A ROUEN
4 H©^S^]ffi£iï2B]S3S 3l£96
^ ta pertîe de Calais, de Guignes et d'Ardres-, remettait eut question 1.1 royauté d'Henri IV. Il était bien alors le plus pauvre gentilhomme de France et de Navarre, comme en fait foi sa lettre à Rosny, où il parle si naïvement de ses chemises déchirées, de ses pourpoints troués au coude, et de sa marmite souvent renversée. Mais le cœur lui manquait moins que l'argent, et, toutes ses ressources épuisées, son crédit perdu parmi les siens, il voulut sortir des petits moyens sans recourir aux moyens extrêmes qui lui auraient mnl réussi, et frapper un grand coup au nom même de la nation. Le midi menaçait de se détacher et de former un état à part sous l'influence des réformés ; Paris n'était dévoué qu'à des conditions de succès ; et de plus il était trop plein encore des souvenirs de la Ligue pour lui demander de nouveaux sacrifices et le ramener aux épreuves difficiles d'une crise parlementaire. D'ailleurs, dit-on, la peste y régnait. La Normandie étant, en raison de sa haine de l'étranger, la province la plus sûre^ la plus Française, ce fut Rouen, sa capitale, qu'Henri IV choisit pour y faire appel aux intérêts généraux, et tendre sa main royale aux subsides que nécessitait l'amour d'un meilleur ordre de choses. A Rouen donc fut convoquée l'assemblée des notables, et, le 4 novembre 1596, il en fit l'ouverture dans la grande salle de l'abbaye de Saint-Ouen. Autour de lui étaient les ducs de Montpensier et de Nemours, le connétable de Montmorency, les ducs d'Epernon et de Retz, le maréchal de Matignon, les quatre
<g§> 2 <§§> secrétaires d'état, le cardinal-légat, les cardinaux de Gondi et de Givry, et les présidents des parlements de Paris, de Bordeaux et de Toulouse. Son discours, est plus curieux que le détail des résultats mesquins qu'il obtint :
a Si je voulais acquérir le litre d'orateur, dit-il, j'aurais appris quelque « belle harangue, et la prononcerais avec assez de gravité; mais, Messieurs, « mon désir tend à des titres bien plus glorieux , qui sont de m'appeler libéa rateur et restaurateur de cet état : pour à quoi parvenir je vous ai assemblés. a Vous savez à vos dépens, comme moi aux miens, que, lorsque Dieu m'a a appelé à cette couronne , j'ai trouvé la Frante, non-seulement quasi ruinée, « mais presque perdue pour les Français. Par grâce divine, par les prières , a par les bons conseils de mes serviteurs qui font profession des armes, par « î'épée de ma brave et généreuse noblesse ( de laquelle je ne distingue pas u mes princes pour êti-e notre plus beau litre , foi de gentilhomme }, par mes « peines et labeurs, je l'ai sauvée de perte. Sauvons-la à cette heure de ruine. « Participez, mes sujets, à cette seconde gloire avec moi, comme vous avez fait « à la premièi-e. Je ne vous ai point appelés, comme faisaient mes prédéces- « seurs, pour vous faire approuver mes volontés : je vous ai fait assemblerpour a recevoir vos conseils, pour les croire, pour les suivre; bref, pour me mettre a en tutelle entre vos mains, envie qui ne prend guère aux rois, aux barbes tf grises et aux victorieux. Mais le violent amour que j'apporte à mes sujets, « l'extrême désir que j'ai d'ajouter deux beaux litres à celui de roi, me fait « trouver, tout aisé et honorable. Mon chancelier vous fera entendre plus , « amplement ma volonté. »
lï CÀBWHÀl BS MÎHEIIEÏÏ.
yrrrrrr