‹ Musée des monumens français (volume 2)Chapitre 9 sur 12 · AAA/NA/W\AA/\AAA · texte numérisé non relu

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mois dont elle se compose , représentés par les douze signes du zodiaque.

La figure qui se présente à la vue , sur le premier chapiteau 9 est l'image du bélier céleste, signe dans lequel le soleil fixait l'équinoxe du printemps , si on «'arrête à Tépoque donnée par la Genèse , d'où Ton a tiré les sujets qui sont sculptés ici.

Le second bas -relief représente la création de l'homme et de la fenune. Sur le troisième, on voit l'introduction du mal dans le monde, exprimée parle péché d'Adam , comme on voit , sur le quatrième , Adam et Eve chassés du Paradis terrestre- Le cinquième représente Noé, le conservateur du genre humain pendant le déluge, et le sixième nous fait voir Samson , les cheveux épars, terrassant \m lion. Il est donc évident que l'on a voulu peindre le com^ mencement d'une période solaire , sous le signe du bélier, dont on a fixé le point du départ à l'équinoxe d'automne, époque à laquelle les anciens ont fait commencer l'année, qu'ils considéraient comme entièrement révolue lorsque le soleil, après le repos 5olsticial, commençait à descendre dans les signes inférieurs, et à faire décroître les jours (i).

(i) L'année égyptienne commençait à IVquinoxe d^automne , ce qni correspond au a8 on au 39 d^août de l'année julienne instituée par Jules -César, et par conséquent elle était usitée h Rome. L'année grecque commençait à la première lune qui suivait le solstice d'été , ce qui la fixait également à l'équinoxe d'automne , et le commen/cement de l'année juÎTe moderne at aussi fixé à la même époque.

Cette note est aécefsaira pour l'intelligeoce des l^as*reliefi doi;it il s'agit.

y6 . APERÇU HISTOHIQtJB

Nous voyoni) i* que pour désigner le eonunence^ ment de Tannée 5 on a sculpté , sur le monument, la création de Thonmie et de la femme 9 ce qui est ex- |Krimé par les mots eeee vivj écrits en gros caractères ; s* pour peindre Téquinoxe d'automne, on a représenté le péché d'Adam et Je triomphe du serpent; les annonces' de Tbirer ou les approches du solstice inférieur sont figurées par l'expulsion d'Adam et Eve du Paradis terrestre ; c'est-à*<lire du {ardin où les fruits les plus délicieux étaient abondans. L'image du solstice d'hiver est exprimée sur le monument par la figure de Noé, le constructeur de l'arche » sauvé de l'immersion des eaux du déluge ; enfin , nous voyons que, pour exprimer d*una manière sennble le ferme de la révolution aunueUe du soleil , on a sculpté Sainson, mâle et vigoureux , déployant toute sa force pour vaincre les fureurs du lion solsticial, dans lequel l'astre du }our prenait alors son domicile et terminait ses travaux 9 suivant la fable, sous le nom d'Hercule.

Statues du temple de Montmorillon.

(Planche 2340

La chapelle notre - Dame de Pitié , à MontmoriUon, petite ville du département de la Tienne, et connue sous le nom à^ octogone de Montmorit^ ton,, que Montfaucon, don Martin let plusieurs autres antiquaires ont considérée comme un temple des druides, ne date réellement que du onsième siècle. On y voit tous les caractères de rarcht-> tectuve /à6 celte époque , et particulièrement des voûtes en ogives, genre d'architectore qui ne fut

DES ARTS DU BESSIlf • JJ

introduit en France qu'au rétour des croisades^ comme on le verra plus tard.

