CHAPITRE III
MOKUHEITS DU MOYEN AGE. — SuiTE DE LA TROISIEME DYNASTIE. — SeCOND STYLE.
Architecture. — Sculpture. — Les arts prirent un nouvel essor à la suite des croisades. Les artistes qui s'étaient croisés cherchèrent à leur retour en France , à imiter le style des monumens qu'ils avaient vus en Syrie; ils changèrent totalement les formes de l'architecture et perfectionnèrent celles de la sculpture.
DES ARTS DIT DESSIIT. Ql
Les moDumens du premier style se distinguent des autres par une âpre sévérité et par une énergie rude; c^ux du second style montrent plus de rondeur, plus de grâce, et dans leur exécution on aperçoit les progrès presque insensibles d'une civilisation plus avancée. En effët , le premier style a quelque chose de sauvage qui pçînt l'austérité des mœurs gauloises; le second style , en quelque sorte , a fixé l'art de la sculpture en France.
, — On remarquera que l'architecture, improprement appelée gothique ^ introduite en France à la suite des croisades^ est une architecture saracinique; c'est-à-dire sarrazine ou mauresque) nous en avons essayé la démonstration dans un article fort étendu qui se trouve à la fin du volume. ( Voyez la note intitulée origine de V architecture y improprement appelée gothique.)
Tombeau d^Héhïse et d^Abailard. — Statue couchée d'Abaipird. — yue de la troisième cour du Musée. — Portrait d^Abailard, pein-^ ture sur verre. (Planches 24o, 24i et 242.)
Après avoir retiré de la poussière les restes de quelques personnages illustres, nous n'a«^ vous pas négligé d'établir , à la suite de notre Musée finançais ^ une espèce d'Elysée, où nous
^9 APEKÇt7 HISTORIQUE j :^^
les avons déposés avec la dignité qu'inspi la reconnaissance et le respect. Couchés des sarcophages , dessinés d'après les t beaux antiques^ reposaient en paix les de Molière^ de La Fontaine^ de Boilea de Descartes , de Mabillon « de M onfauco le cœur de Jacques Rohault (i). Les cendres Turenne avaient aussi leur place au Musée^ ellesontété transportées dans le dôme de leg des Invalides y avec le mausolée que Louis avait fait élever au grand homme dans F baye de Saint-Denis.
Dans un lieu solitaire de notre Elysée, pla d'ifs , de platanes et de cyprès y s'élevait u chapelle du douzième siècle, dans laquelle voyait un tombeau qui contenait les co:
d'Héloïse et d'Âbailard , que nous avons eu précaution de relever de leurs sépulcres, loi de la vente du Paraclet^ lieu consolateu
■ÉMB
(i) VoycA lom. V y jiag. i^S , 1« description 4e l'Ély^îe î^ai plaaté , et celle des tombeanz des hommes et des femi célèbres qa^il contenait. Voyez aussi les belles gravores au bui de MM. LaTallée et ReTille , do«t le Roi a daigné agréer la dicacé.
Depuis la suppression da Mns^e des Monamcns françiiii Molière et La Fontaine ont ét^ transportés an cimetière da Pè^ La Chaise. Boileau .Descartes , Mabillon et Montfancon à Sain| Germaîn-des-Prés. Voye* V la fin da huitième Yolume les piècl jtistifioatVTtf.
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DES ÀJktS DU DES9IK. cS
comme l'appelait Abailard/ qui Tavait fait construire. Là , nous avons entendu plus d un soupir et nous ayons vu couler plus d'une larme.
Cette chapelle , établie l'an 1800^ à grands frais dans le jardin du Musée , a dû être dépla« cée en vertu d'une ordonnance royale du 5 no* vembre i8i4* pour mettre le Mont-de-Piété en jouissance du terrain quelle occupait aux Petits-Àugustins» Un arrêté du ministre de l'intérieur en a autorisé le transport dans un autre local du Musée ainsi que la restauration.
Des avaries assez considérables > occasion-»
nées par les ébranlemens de la démolition , et par l'extraction des corps étrangers qui tenaient toutes les parties du monument entr'elles, ont eu lieu dans cette circonstance; mais, avec des soins et de bons restaurateurs^ nous sommes parvenus à le rétablir de manière à fixer l'attention des amis des arts^ et à obtenir l'approbation de tous les étrangers^ qui y depuis son déplacement^ sont venus en foule visiter le Musée.des Monumens français.
