‹ Musée de VersaillesChapitre 39 sur 59 · L'HOTEL ROYAL DES INVALIDES · texte numérisé non relu

L'HOTEL ROYAL DES INVALIDES

1^ France est le royaiTme qui le premier a senti qu'une dette sacrée était coDtraclée par le gouvernement envers les guerriers qui lui consacrent leur existence et combattent pour sa gloire ou son salut. On nous parle, il est vrai , de ces vieux soldats d'Athènes que Pisistrate faisait nourrir aux frais du trésor ; on nous parle de ces colonies romaines , de ces dotations terriennes qui assuraient l'avenir des vétérans des légions; mais ces récompenses n'émanaient pas dé lois stables : elles étaient accordées par les faveurs de ta puissance, par le bon plaisir des généraux. Les bénéfices, les Befs des premières races furent des rémunératicins militaires, mais au profit des chefs; quant aux subalternes, des emplois de domesticité étaient accordés à quelques-uns, mais In plus grande partie n'avaient de ressources que dans une vie d'aventures, c'est-à-dire de brigandage. Le moyen-âge vit ensuite s'établir, depuis Charlemagne, les oblats, moines laïques, qui passaient du métier des armes à celui de sonneurs de cloches, de balayeurs d'église; mais ces places, peu nombreuses, étaient une rare faveur. La mendicité pourvoyait aux besoins des invalides que le sort abandonnait à eux-mêmes, et il n'y a pas un siècle qu'en un royaume voisin une médaille, accordée aux militaires devenus inhabites aux armes, levautorisait à demander leur pain à la charité publique. Au système des oblals suc-

céda celui des raortes-puies, espèce de vétérans auxquels était laissée , en temps de paix, la garde de nombreux châteaux. Ils étaient comme les gardes du corps des catelans et des gouverneurs, mais ne touchaient pas une solde royale. Les Quinze-Vingts revenus de la Palestine, les maladreries, les sanitats créés par Louis IX, furent un essai d'hôtels d'invalides. Son prédécesseur, Philippe- Auguste, avait projeté de fonder un asile central pour les vieux guerriers; mais il prétendit les soustraire à la juridiction que les évéques exerçaient sur les moines lais; le pape Innocent III se refusa à y donner les mains, et sa résistance fit avorter les bonnes intentions de Philippe. Henri IV ayant à récompenser de vieux officiers, la plupart protestants, leur ouvrit un refuge rue Saint-Marcel; ils passèrent ensuite de la rue de TOursine k Bicétre; mais Louis X,1II ne permit d'y admettre que des catholiques, ce qui fut une entrave de plus à une institution permanente, et qui d'ailleurs n'était pas ouverte aux simples soldats ( général Bardîn ).

Louis XIV trancha la question, et ce fut sous le patronage du vieux nom de Mars qu'il plaça son hôtel royal des Invalides. En 1664 les travaux commencent, et en 1671 ils sont achevés. Le roi 'en suivit les progrès avec sollicitude. Après la campagne de Franche-Comté il se rendit aux Invalides, et, voulant que le souvenir de cette grande fondation fut consacré par l.i peinture, il en commanda le tableau à Lebrun.

Louis XIV s y fit représenter, accompagné de Monsieur, duc d'Orléans, du prince de Condé, du maréchal de Turenne. de Luxembourg, Rochefort, Schomberg, etc.; Louvois, secrétaire d'état, présente les plans; l'architecte Mansard est près de lui.

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