La construction de ce petit temple, &ite selon les lois de Tacoustique, est remarquable comme Tétait celle de la tour de Saint-Martin-des-Ghamps, à Paris , et comme Test encore la grande salle de Tobservatoire. Nous comparerons les figures de' Toctogone de Mont* morillon , que Ton voit ici j à celles de Glovis et de la reine €lotilde, dont nous avons parlé (tome Y^ p. 217 jusqu'à 393); nous y reconnaissons le même style dans le dessin y la même allure dans les attitudes, la même ondulation dans la chevelure et dans la barbe ; nous y voyons lee longues tresses de cheveux qui descendent jusqu'aux genoux des femmes; les mêmes vétemens^ ainsi que la même manière de travailler la pierre , et remploi de la gradine , pour rendre Tefiet des étoffes de gazes ou de crêpes , qui étaient brochées et faufilées de trames d'or. Elles ont également des rapports avec celles du principal portail de la' cathédrale de Chartres, dont la Construction fut commencée en loaa , par les soins de Fulbert, évêque de cette ville; elles ont aussi , dans leur exécution , tous les carac* tères qui distinguent la sculpture du onzième siècle , qui était une imitation de celLe des premiers temps de la monarchie.

Si nous examinons \p^ siij^^ts que représente cette sculpture , nous ne serons point de l'avis de ceux qui n'y voient que des saints. Nous pensons que l'artiste, dirigé par des hommes plus savans que lui , a eu plus d'un but dans l'exéeution de ces statues , dont on a souvent cherché trop loin les explications. On ne peut nier que les deux figures nues ne soient allégoriques

7$ APERÇU HISTOniQUB

fl isolées des autres > tandis que celles qui sont én^ pées se touchent et paraissent coïncider entr'eilesk

Monifaucon n*avait publié que huit de ces figures : en démolissant un petit mur intérieur que les moines: avaient mis devant , sans doute pour dérober la vuo d^imi^es qu*ils regardaient cooune profanes ou indécentes, on en a trouvé cinq autres, ce qui en porte le nombre à treize.

Dans un mémoire particulier (Voyez Menu déVÀ^^ ead* cett^j tome III 9 page iB), nous avons avancé que ces sculptures sont plus anciennes que Tédifice existant, où elles auraient été placées isolément suc. le portail; que là, elles occupaient les places destinées aux rois, aux reines , aux princes et aux fondateurs de rédifice , selon Tusage reçu. Nous sommes encore de cet avis.

. Noos avons reconnu qu*elles datent du* onzième siècle ; qu'eifectivement elles ornaient Tancien portail de la ehapeUe où elles étaient divisées par groupe,, conuHe on le voit sur la gravure ; mats que^ déplacées pour des restaurations, à une époque moins ancienne^ on les a réunies, en forme de bas-relief, dans Tinté-» rieur de Pé^se où elles sont maintenant.

La première figure représente une femme nue^ échevelée , allaitant deux serpens qu^elle tient de chaque main. Le groupe suivant^ composé de trois personnages drapés et barbus, tenant, Fun un rouleau et l'autre un livre, pourraient bien être les évangélistes, dont le quatrième, figuré jeune, sans barbe,, dans le milieu du troisième groupe, serait saint Jean*. Il tient un livre sous le bras, comme les autres , et ^a. deux figures de femmes qui l'accompagnent pourraient

bien être des princesses qui auraient participé à la fondation de Tégiise.

Celle qui suit est isolée; ses cheveux tressés, sa ceinture longue ; son surcot et son vêtement, en tota«*> Hté f ressemblent à celui de la reine Clotilde et à ceux des figures de la cathédrale de Chartres, comme DQUS l'avons déjà fait remarquer. £lle foule un monstre du pied droit , et porte des gants à ses mains , ce qui caractérise le droit de chasse ou de fauconnerie , . qui appartenait exclusivement à la haute noblesse*

La première figure du second rang représente une fenune nue, échevelée comme la première, tenant de chaque main un crapaud qu^elle nourrit de son lait. Une figure d*ange suit celle-ci , et le troisième sujet représente une mère et sa fille , groupées ensemble ; elles se passent une main sur Tépaule , et portent l'autre sur leur cœur. Le voile que la mère a sur la tête caractérise le veuvage, et ce groupe intéressant pourrait bien représenter la Visitation ^ c'est-à-dire, 14 sainte Yierge et sainte Elisabeth; mais comme elles ne sont pas distinguées des autres par le nimbe , qui était rigoureusement accordé aux images de Jésus- Christ, de la sainte Vierge et des saints^ nous n'osons pas l'affirmer.