Dans la dernière description du Musée ^ cpie nous avons eu l'honneur de présenter au Roi , en parlant des travaux qu'il j avait encore à Cadre pour la restauration complète des Monumens français , nous nous exprimions ainsi :
La troisième cour du Musée des Monumens
94 APERGIT mSTORIQtJB
français , présentera aux artistes V ensemble d'un édifice gothique^ construit ai^ec les débris d'une chapelle que Pierre Monti^uil avait bâtie pour saint Louis j déjà une partie de ce monument est élevée et restaurée {i) . (Planche 2 4o). C'est dans cette cour, décorée suivant le goût du douzième siècle, que nous avons placé et restauré définitivement, là et telle qu'elle est figurée sur la gravure, la chapelle sépulcrale d'Hélo'àe et d'Âbailard. La principale façade était construite et entièrement terminée, et si nous eussions été assez heureux pour compléter notre projet, cette cour aurait re- {M'ésenté une espèce de cloître, parfaitement semblable à celui qu'Abailard avait fait bâtir dans ^on habitation dû Pàraclet , auquel ïï avait donné le nom de monastère de la Trinité. ( FojâZf.ioaie h^f page 225 et suivantes, ce que nous avons dit du monument (2).
Monument d'Héloïse et d'Abailard^ (Planches 24jl et 242.)
' Les monumens dont nous allons entreprendre la description , sont du nombre de ceux qui offrent 1er
(i) Voyez tom. lY, pag. 59 et saiy. , mes différens projeti sur
le Masëe.
(a) J*ai décrit et grave les monamens d'Heloïse et d'Abailard , tom. I^', pag. ai8 et et soir. \ mais comme ce tombeau interes^
Oi
DES ARTS DU DESSIN. . gS
plus grand intérêt. Nommer Hélolse et Abailard, c^est fixer d'avance Tattention des âmes sen8i)>les ; faire connaître les monumens élevés en leur honneur» c'est intéresser les personnes qui chérissent les lettres et les arts. ■ :^
L^hîstoîre de ces amans malheureux est trop connue pour la renouveler ici. Abailard ou Ahéiard {i) , rhomme le plus instruit de son temps, fut reçu chez Fulbert, chanoine de Notre-Dame et oncle d'Héloîse^ en qualité de précepteur; il était beau et bien fait de sa personne, composait et chantait agréablement des vers amoureux. Quels moyens de séduction pour une jeune fille dont Pâme encore pure et tendre est toute disposée par la nature à recevoir les premières Impressions de Tamour ! Héloïse ne fut pas insensible
«ant a «prouve des changement et des deplacemcns , j'ai cra \devoir le faire graver de nouveau. Depuis la soppression da Mus^e , il a etc transfe'rc au cimetière du Père La Chaise.
(]> Voici les différentes manières d'orthographier le nom 4'Ahailard , des historiens du onzième et du douzième siècles : jibaiiard , Abayelart ^ Abeillard , AbeUart^ Abelard^ Abu-^ Ifii't , AUebart , Abaalarz , AbauUtrt , Abealart , Atœlardus , Abelhardus , Aballardus , Adelhardus , Ahbajalarius , Bui^ lardus , Balardus , Bœjulardus , Baliardus. De tous ces noms « les plus usités sont Ahai lardus , Abailard et Abélard,
a Pierre Abailard naquit en 1079, de parens distingues, an » bourg le Palais , on le Palet , en latin Palatium , près Clisson, à quatre lieues de Nantes en Bretagne. Son père', qu« d'Argenj» tré qualifie de noble chevalier, Rappelait Beranger , et £Mce » fut le nom de sa mère. On pre'tend que le nom d' Abailard , que » l'on fait dériver du mot abeille , fut donne' par Luce à son fils, » an moment de sa naissance , comme une allusion prophétique à .9 i'cloquence persuasive qui devait un jour le rendre ce'lèhre. »
9^ i^BRÇn fltlSTORIQtlB
aux Tiâilef firéqueotes de son maître ; elle détint mère : Toilà Torigine de leur malheur (i).
