FAISANT LEVER LE SIEGE DE PARIS AUX NORMANDS
PariSy loin de s'accroître sous le règne des Carlovingiens , avait vu au contraire diminuer sa population et ses richesses; elle était de nouveau enfermée tout entière dans Tile de la Seine, qui, par deux ponts, était liée au continent, et chaque pont était défendu par une tour , le grand et le petit Châtelet. Trois puissants seigneurs s'en partageaient le commandement ; savoir : Eudes, comte de Paris, qu'on croit être fils de Rohert-le-Fort; Gauzelin, évêque de Paris et abbé de Saint-Germàin ; et Hugues, fils de Conrad , comte d'Âuxerre , abbé de Saint-Germain-l'Auxerroisetde Saint-Mai*tin de Tours. Ces trois seigneurs, comptant sur les fortifications de Paris , sur le lit de la rivière , et plus encore sur les processions , et l'exposition des reliques de saint Germain et de sainte Geneviève, «itreprirent la défense d'une ville, qui, malgré l'abandon où elle avait été laissée , était encore la seule capitale de la France.
Le siège dura une année (885), et la défense de Paris peut être considérée comme honorable, puisque ce fut le seul lieu où les Français, à couvert derrière leurs murailles, osèrent opposer une résistance obstinée. Ce siège a été célébré par un poëte contemporain ; mais ses vers sont si barbares qu'ils nous présentent des énigmes à résoudre plutôt que des faits. Le 6 février une inondation emporta le petit pont qui unissait Paris au rivage méridional de la Seine , et la tour ou le petit Châtelet qui en défendait la tête , se trouvant séparée de la ville, fut prise le même jour, et rasée par les Normands. (Sismonde de Sismondi. )
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Le comte Eudes, le héros séculier de ce siège méinoi'able, quitta la ville pour aller solliciter des secours auprès de l'empereur Charles-le-Gros, laissant en son absence le commandement de la place à Ebles , abbé de Saint-Germaindes-Prés. Son départ répandit la terreur parmi les bourgeois, qui se crurent abandonnés. Lorsqu'ils le virent revenir ensuite, ils jugèrent cet acte d'héroïsme trop brillant pour ne pas l'attribuer à quelque miracle. Les Normands, prévoyant sa venue, avaient placé une garde on face de la tour qui servait de porte à Paris. Eudes, lançant son cheval àpleine course, et s'ouvrant un chemin avec son épée, passa au milieu de leurs rangs {^Annales F edastini.) La rentrée du comte Eudes dans Paris fut bientôt suivie de Tapproche d<' l'armée impériale. Elle était commandée par le duc Henri (l'Atistrasie, qui, après avoir pris position sur les hauteurs de Montmartre, se fit tuer dans une embuscade. La joie des Normands fut grande, et les Parisiens se crurent perdus, car ils ne pouvaient plus compter sur l'empereur, qui se contenta d'observer les barbares, et les détermina à laisser Paris |>oin- ravager la Bourgogne, qui méconnaissait encore son autorité. (886.) Cette lâche et perfide coimivence déshonora Charles-le-Gros , et prépara sa déchéance à la .diète de Tribur. ( 888. )
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