‹ Musée de VersaillesChapitre 21 sur 59 · A NAPLES · texte numérisé non relu

A NAPLES

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Charles Vin entre le i8 iéyrier i495 à Capoue, le 19 à Averse, et le ao il reçoit les députés des Napolitains, qui lui ouvrent leur» portes le %'i. Les garnisons laissées par Ferdinand -daiis- les châteaux l'arrêtèrent encore cpjelques instants , mais comme par .politesse, et pour annoncer militairement squ entrée victorieuse au son du canon.

H Ce beau royaume ne lui avait coûté qu'un siège de quelques heures, ce qui fît dire au pape que le roi de France avait travei^é l'Italie , non pas Yépée , mais la craie à la main. L'inexpérience de ce jeune prince lui laissait ignorer qu'une invasion non disputée n'est pas une conquête, encore moins un établissement. L'illusion dut s'accroître encore, quand il entendit les cris de joie, d'enthousiasme, d'amour, qui l'accueillirent à son entrée chez le peuple le plus mobile et le plus démonstratif de l'univers. On remarquait dans son cortège deux ambassadeurs vénitiens accrédités auprès du prince que Charles venait détrôner. » Chrom'con f^enetum anonjrmi coœvi.

« Les rues de Naples étaient tapissées , les places couvertes d'une immense population, les fenêtres remplies de femines magniâquement parées, qui jetaient sous les pas du roi des rameaux, des fleurs, et répandaient des parfums devant lui. Au milieu de toutes ces acclamations, le roi s'avançait à cheval, la couronne sur la tête, le sceptre dans une main et le globe dans l'autre , distribuant l'ordre de chevalerie aux enfants que les dames lui présentaient, et se laisant proclamer empereur très auguste. Et si l'on veut savoir sur quel fondement ce jeune prince affectait de revêtir des habits impériaux ,

et de se foire saluer empereur , on ne trouvera d'autre titre qu'un marché fait auparavant avec un despote de Morée, chassé de sa province par les Turcs, depuis trente ans réfugié en France, et qui, se prétendant issu des anciens empereurs de Constantinople , avait vendu à (Parles ses droits sur l'empire d'Orient, pour une pension de 3,4oo ducats. » ( Dakc. )

Les tournois, les fêtes, les libéralités inconsidérées, la remise même de plusieurs impôts, ne compensaient point les mauvais efîetsd'une administration déprédatrice , et du mépris des gouvernants pour les gouvernés ; aussi l'orage grondait, mais n'était point entendu, et il fallut que la répubHquede Venise notifiât solennellement à Philippe de Commines la ligue par elle formée avec le Pape, l'Empereur, le roi de Castille et le duc de Milan, pour que Charles VIII ajoutât foi aux paroles de son ambassadeur, et fit ses paquets en toute hâte ( 30 mai ), même année. Cinq cents hommes d'armes, quelque infanterie française, et deux mille cinq cents Suisses furent tout ce qu'il laissa à Gilbert, comte de Montpensier, prince du sang, pour défendre et contenir le royaume. Ces faibles moyens n'auraient pas suffi à un homme de tête ; qu'en attendre dans les mains d'un prince brave, mais inappliqué, et qui se faisait violence quand il se levait à midi ? Il restait à Charles neuf cents hommes d'armes, y compris sa maison militaire, deux mille cinq cents Suisses , deux mille hommes d'infanterie française, et environ quinze cents hommes en état de porter les armes, qui étaient à la suite de l'armée. Cela formait im corps de neuf mille combattants tout au plus, avec lequel il s'agissait de traverser l'Italie. Fomoue justifia cette témérité chevaleresque.

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