‹ Musée de VersaillesChapitre 41 sur 59 · COMBAT NAVAL D'AUGUSTA · texte numérisé non relu

COMBAT NAVAL D'AUGUSTA

a L'arrivée de Ruyter et de la flotte hollandaise dans la Méditerranée contraignit te duc de Vivonne , vice-roi de Sicile , de réunir le conseil de marine dans lequel MM. de Valbelle et Tourville étaient fort comptés, et après de longues délibérations, il fut décidé, pour plusieurs raisons, que l'occupation de la ville et du port d'Àugusta, situés sur la côte orientale de la Sicile, et à quatre-vingt-dix lieues environ de Messine vers le sud, était de la plus haute et de la dernière importance :

a 1° Parce que la possession d'Augusta assurait la navigation de toute la partie méridionale de la Sicile, et l'entrée dans Messine par le sud du Phare;

« a" Parce que celte ville était alorsj pour ainsi dire, le magasin de blé de l'armée espagnole.

a Or, en supposant que la flotte hotlando-espagnole fût de beaucoup supérieure aux forces navales françaises, il était à craindre que, resserrant Messine par un blocus étroit, Ku^'ter ne réduisît cette ville à une nouvelle disette, tandis que la prise d'Augusta et des magasins qui s'y trouvaient, en assurant les vivres de Messine pendant six mois, neutraliserait cette crainte; enfin le conseil regardait surtout comme indispensable, non seulement au succès général de l'occupation, mais au maintien particulier de la possession de Messine, qu'Augusta fût aux mains des Français avant que 1rs Espagnols eussent livré son vaste et beau port à la flotte hollandaise, qui, commandant alors ces parages par cette position maritime, aurait fermé à la France toute navigation et tout arrivage par le sud.

« La lâcheté des Espagnols rendit la tâche du vice-roi facile, car ils abandonnèrent les forts; et hormis quelque résistance qu'ils firent à une barrière

forcée par M. de Yalbelle, ils se défendirent à peine, et livrèrent presque sans combattre une des pointes les plus importantes de toute la côte orientale de la Sicile*

ce Mais si la facilité de cette conquête ne fit pas briller les armes françaises d'un grand éclat, il y eut plusieurs faits d'armes particuliers extrêmement honorables. M. de Coetlogo, entr'autres, descendu à terre, alla intrépidement couper une barrière à coups de hache , sous le feu de l'ennemi, s'exposailt ainsi aux plus grands dangers, et ce par son peu de connaissance de métier de terre^ ditTourville. Aussi^ le voyant faire de monhord^ ajoute-t-il, feus peur quHl ny demeurât et je m" embarquai dans mon canot avec tous les soldats que je pus trouifer, pour aller le secourir; mais je le trouvai déjà à la seconde barrière.

et II y eut encore le fils d'un capitaine de vaisseau appelé Yilette, un enfant de dix ans, qui ne quitta pas le pont du vaisseau de son père, et qui désirait^ dit encore Tourville, d'être blessé pour être mis dans la Gazette.

«Âugusta fut pris presque sans combat le 17 août 1675.» (Eugène Sue, Histoire de la Marine française?)

(La cour de Madrid ne comptait plus que sur l'alliance de la Hollande. Ruyter se trouvait dans la Méditerranée à la tête de vingt-trois gros vaisseaux; Duquesne appareilla de Toulon escortant un convoi qu'il conduisait à Mes* sine. Le 8 janvier 1676, en vue de cette ville entre les îles Stromboli et Salin, il rencontra la flotte hoUando^espagnole , qui voulait lui fermer le détroit. Le combat fut long et indécis; Duquesne, laissant la flotte espagnole avariée , tourna la Sicile , pénétra dans le détroit par le sud et ravitailla Messine. Les alliés, après avoir tenté vainement de bloquer le port, allèrent mettre le siège devant Âugusta. Duquesne les suivit et les atteignit par le travers du golfe de Catane; il avait trente-sept vaisseaux, Ruyter trente-neuf; on se battit dix heures. Enfin la flotte hollandaise mit toutes ses voiles au vent et se retira à Syracuse; son amiral avait été frappé à mort. Sept jours après, mourut le plus grand homme de mer qu'ait eu la Hollande. Il fut pleuré par ses vainqueurs. )

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