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tXES ARTS DU Dfissm, §3
(tte |>artîe de la chaussure que portait Tabbé In-
^, parfaitement semblable à nos guétrps, est d'une
èffe de soie très-fine , d'un violet foncé , ornée de
sijas variés, d'un excellent goût et brochés, repré-
tant des polygones pu des écus , dans le champ
quels sont tracés des lièvres et des oiseaux , en or.
aque polygone renferme une invocation à Dieu, en
actères arabes. Ces guêtres , posées par-^dessus un
Morceau de drap noir foulé qui servait de bas, étaient
ment fabriqué.
i Émail représentant Geoffroy 4e' Bel ^
( Planche aSj. ) '
Tombeau en cuivre émaillé, de Geoffroy- le -Bel
Ctomte du Maine et d'Anjou, mort le 7 septembre ii5o»
la gravure que l'on voit ici a été faite d'après un
dessin original de notre collection ; il passe pour être
T' celui qui a servi à l'exécution du monument.
Le mausolée du comte du Maine , portant deux pieds et demi de haut sur un pied et demi de large Y^onsîstait en une ^simple plaque de cuîvre, émailiée qui était placée contre le deuxième pilier à gauche proche le jubé, dans la nef de l'église cathédrale do Saint-Julien du Mans. On y voit ce guerrier vêtu '\^ d'une longue tuoique et d'un manteau , le casque en tète, tenant d'une inain son bouclier et de l'autre son épée. ( Voyez ce que j'ai dit du costume français de ce temps-là , tome I", page 194.) Voici l'inscription Q^ax est figurée autour du monument : C*est Geoffroy^ if-^Bci , cornu du Maine , fiU de Fouique$ ^ comt^
84 XTZ^ÇV HISTOAIQU9
d'Jnjau et du Maine , çui maurui te y êepUmtn Van ii5o (i). t
Restauration de l'église Saint-'Denis par
Vabbé Suger.
Après la dévastation de Féglise royale dt Saiot-Denis^ par les Normands ^ Tabbé Suger considérant que l'affluence des fidèles devenait de jour en jour plus considérable, et qu'il convenait dolFrir à la majeslé de Dieu un local assez vaste pour les contenir sans confusion, entreprit de la rétablir entièrement, projet qu'il avait conçu long-temps avant d'obtenir la régence du royaume qui lui fut confé-
tÊm
(i) Geoffroy, dit le Bel, otiPlante^ Gènes t , fils de Foulées, gendre de Baadoain, roi de Je'rutalem, aTaît epoote Mathilde, ▼eaTe de Henri V, empereur d'Allemagne , mort à Utrecht, Pan iia6, après avoir régné Ttngt ans. Voici ce que Miserai rapporte à ce sujet: — Henri, pareillement, n'ayant point d'e«> lans de sa seconde femme , fit reconnaître sa fille Mathilde i TeuTe de l'empereur Henry , pour sou héritière en tous ses Etats, et la remaria à Geoffroy , surnommé le Bel , fils et successeur de Foulques, comte d'Anjou; lequel, avant que d'aller k Jérusaem , lui aratt ré signé tontes ses seigneuries. Les noces se celéhrèrent à Rouen , avec des Inagnificences , des festins et dei tinrnois qui n'araient point eu de semblables dorant toos ces règnes là. Lff parti était avantageux , tant pour le mérite do jeune prince que pour sa puissance 5 et , d'ailleurs , Henri le choisissait, afin de détacher , du parti du Roi de France, cette Inaifon d'Aâjou qui lui avait tant causé de peines , et de la mettre «at-à-fait dans ses intérêts.
Dl&S MCTS DU DESSIir. 85
rée par îe rp4 Louis VII, dit le Jeune, avant son départ pour la Terre-Sainte* Cet illustre et pieux abbé , en respectant de l'ancien bâtiment ce qui avait été construit par Pépin et Charleniagne , fit élever , au dessus, une nouvelle bâtisse en forme d'éjglise haute qui , depuis , fut appel ée le Ches^et de V église. Il fil aussi exhauss er les tours avec la plate-forme , pour la défense de Féglise et de la maison en cas de guerre. L'abbaye de Saint-Denis avait, comme toutes les autres abbajes, droit de haute et ba&»se justice dans son enclos.
L'abbé Suger mit la plus grande somptuosité dans la décoration de son église , et, si on consulte l'histoire latine et manuscrite de son gouvernement , on y trouvera un long détail des dépenses qu'il fit pour l'abbaye de Saint- Denis et la recherche qu'il mit particulièrement pour l'exécution tied vitraux dont il l'avait ornée (i).
