'étoieni alors , dit une chronique , que quarante lances , lesquelles u n epargnoient ni leurs corps ni leurs chevaux; c'étoient pour la pluspart des « Gascons, qui sont bons chevaucheurs et hardis, u Avec de tels compagnons Xaintrailles, qui prenait ses logements au hasard de droite et de gauche, joua de bons tours aux Anglais, et plus tard cefut une recommandation d'avoir fait laguerreàson école. Prisoiuiier eu i4ai à la bataille de Mûns-en-Vimeux, il reparaît en 1 4^3 dans une joute solennelle, avec Lionel de Vendôme, devant le duc de Bourgogne et le comte de Bichemont. Son rachat après la bataille de Crevant prouve l'estime que le roi, si nécessiteux alors, faisait de sa personne. Mais il en était prodigue, lui, et il se laissa prendre encore dans une sortie au siège de Guise. A la bataille de Verneuil il partage avec La Hire le commandement de la cavalerie des Lombards. Bientôt ils ne sont plus que les satellites de la Pucelle d'Orléans; et, àsa mort, Xaintrailles, à bonne intention sans doute, se permit l'intervention de Guillaume le Pastourel, jeune berger visionnaire, et fut fait prisonnier avec le prophète de sa façon. Plus heureux en 1435, il gagna avec La Hire le combat de Gerberoi sur le comte d'Arondel
qui y fut tué. Les conférences d'Arras ne dérangèrent rien k leurs habitudes, et, au risque de troubler les négociations, ils continuèrent à guerroyer sur les frontière» de la Picardie.
Leur exempte ne fut que trop bien imité, et le combattre devint difficile. Au siège de Montereau , Charles Vil se montra digne de ses maitres ès-chevalerie, et à son entrée dans la ville de Paris, soumise après vingt ans de guerre, Xaintrailles portait le casque du roi comme écuyer de France. La praguerie ne put ébranler sa fidélité; il achève ce qu'il a si bien commencé, et prend une part glorieuse à l'expédition en Guyenne, sous les ordres de Jean de Blois, comte de Penthièvre.
Il reçut la ville et seigneurie de Tonneins, la ville et seigneurie de Saint- Macaire ; puis on le fît sénéchal du Bordelais et du Limousin , et enfin maréchal de France ( 14^4)- ^ survécut peu à Charles Vil et mourut à Bordeaux en ■ 461. Les registres du parlement, en ^sant mention de sa mort, l'appellent u/i des plus vaiilants capitaines du rqyauate de France, qui /ut cause, avec Etienne de fignoles dit La Hire, de chasser les Anglaisde France.