‹ Musée de VersaillesChapitre 37 sur 59 · AU NOM DU PAPE ALEXANDRE VII · texte numérisé non relu

AU NOM DU PAPE ALEXANDRE VII

mm^^BT^et-é

<t Des querelles survenues en différentes roncontres entre quelques soldats de la garde corse et les Français qui étaient à Borne, donnèrent lieu à une insulte qui fît un grand éclat.» (Journal historique de Louis XIV.) Ij: palais Farnèse, où le duc de Créqui demeurait, fut investi par la soldatesque du pape. On tira plusieurs coups de mousquet aux fenêtres, et l'ambassadeur ayant paru sur un balcon pour apaiser le tumulte par sa présence vit sa dignité et sa vie compromises, et rien de plus. Dans le même temps le capitaine des gardes du duc de Créqui fut attaqué dans la place I^avone et blessé d'un coup de mousqueton. Le carrosse de la duchesse de Créqui fut pareillement attaqué au milieu de la rue , et un de ses pages qui était à la portière fut tué sous ses yeux. Elle se réfugia promptement chez le cardinal d'Est , chez qui un grand nombre de Français s'étaient déjà mis à l'abri, Ce prélat en composa uneescorle à laquelle il joignit tous les domestiques de sa maison, et se faisant porter à la tête des chevaux de l'ambassadrice dans une chaise découverte, il la ramena au palais Farnèse, au milieu d'une haie de trois cents hommes armés et d'une centaine de flambeaux. C'était le ao août i66a. Le 29, Louis XIV ~ reçut la nouvelle de cet attentat, et le 1" septembre le duc de Créqui sortit de Rome pour se retirer en Toscane , et le roi envoya ordre au nonce de sortir incessamment de son royaume. Une escorte commandée par un lieutenant des

gardes -du -corps l'accompagna jusqu'à la frontière de Savoie, sans soulTrir qu*i] eût communication avec personne. Mais t'afFaire ne devait pas en rester là- Le jeune roi avait fait grand bruit, il avait écrit à toutes les puissances, si ce n'est aux puissances protestantes par une espèce de scrupule de roi trèschrétien. Le pape ne se pressant pas de donner satisfaction , Avignon et le comtat Venaissin fui-ent réunis à la couronne par arrêt du parlement de Provence, et l'on s'en mit en possession. Eufîn la majesté papale se résigne, et le traité de Pise, signé le la février i6G^, est exécuté le 39 juillet de la même année. Le cardinal Chigi, neveu du pape Alexandre VII, vint en France en qualité de légat pour fournir satisfaction au roi. J«9aoiît, il fut reçu à Fontainebleau avec toute la pompe et tout l'éclat qui pouvaient mettre en relief la solennité de l'humiliation. Le cardinal Impériale, qui était gouverneur à Rome dans le temps de l'insulte faite à M. de Créqui, demanda pardon en personne au roi, et le monumerit expiatoire sous forme pyramidale élevé à Rome avec l'inscription in execrationem damnait facinoris , et qui déclara à tout jamais la nation corse inhabile au service du saint-siége apostolique, ne fut détruit par gracieuseté du roi qu'en 16C7. Plus tard, un Corse, Napoléon Bonaparte, devait avoir aussi maille à partir avec la papauté et donner à son fils au berceau la royauté de Rome.

Page 1