Enfin on mit tant de zèle et tant d'activité dans la construction de ce bâti ment , que le roi, accompagné de la reine sa femme, de la reine sa mère f des princes de toute sa cour^
et assisté des principaux évéques^ se rendit à
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(t) Voyez tom. VI y peinture sur verre t pag. 64 #t suit., ce ^dB j'ai dit des TÎtrei peintci de Saint-Deaii.
86 APERÇU HISTORXQrE
labbaye de Saint-Denis, le i3 juin ii44i pour célébrer la consécration des autels et la dédicace du nouvel édifice (i).
Peinture sur verre représentant la consécrd" tion d'un évêque. ( Planche 238. )
La gravure que Ton^voit ici représente la consécration d'un évèque , comme Tindique le tau , signum tau, qu'un autre évèque lui imprime sur le front. Cette peinture , détachée d'une des vitres du chevet de Féglise Saint-Denis ^ bâtie par Suger^ est grossièrement exécutée , mais le dessin en est sévère et le C(doris vigoureux. L'auteur, comme on le voit, a représenté ses personnages à l'antique et en habit civiL Ce tableau précieux, qui a été conservé au Musée des Monumens français, ainsi que ceux décrits et gravés, tome YI, Peinture sur verre, page 63, ont été restitués à l'église Saint^Denis(i).
Bassin en cuivre émaillé. ( Planche sSg. )
Le bassin en cuivre émaillé, gravÉici de la grandeur de l'original , a été trouvé à ime demi-lieue de Soissons, et déposé depuis dans le cabinet des antiques de la bibliothèque du Roi.
Ce monument rare et précieux, travaillé à la ma-^ nière des orientaux , nous fait voir neuf figures dessinées seulement au trait , dans le go^t de celles qui
(i) Voyez la suiie de THistoire de Saint-Denis à la fin da Tolumc. ^
(a) A-iaMpn del'oQvrage je donnerai de nouvelles observatîong sur la peinture sur verre ^ui serviront de suppWmcnt au t. Vi«
Pi. iz3S
DES ARTS DU DESSIN* Sj
composent la table^isiaque^ et six tourelles qui séparent six tableaux divisés par des portions de cercle. Ces tours ^ Pemblème de la GastillC) sont là sans doute pour exprimer que ce morceau a été fiait pour la reine Blanche , mère de saint Louis ^ dont elles étaient les armes.
Ceci nous autorise à croire que c'est la reine ellemême, représentée couverte de sa tunique et de son manteau ^ et assise sur son trône , qu'on voit dans le tableau placé en tête de ceux qui ornent le bord du bassiu -, cUc a le 5C0IC du vuuuiiauilcuicijt, et parait
donner des ordres aux autres.
Les autres tableaux sont au nombre de sept, dont le principal forme le fond du plateau. Les personnages qu'on y voit peuvent se diviser en deux classes ^ c'est-à-dire^ en écuyers et en musiciens; deux de ceux-ci jouent du violon^ et les deux autres de la harpe. Le conducteur de l'orchestre est placé au centre, assis sur un siège très-élevé; il tient sa harpe qu'il met en mouvement , tandis que les autres musiciens, posés debout, suivent ses mouvemens pour former l'ensemble du concert. Les écuyers, qu'on voit dans les trois autres tableaux , sont armés et tiennent chacun un faucon sur le poing, ce qui caractérise le droit de chasse, et par conséquent de la noblesse.
Toutes les figures de ce bassin , ainsi que les orncmens dessinés et rehaussés par des filets en or, se détachent sur un fond d'émail d'un bleu d'azur.
Origine de la peinture en émail.
H n'y d aucun doute que l'art d'éinailler les
go APERÇU HISTOKlQUfi
les premiers rois francs, comme on le voit aax statues de dovis, de Cfaildebert, etc.
(Fojrez tome I*"*^ page i83, et idem page 1 67) • Ce genre de peinture , employé , dans la suite, à la fabrication des relicpiaires et des ustensiles à l'usage du culte, s'est singulièrement perfectionné.
Les monumens français en cuivre émaillé , des nnzîèiTift, Ammhmp'. et tppîzîèm*» sîpcles, sont extrêmement recherchés des amateurs.
Quoique le dessin de ces morceaux soit barbare, les. couleurs sont belles, solidement fixées; on y remarque sur-tout un style oriental, qui leur donne un caractère d'originaUté et d'antiquité qui plaît généralement.