Hélolse était la feoune la plus passionnée et la plus savante de son siècle ; elle aimait son époux pour lui« ttèni«4 ce qui est pleinement justifié par sa conduite. Abailard 9 au contraire » n*aimait sa maîtresse que pour lui ; égoïste parfait ^ il a sacrifié à son amoi^r personnel ce qui devait lui être le plus cher au monde. Bélolse était belle ^ grande f svelte (a) ; eUe avait k
(i) « HéloiM ftccoacha d'aa fils d'une beaaU si rare , qu'elle • lai donna le nom d'AsTRALABLE , tjui feat dire astre brillant,
a Astralable on Astrolable reçut , comme son père, le prénom » de Pierre , ainsi ^e le prouve le calendrier du Paraclec , oii ron » trouTe ces mots : Quarto halendiu nouenthrit obiit Peints » Astralabiuê , magUtri nostri , patriJUius* Il embrassa Yém 9 ecclésiastique, et survécut à Abailard. Heloîse, cette tendre % mère , le recommande , dans une de ses lettres , aux soins dt » Pierre de Clnny. Hfemineritis , lui dit-elle > et amore Deiet » nostri , Astralabii vestri , ut aliquam ei , vel h Parisiensi , 9 vel alto quolibet epiêcopo , prœhendam acquiratii, Pierre lai » répond à ce sujet : Astralabio vestro , vestrùfuc causa no9- » troj mox utjacultas datafuerit , in aliqud nobilium ecelo» > siarum prœbendam libens acquirere laborabo» Res tamen P dffficilîs est , quia , vt sœpè probat^i , ad dandas in eeclesiiê^ c êuis prœbendas , variis objectis oeeasionibus vaidè se diffi" » ciles prœbere episeopi soient, Faciam tamen causa vestri S quod potero , mox ut potero. Pïoos ignorons s'il l'obtint , car » voilà les seules particularités qui nous soient connues de hk « vie d^ Astralable. »
(9) a L'inspection des os de son corps , que nous avons exa<- » mine's avec soin,, nous a convaincu qu'elle fut« comme Abai« » lard y d'une grande stature et de belles proportions. Ses restes M précieux, dont on n'a pas craint de violer l'asile, sont main- » tenant déposés h Nogent-snr-Seine ; et tel est l'empire impf^
1»JSS ARTS DU DBSSm. Q'J
l^ort noble , et elle {oignait à ces rares qualités toutei celles de Tesprit et de l'àme. Que de motifs de jalousia pour un homme vain qui n'ainàait que lui et qui admirait son ouvrage dans son élève P Le violent amoui*
» risfable de la ferta, qa'il a été offert plnsienrf fdif des sommcf n énormes , jusqu'à cent mille écu» , pour avoir une seule deni » d'Heloïse. Je n*ai pas besoin de dire ^e ce sont des Anjlait » qui ont fait de pareilles offires. » C'est amsi que M. Delaunaje s'exprime dans la Vie ^^Bjûdiae et d^Abailard, qu'il a (ait imprimer en i79&«
j'ai fait la même rémarque qde M. Délannaye sur la SftAttire d'Abailard : ses ossemens sont forts et d'une grande dimension. La tête d'Héloîse est d'une belle proportion ; son front , d'une forme coulante , bien arrondie et en harmonie arec les autres parties de la face ; elle réunit dans son ensemble tous les traits de la beauté parfaite. Cette tête a été moulëe, sous mes yeux^ pour l'exérntinn du buste d'Héloïse » qiie j'ai fait modeler'^par M. Deseine.
a Suivant l'opinion la plus commune , Fulbert fut oncle ma- • ternel d'Héloïse. On ne sait rien de plus sur sa famille ; car il » ne faut point s'arrêter au dire de François d'Amboise , qui V prétend qu'elle éuit de l'illustre maison de Montmorencyr*" 3» Cette opinion n'est, appayée d'aucune preuve, non plus que » celle de Papyre-Masson , qui Vent qu^Héloi'se ait été fille naj» tnreUe d'un chanoine nommé Jean. Si quelqu'un devait être » soupçonné de lui aToir donné naissance , ce serait bien plntdc 3) Fulbert lui-même , qu'un ancien calendrier du Paraclet appeilo 3» Hubert. »
Quoi qu'il en soit^ Fulbert ne négligea rien pour l'éducation de sa nièce ) qui, aux dons précieux de la nature , joignait ceux de l'esprit et des talens rares dans une femme ^ car elle possédait également bien le latin , le grec , l'hébreu , la philosophie , les mathématiques et même la théologie* Héloïse naquit k Paris,
'an I100.
98 APERÇU HISTORIQtJB
d'AbalUrdyTinfâineeruauté que Folbert exerça contra lui^ les jalouses persécutions de saint Bernard et des moines de Saint-Gildas, dont il était Tabbé , le rendirent en quelque sorte plus célèbre que ses savantes dissertations sur le Pater, sur Ezichiei et sur la Trinité (1).
Héloise» en conservant toutes ses qualités physiques» fut constante dans son amour; elle se re* tira du monde. Dans un être bien organisé » le souvenir seul d'une sensation fortement {prouvée peut renchalner pour toujours. Héloîse était sensible ; en* fermée dans un clottre» elle fut victime de cette sensation délicieuse dont eUe ne possédait plus que le souvenir. Réduite à jouir uniquement de la pensée , elle s'y conforma , et trouvait encore des charmes, même des plaisirs , dans la correspondance qu^elIe entretenait avtsv »uh autant s ce 4U'elle a pleinement justifié par les savantes épttres qu'elle lui adressait.
Je t'ai tout immole, devoir, honneur, sagesse; J'adorais Abaîlard , et dans ma douce ivresse , Le reste de la terre e'taît perda pour moi :
Mon univers, mon Dieu, je trouvais tout en toi.
