‹ Musée de VersaillesChapitre 53 sur 59 · LE MARÉCHAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

Richelieu (Ijjuis-François- Armand Duplessis de), mar^lial , de France, naquit le i3raars 1696, fils aiué d'Armand-Jean Vignerod, duc deBîchelieu, général des galères de France, et d'Anne-Marguerite d'Aclgué , el fut tenu sur les fonts baptismaux par le roi Louis. XÎV et par là ducliesse de Bourgogne. . Cet enfant , venu au monde avant terme , et élevé, dans une boîte de colon , se fait homme avant l'âge. A treize aus on le marie, < contre son gré, à mademoiselle de Noailles, sœur du duc;, et uièceducacdîiral de ce nom, archevêque de Paris. A quatorze, il fait 'sensation à la cour. Dienlût la Bastille enlève à la duchesse de Boui^ogiie. && ■Jolie poupée , comme elle appelait le jeune Richelieu, connu alors soUs le'n,om de duc' de Frousac. Après quatorze mois de captivité -,- le .duc de Fi-onsac.part.poMi" l'armée, et débute par cette fameuse campagne de .171.1 ^ 'où '.Villars, sauva la France à Denain. Partout Fronsac paie'de sa personne ," et c'est lui que Villai's charge de rendre compte au roi du: résultat desopératipns.Le roi fit bon- accueil à l'espiègle de la Bastille, et luiprédit qu'il était destiné à, de -grandes clioses. A la mort de son père, arrivée le 10 mai 171 5 ,- Fronsac" ;pril-.le. nom de Richelieu. Sous la régence , c'est unRichelieu qui conspire.contre-l?. France , et promet de livrer Rayonne aux Espaghols ; c!est un .d'Orléans qui .déjoue la conspiration. I*a revanche était belle à prendre; Le régent avait dit::." J'aientre les mains des pièces assez fortes pour faire.coiiper.au ducdelRichelieu quatre têtes s'il les avait. » Richelieu revit la Bastille , et en sortit plus à la mode que jamais. Mademoiselle de Valois , pour obtenir sa grâce entière , se sacrifia au duc de Modène , que le régent l'avait jusque là vainement pressée d'accepter pour époux. A vingt-quatre ans Richelieu est élu d'une voix unanime membre de l'Académie. Il ne savait pas l'orthographe , et n'avait jamais écrit que des

billets doux ; trois mois après il fut reçu pair au parlement pour son duché de Richelieu , 6 mars 1721; l'année suivante il fut nommé gouverneur de Cognac; mais cette première faveur qu'il eut du régent fut bientôt suivie d'une disgrâce. I^ cardinal Dubois mort , et bientôt après le duc d'Orléans , Richelieu , patroné par la marquise de Prie, est nommé ambassadeur à Vienne. La, dit M. Lacretelle, il sortit des procédés ordinaires de la diplomatie. C'étaient toujours des femmes qu'il faisait servir à ses desseins ; il peignait à la cour de Yersailles toutes ses bonnes fortunes comme des actes de dévoûment pour la gloire de son maître. Quoi qu'il en soit , il fit signer les préliminaires de la paix le i3 mai 1727. De retour à Paris, en 17^9, il jouit de quelque crédit auprès du premier ministre Fleury , qu'il avait contribué à faire cardinal , et il commença à s'insinuer dans l'esprit du jeune roi. Il fut nommé membre honoraire de l'Académie des Inscriptions et Relies-Lettres, à la place du président De Maisons , novembre 1 73a. L'année suivante on le trouve en Allemagne, sous les ordres du maréchal de Rerwick ; au siège de Kehl il fit merveille , et fut nommé brigadier des armées du roi ; maréchal-de-camp après la prise de Plîilisbourg, i^^ mars 1738 ; lieutenant-général , a mai i744- Après la malheureuse journée de Dettingen , il aspirait au généralat des galères j lorsque la mort de la duchesse de Châteauroux ajourna ses prétentions. A la journée de Fontenoi , Voltaire aidant, il s'appropria toute la gloire du comte de Lally et du maréchal de Saxe. Il ne démérite ni à Raucoux , ni dans son ambassade à Dresde , ni à Laufelt , où il est légèrement blessé. Pacificateur de Gènes , maréchal de France, gouverneur de la Guienne et du Languedoc, il n'était que plus haï en s'élevant , lorsque la prise de Mahon en fît un héit>s populaire. En Hanovre , où , par une faveur de cour, il remplace le maréchal d'Estrées, qui venait de vaincre à Hastembeck, il se laisse jouer par la convention de Closter- Seven , dont la bataille de Rosbach renversa toutes les clauses , et ne remporte que le surnom de petit Père la Maraude , qui dit assez son indifférence coupable à l'endroit de la discipline militaire. Néanmoins Richelieu s'éleva un petit temple à Paris même , en mémoire de cette campagne , et lui donna le nom , qu'il conserve encore , de pavillon de Hanovre. Là se termine la carrière politique et militaire du maréchal de Richelieu ; à d'autres l'histoire du courtisan et du vieux Céladon. Il mourut le 8 août 1 788 à l'ftge de quatre-vingtdouze ans. Ses cendres reposent dans l'église de la Sorbonne, auprès de celles de son grand-oncle. Quelque temps avant sa mort il disait au vieux comte de Maurepas : « Comme vous j'ai vu trois règnes ; sous le premier il fallait nous taire ; sous le second parler tout bas ; mais aujourd'hui on parle tout haut. »

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