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(1) Saint Bernard, jalotiz des talens d^Abailard, le persécuta pour ses opinions. Dans les lettres qn*il écrivît an pape Inno« cent II, snr son Traité de la Trinité, il dit : « Abaîlard esc im borrible compose à^j^rius , de Pelage, et de IVettorius', un homme sans règle , un snpërienr sans vigilance , an Mii sans moines , nn homme sans moeurs, un monstre, ua nomel Bérode, an antechrist , etc. »
La haine *des moines de Saînt-Gildas pour leur abbé alla jas-< qu'à' la fnrenr. Deux fois Abaîlard faillit être victime dn poisop qu'on lui avait préparé ; il eut la douleur de voir périr dans ses bras un îeune religieux qui avait bu , par méprise , un breuvage qui était préparé pour lui.
Ctë vert^ traduit3 par GoUardeau» donnenl une {aste idée de Tampur et de renthousiasme d'Héloîse* EUe possédait les qualités de Tesprlt , et 9 par dessus tout , Hélpîse était aimante , don rare et précieux qui captive tous les cœurs , e( qui fait que Ton est chéri de tout le monde.
Hélofse et Abailard sont jugés^ Qu'il nous soit permis d3 promener nos regards sur le monument que nous avons élevé dans netre Muséum » et dans lequel nous avons réuni leurs cendres sous une seule et même tombe. Nous dirons, à la suite de Tadmiration que nous portons à la mémoire de ces illustres personnages, que leur juste appréciateur , nous avons rendu à la capitale, témoin de leurs premières amours et de ^eurs malheurs , des ossemens précieux <]ue la vente du Paraclet aurait nécessairement dispersés sans notre précaution. Nous pensons donc , qu'en déposant dans le temple des arts , au milieu des hommes et des femmes les plus célè})res de là France, ces reliques précieuses , jadip animée» par la passion la plus vive et par le feu du génie, nous avons rempli un devoir pieux, et que nous avons satisfait le vœu de la postérité en prévenant , pour ainsi dire, Tinsulte qu'un peuple égaré ou ignorant pouvait commettre sur les restes de deux personnages mémorables. Suspendons nos écrits; c*est dans les lettres originales qu'il convient de lire les amours d'Héloise et d' Abailard.
Les artistes de leur temps n'ont rien fait pour nous conserver l'image de ces malheureux amans ; pour- ^vis sans cesse, on pourrait croire que l'envie avait
100 ÀPEnCU HiSTORIQtJfi
4*avance rompu malicieusement les pinceaui du peintre et brisé rébauchoir du sculpteur.
Hélolse^ la tendre Héloise, qui attachait tant de prix à la possession du portrait d*Abailard , soumise aux règles sévères qu*0 avait prescrites à ses fidèles compagnes , n'osa placer aucune peinture dans son oratoire , si ce n*est un crucifix de bois , grossièrement sculpté. Les orateurs chrétiens de ce temps-là, divisés d*opinion , et Âbailard lui-même , qui avait adopté les règles les plus austères, qualifiait de iiacc coti~ patU les peintures, les sculptures , ou toute autre espèce de décoration dans l'intérieur des cloîtres.
Chapelle sépulcrale d^Héloïse et d' Abailard.
Cette chapelle, que nous avons fait 'construire avec les débris du cloître du Paraclet , et dont on voit ici la gravure , montre le premier style de l'architecture, improprement appelée gothique, telle qu'elle était pratiquée aux premières époques de son introduction en France, c'est-à-dire, que la forme ogive des voûtes est plus aplatie , qu'elle dessine moins parfaitement Vosoîf^Vaytz à la fin du volume l'article sur Vorigint et VempUn de Cogive) , ainsi qu'on l'a pratiqué sous le règne de saint Louis , que nous considérons conune l'époque où ce genre d'architecture fut perfectionné.
Le premier style de cette architecture est moins élégant et moins riche que 1^ second. Les voûtes sont plus basses. Les nervures qui les décorent, composées de trois moulures , dessinent , si on les coupe , une feuille de trèfle. Les arcs ont la même forme ainsi que
BBS ARTS DU DESSIlf. lOl
les oroiséety et les colonnes sont généralement j^eu multipliées*
La forme de la chapelle d'Héloîse et d*Abailard^ est celle d*un carré long de quatorze pieds sur onze; sa hauteur est de vingt-quatre pieds. Un clocher de douze pieds 9 percé à jour, s'élève au dessus de la toiture ; quatre clochers plus petits , et d'un travail très-délicat , et quatre tètes d'animaux fantastiques 9. tennînent les angles du monument. Quatorze colonnes de six pieds 9 en pierre 9 ornées de chapiteaux arabesques 9 variés par la forme et la composition 9 supportent dix arcades en ogives, percées à jour et en façon de trèfle ; des corniches décorées de fleurs des champs» ainsi que quatre frontons 9 qui sont ornés de basreliefs , de rosaces 9 et des médaillons d'Héloïse et d'Âbailard, forment la totalité de la chapelle où sont ' .
déposés les illustres restes de Tabbesse du Paraclet et de l'abbé de Saint-Gildas.
Dans le milieu de la chapelle on voit le tombeau d'Abailard , que Pierre 9 le vénérable abbé de Gluny , avait fait élever à son ami. Abailard y est sculpté , couché à la manière du temps 9 vêtu en religieux 9 Ih tête faiblement inclinée sur un oreiller que soutiennent deux anges; il a les mains jointes 9 et on voit à ses pieds un chien , l'emblème du droit de chasse f dont il jouissait en sa (jualîté de gentilhomme. La n
statue 9 aussi couchée 9 de son intéressante amie 9 sculptée en habit de veuve , qui est celui que prenaient alors les religieuses, est placée à côté de la sienne. Les reliefs du sarcophage représentent les Pères de l'église et une cérémonie religieuse. €'est iws ce tombeau 9 resté orphelin pendant plusieurs.
109 APERÇU HISTORIQI^E ^
■iècles f que nous avons déposé nous-mème les àé^ pouDles des célèbres amans du douzième siècle. { Fayez iome I**, pages àa6 et aaS, les inscriptions dont il est orné.)
Portrait d'Jlbaîiard, peint sur verre.
(Planche 243.)
Cette peinture représente Abailard à genoux » en habit de religieux, faisant sa prière, tel qu*il est représenté sur une des vitres de l'église cathédrale de Chartres. Voici ce qu*onlit au bas du dessin. de ce vitrage , que nous avons tiré du porte-feuiHe de Ganr* gnères ( bibliothèque du Roi ) : Pierre BaiiiardM ^n habit de chanoine, que i'ùn croit être ÂhaUard » ami d'Héiofse , ainsi représenté sur une onoemid vitre de t^é^ihe de Hoire-DiAtac de Chartres»
Bas ' reliefs du tombeau de Dagobert.
(Planche 244-)
La chapelle sépulcrale du roi Dagobert^ que nous avons fait graver^ décrite totne I^^^ page i52 et suivantes^ était placée dans leglise royale de Saint-Denis , sous la première arcade du chœur, à droite; elle avait deux faces composées et décorées à peu près de même. L'une faisait face au maître autel , et l'autre ne pouvait se voir que du côté dei chapelles construites hors du chœur , soùs le gouvernement de l'abbë Suger.
Saint Louis , animé d'un sentiment de piélé
DES ARTS DU DBSSIlf. "loS
et de reconnaissance envers le fondateur de Fabbaye de Saint-Denis, ne borna pas uniquement le devoir religieux qu'il s'était imposé par la restauration complète de Téglise et Tédification du tombeau de Dagobert , ainsi que Tabbé Suger en avait eu le projet; il fit sculpter en pierre les statues des rois que Ton avait inhumés avant lui, dans la tombe royale. Ces statues pré* cieuses , coloriées selon l'usage et les costumes du temps , et qui ont été conservées pendant plus de vingt-cinq ans dans notre Muséum , restitués à l'église Saint-Denis, sont placées maintenant dans les galeries souterraines. ( Voyez les gravures et la description de ces figures, tome f , page 184 jusqu'à 188.)
La face principale du monument de Dagobert se compose d'une grande arcade ogive, formée par trois montant» dessinés en rouleau, tournant autour de l'ogive, qui, dans son milieu, présente un vide sur lequel sont sculptés six anges , posés debout , tenant chacun un encensoir. Ces petites statues sont d'un excellent goût de dessin, et drapées à la manière des premiers peintres italiens, ce qui nous autorise à croire que les sculpteurs qui ont tkravaillé au tombeau de Dagobert avaient voyagé en Italie avant d'entreprendre ce grand ouvrage. Le mojatant qui couronne la frise , est décoré de feuillages aussi en relief. Celui dyi dessous n'est point orné, et se prolonge yàar qu'à l'extrémité inférieure du monument.
Au dessus de cette espèce d^arcade se dessine un grand fronton pointu très* élevé» encadré de chaque o6té par deux rouleaux ou tors montans , dont Pentre* deux, formant cannelurCj est décoré de petites fleura des champs 9 saillantes et agréables à la vue. Chacun dtê montans est orné extérieurement de feuillages isolés y dont les extrémités se recourbent sur eHesmêmes , comme la feuille du chou. Le milieu de ce fronton 9 dont la pointe se termine par une grosse tige de mauve , vulgairement connue sous le nom de ffOuiU0n''6tane , contient trois figures très -bien drapées et passablement sculptées, représentant saint. Denis et saint Maurice 9 vêtus de leur chappe, crosses et mitres y à genoux devant Jésus-Christ , qui est debout au milieu d'eux , et dont ils implorent la bienveillance en faveur de Tâme de Dagobert , devenue la proie des démons, comme le dit la tradition vulgaire 5 et ainsi qu'on Ta figuré par les trois bas^reliefs qui garnissent le milieu de la chapelle. {Voyez la gravure.)
Chaque côté de la retombée de Togîve principale ou de Tarcade pointue, formant^ portique, repose sur , deux petits dômes très-sailians et à trois faces , cintrés en ogive dans Tintérieur. Extérieurement , ils se coinposent de divers petits frontons poiiitus à jour, décorés de feuillages et de petites tours , faisant allusion aux armes de Castille, qui étsiîent celles de la reine Blanche, mère de sajnt Louis, sous la régence de laquelle le monument a été construit,
Les dômes , ainsi que le grand portique , qui em^ brasse la totalité du monument , sont la représenta-* tîon d'une église ; ib couronnent les statues en pied
DES A&TS DU D£SSm* lo5
de la reine Nanthilde, femme de Dagobert, et de Glovis 11^ son fils; elles sont sculptées de grandeur naturelle, et adossées aux principaux piliers de Tédi* iSce. Il n'y a aucun doute que les dômes, ainsi que le portique, dessinés et sculptés ici, expriment que les personnages auxquels on en fait les honneurs , sont morts dans la croyance des dogmes de Téglise apostolique et romaine, et qu'ils ont été jugés dignes de la sépulture chrétienne. Nous parlons plus particulièrement de ce détail, parce qu'il se répète sur tous fes tombeaux, comme sur toutes les tombes qui ont été consacrées aux morts pendant plus de cinq siècles , à compter du douzième , et qu'il est bon de faire connaître quel a été le motif de ce genre de décoration qui se trouve par-tout.
Les piliers des quatres angles , formés en apparence par quatre colonnes minces , qui s'élèvent de la base du^onument jusqu'aux deux tiers de l'arcade principale^ sont couronués par quatre fléchés ou pyramides, ornées d'écaîlles de poisson , de feuillages, et terminées par des touffes de feuilles de chardon, réunies en groupe , qui montent jusqu'à la hauteur du monument
On remarquera particulièrement ces espèces de pyramides ou d'obélisques, car on les a singulièrement multipliés dans la décoration extérieure des édifices du genre de celui-ci , comme l'église cathédrale de Paris le fait voir, ainsi que tous les monumens construits depuis les croisade», soit en France, en Allemagne ou en Angleterre. Ces pyramides con-* ronnent ordinairement des massifs ou des avant'^orps qui s'élèvent fort haut, et qui , en le décorant, ser-^
106 APERÇU HISTOniQUB
ymut aussi à la solidité du faAtimeiit. Ces flèches garnisseiit la toilure et s'élèvent dans les airs comme autant de dochers; elles ont l'avantage 4e masquer de grands aros ou contre-forts qui maintiennent les voûtes dans leur aplomb , et d'en empêcher l'écar • tement. En générai) on observera que Tart de décorer, des architectes de ce temps-là^ consiste à masquer les principales forces ou points d^appui par des détails agréables à la vue» et par des colqnnes noûnces très*élevées et multipliées à l'infini.
Dansl'intérieur du portique de la chapelle sépulcrale de Dagobert , et au dessous de son soubassement , se voit un sarcophage en marbre 4wnachUie, gris de Bouigogne» qui est orné j sur sa face principale , de fleurs-de-lys sans nombre, fort bien sculptées. Sur le même sarcophage est la statue couchée du rrâ, ayant les mains jointes et la couronne sur la tète ; il est vêtu d*une tunique longue et du manteau royal. L'inseription qui est peinte sur le bandeau» ainsi que celle des autres frises, sont rapportées tome I*» page i54»
Au dessus de la statue de Dagobert » sont sculptés, les trois grands bas-relie£s dont on voit ici la gravure. Les figures en sont très-saillantes. Placés l'un sur Tautre» à la manière ancienne» ils figurent autant de tableaux que le conte publié sur la mort du roi pré* sente de divisions » et chacun d'eux » formapt une frise séparée » est décoré de feuillages bien sculptés» de petits ogives découpés à jour, qui représentent des maisons et des petites tourelles, par allusion aux armes de Gastille. On remarquera qu'à la seconde bande qui couronne le deuxième bas-relief, quatrf petits frontons sont enflammés; ils désignent Ffiifer^
DBS ARTS DU DESSIIC. . IO7
qui joue on rôle dans l'espèce de poëme ou de fable que Ton a figurée ; en voici la relation 9 que nous aTo&s extraite d*un ancien manuscrîtdeG. de Nangis, bénédictin de Saint-Denis 9 mort en iSoa*
1 Quant le bon roy Dagobert , dont je vous ay ci* devant dit fu trespassé, si avint, par la volunté notre Seigneur^ qme, pour te qu'il n'estoit pas bien espurgîé d'aulcuns meffait qu'il avoit fait en sa vie , et pour ce si 9 comme dient aulcuns , que les sains desquek il avoit ravi les corps s'estoient courocés et mabnens envers lui. Li a^àlcun ennemis prîsrent s'ame quânt*elle parti du corps , et J'encuîdierent bien mener, et entrèrent en ung bastel, grant joie et grant noise i,e menans. O tabours et o trompes et busines , et ainssi Tame au bon roy estoit molt esperdue entre ^s déables , t^r bien cuidoit estre dampnée. Mais monseigneur saint Denis , qui n'oublia mj4kon bolT amy ie roy Dagobert , requist à Nostre Seigneur Jésus -Gbrîst, qu'il lui donnast congié daler secourre la dicte ame , laquelle chose comme Nostre Seigneur lui eust octroie, saint Denis s'en ala et mena avecques lui saint *Morise et autres, amys , que le rôy Dagobert avoit moult honorés en sa vie , et avecques eulx orent des anges qui les conduirent jusques en la mer , et quant ils viâdrent la ou les déables tenoient et emmenoient à grant feste l'ame du roy Dagobert , si le mîsrent entre elx et se combatirent encontre les déables , mais toutevoies les déables n'orent povair contre saint Denis ne sa compaignie, ainçois furent les déables vaincus et furent trébuches l'un ça, l'autre là, en la mer, et puis les «nges prinrent l'ame du roy Dagobert , et saint Denis s'en ala en Paradis avec sa compai-
108 APSnÇU &ISTORIQU£
•gnie. Et ainssi povez entendre comment monseig;neair
» saint Denis délivra Famé du roy Dagobert des main^
Baux ennemis 9 en Tonneur et pour l'amour de ce
»que le roy Dagobert avoit fondé Téglise de Saint-
» Denis en Tonneor de lui , qu'il avoit tousjours moult
•honoré; et se de cène Aie croiez, alez à Saint*
«Denis, en France, en Féglise, et regardez devant
» l'autel où l'on chante tous les Jours la grant messe,
>là où le roy Dagobert gist. Là verrez-vous au dessus
•de lui ce que je vous ay dit pourtrait, et de noble
•euTre richement enluminée. » Voyez aussi tome Vy page i53.
Le sculpteur, pour représenter l'àme de Dagobert, a fort ingénieusement supprimé la barbe et la partie qui caractérise le sexe dans les trois statues du roi, que l'on voit daus les bas -reliefs. En cela il s'est conformé à l'opinion des anciens, qui ne donnaient aucun sexe à l'àme,. HonifatMnn, dans son antiquité expliquée , rapporte que les corps des bienheureux n'ont point de consistance, point d'o& ni de chair , ni chose qui puisse résister à l'attouchement. Ce ne sont, dit>il, que des âmes qui ont un voile extérieur de forme humaine, en un mot, des ombres, comme étaient, dans l'opinion des payons, toutes les âmes des défunts. En effet, l'âme se compose àHnteiiigence , d'harmonie et d'à* mour; elle est descendue du ciel et elle y remonle en quittant le corps qu'elle a habité sur la terre. Nous ne doutons point que les angoisses et les épreuves par lesquelles on fait passer ici Tâme du roi Dagobert, avant d'arriver à la parfaite béatitude , ne soit une espèce d'expiation imitée des théories de l'anliquité. La doc*
DES ARTS DXr DESSIN. lOQ
trine sur la destruction et la réorganisation éternelle des corps , une fois admise ^ on a dit ^ue les âmes des morts pouvaient se purifier de leur souillure par l'emploi des trois élémens; le feu, Y eau et Y air. Ce systèiùe des philosophes a fourni trois espèces d expiations ou de purgalions usitées dans les sacrifices des anciens , par le moyen des torches allumées^ de Teau et de l'air..
La purification par le feu est exprimée sur le tombeau de^ Dagobert par les flammes de l'Enfer , qui sortent et se dessinent extérieurement, et qui y en quelque sorte, enveloppent la barque dans laquelle se trouve l'âme du roi. Les anciens faisaient promener des torchçs allumées sur le corps du coupable.
^ La purification de l'eau se pratiquait par l'aspersion de l'eau lustrale, ou par des bains pris dans les fontaines établies exprès dans les temples. Dans le bas-relief du milieu , du même tombeau, on voit que c'est après avoir aspergé l'âme de Dagobert avec de l'eau bénite , que saint Denis et saint Martin s'en rendent les maîtres, et parviennent à chasser les démons.
Quant à l'expiation de l'air, eUefut pratiquée par les Athéniens, qui, pour expier le suicide d'Erigone, occasionné par leur négligence, se
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balançaient dans Tair, étant suspendus avec des cordes ^ pendant les fêtes appdées AUtidês ou JEories. Ayant été ainsi purifiées, les âmes étaient reçues dans les Champs-Elysées. L^âme de Dagobert , après avoir traversé les airs est admise dans le sein d'Abraham , c'est-à-dire / dans le Paradis y où est le trône de Dieu ; car Abraham s'explique par Pater altissimus.
La statue du roi, ainsi que les figures des bas^ reliefs, jusqu'aux inscriptions , se détaehent sur un fond mosaïque en relief, formé par un mastic dur, fin , peu saillant , dont les dessins paraissent ayoir été poussés dans un moule. Ce genre de mosaïque , composé d^une infinité de lozanges, renferme dans chacune de ses divisions, un ornement varié. On y voit des oiseaux , des fleurs de lys , des rosaces et beaucoup d'autres choses d'un bon goût et d'une composition agréable. Ces détails, dans le principe , étaient dorés et coloriés à la manière des orlentpuz, c'est-à-dire, comme l'étaient nos églises syriennes 9 dites gothique ; mais le tout ayant été couvert , à plusieurs reprises, d'une couche de peinture à l'huile^ il ne reste plus de cette richesse .d'omeniens, que quelques parties ijui tmt été préservées du pinceau .et de la barbarie des ignorans (i). Nangis, comme xm l'a vu plus haut, en parlant de ce tombeau, a dit:
' (i) M. Debret y arcbitecte de Péglise Saint-Denis , et dk>î t nous noas sommes entendos pour rétablir les peiniores et les dorures de ce moiraraeiit, et loi rendre son antique beauté.
DES ART$ DU PESSIN. lll
Làf vôrrez-vûOiy au dessus de ta figure eouehéc du écfn Toy Dagclwn , ce que je vàus ny dit , paurtraictei de noite ctuvreHàhemMU enluminée.
Auprès du tombeau de Dagobert , on voyait anciennement y dans legiise de Saint-Denis, deux statues de grandeur naturelle > en pierre de liais représentant la reine Nanthilde , sa seconde femme , et Sigebert , roi d*Austrasie , raînë des enfans qu'il eût de Rentrude , sa troisième femme. Ces deux figures y dit le pèreNoblet, dans sa description de Saint- Denis ^ jf»/ïa^ ' d'après le naturel p sont grandement et artis^ tentent élaborées. £lles ont disparu sans qu'on puisse savoir où elles ont passé ; il n'en reste 'que les gravures qu'en a donné Montfaucon, dans sa Mon»chie française: elles existaient encore de son temps.
Le monument de Dagobert , après avoir éprouvé des mutilations considérables , par suite des ravages que l'on a exercés dans l'église Saint-Denis, a été transporté à Paris, au Musée des Monumens français, où il a -été relevé, restauré et exposé aux regards des artistes et des amateurs , pendant plus de vingt-cinq ans ; enfin , il a été restitué à l'église Saint-Denis, dont il était le patrimoine , dans le courant d*avril i8i8. Des changemens considérables^ qui se sont faits dans le chœur, ayûrit empêché
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de réédifier le monument de Dagobert ^ à k place qu'il occupait originairement j on a eru devoir le placer à Fentrée de F^lise y comme un hommage rendu à son premier fondateur .£n entrant^ il est le premier objet qui se présente , et sa Yue rappelle au peuple les œuv.res de piété et de munificence que le roi fit^ non-seulement à Téglise , mais encore à la ville de Saint-Deni», qu'il afirancbit de redevances considérables^ et où il institua^ tous les ans , une foire > qui, depuis ce temps , fut très-favorable aux corn-
mercans.
Le tombeau de Dagobert vient d'être restauré par M. Debret , qui a cru devoir tirer avantageusement parti des deux faces du monument y qu'on ne pouvait pas replacer , dans la totalité de son épaisseur , «ans gêner la voie publique , en les séparant , pour faire la contrepartie , par un cénotaphe à la reine Nanthilde : on l'y voit, couchée sur une tombe, en face de son auguste époux.
La masse de cette seconde face du monument de Dagobert est , à peu de chose près , la même que celle de la face principale ; elle se compose des mêmes colonnades et d'un ironton semblable , dans lequel sont sculptées des statues représentant Jésus-Christ , debout , ayant à ses pieds la reine Nanthilde et Clovis II ,
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son fils.i figurés dans une attitude suppliante. On y voit aussi des mosaïque^ et d'autres ornemens qui forment un ensemble pittoresque, selon le style et le goût du temps.
Enfin ^ si l'on examine avec attention les basreliefs qui ornent le tombeau de Dagobert, on les verra comme des modèles de la sculpture du second stjlc dans le moyen âge; car, comme nous Ta vous observé, nous divisons cette importante époque de nos arts en deux styles; c*est-à-dire , que nous comprenons dans le premier style tous les monumens faits en France depuis les rois de la première race jusqu'au règne de Philippe- Auguste , et, dans le second ^ ceux de cette dernière époque j usqu au règne de Charles VIIL
En comparant la sculpture du premier stylé avec celle du tombeau de Dagobert,^on remarquera, dans celle-ci, moins de roideur dans l'ensemble des figures et plus d'aisance dans les attitudes ; on y verra de la vérité et même de l'expression dans le geste ; on y trouvera plus de méthode dans Fart de mo-* deler, et infiniment plus de soin dans l'exécution.
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