La dernière figure de ces bas-reliefs curieux, est vue de face et dans l'état le plus parfait

Enfin , ces différons groupes représentent les fon-^ dateurs de l'édifice , un ange ou le génie protecteur de cette fondation, les quatre évangélistes , et le bien et le mal, qui, à la manière des gnoytiques, sept ^égoriquement figurés.

Bas-relief tiré de Vahhaye de Moissae.

(PJanche 255.)

On voit sur cette planche quatre bas-reliefs^en pierre et de même proportion , qui décoraient Tabbaye de Hoissac, département de Tam-et-Garonne. Les nu** méros 1 et d représentent les vices punis , et les deux autres , numéros 3 et 4 , la Visitation et rAnnonciation de la sainte Vierge.

Le n* 1 , par une composition singulière et grotesque , nous fait voir la luxure punje. La luxure est figurée par une femme debout , s^arrachant les cheveux , fuyant et fléchissant les genoux sous le poids des maux dont elle est accablée. L^expression de cette malheureuse est celui du désespoir 5 et elle est figarée dans un élat convulsif. Son corps est enveloppé par deux énormes serpens qui , en se glissant autour de ses membres 5 parviennent à lui dévorer les mamelles y tandis qu^un gros crapaud^ 'placé dans le milieu de ses cuisses , lui dévore la partie par où elle a péché. Près de cetle femme est un démon à face hideuse eti pattes de lion , sur lesquelles il se dresse et se tient de^ bout. La pécheresse veut fuir, mais le monstre l'arrête en la saisissant à la main droite ; il lui présente la tête d'un seraient irrité , dont il est lui-même en-* veloppé ; il veut Ten traîner, et, dans sa colère, il lui souffle au visage un crapaud qui sort de sa bouche (i)«

(1) Il est tvident pour moi qne cVst la vue de ce bas-relief ftingulirr qai a inspire h Cazotte le couplet qu'on Ta lire , ex* trait d'une cbansoa dans laquelle le poète suppose qu'un cheva'* |icr eriant, passant la nuit dans un vieux cb&tcau^ dans l'espoir

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Pl.xU.

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Tl aiiià.

'e c/e i/fto^fic.

d;es arts du dessidt. Si

Xea'ai^ aagsi corieax que le précédent, représente rAvarice. On voit nn vieil avare perclus , assis dant un fauteuil 9 ayant son trésor pendu à son cou et la soutenant de ses deux mains. Le mauvais riche est peint refusant raumône à un vieux mendiant estropié; celuî*<^ se soruUent sur un bâton qu'il tient de U main droite j et de Fautre se gratte la tète. On remarquera que rbn voit un démon cornu , à %ure fantastique , qui est monté sur les épaules du pauvre , comme il y en a un sur cellesde ravare^ ce qui doublé la mèmit action.

L*avare est chevaucbêpar son démon y et le monstre le tient tellement serré entre ses cuisses ^ que le vieiU lard étouffé 9 comme on le serait par un violent eau* chemar , peut à peine respirer. Les deux nuins » oil les griffes de Tanimal , sont posées sur une petite cas« jette qui couvre la tête de sa victime ; et par Pcx* pression que lui a donnée le sculpteur , il paraît narm guer le démon qui est en face de lui^ sur les épaulée du mendiant. Celui-ci a le corps et la queue d'un lion f les ailes d'un griffon f et les pieds fourchus d*ua

dt Vy reposer , se trouve assailli par des Ttvtmnê, ( CazoUefaù fvi ia peinture des démons, )

Les foixeis , dont leurs' maint Sont asméet^ Sottt des ^eipenc les pins en^emméS'j n T«at crier :

Un crapand dn gosier

Lui sort avec damenr.

Hélas I ma bonne l hâtas ! que )'d fp'tndpenr ! etc.

8d APERÇU HISTORIQUE

bouc ; rararice de son confrère rirrite » il loi en fait de vifii reproches , mais l'autre en rit.

On ne peut se dissimuler que ces peintures hideuses .ne soient le résultat 4u mauvais goût; mais on con^ viendra néanmoins qu'elfes avaient un but moral , celui de représenter au peuple la punition des vices «otts les couleurs les plus frappantes.

' Les bas-relieis 3 et 4 » représentent la Yisitatipa de sainte Elisabeth et TAnnonciation de la sainte Vierge. Ces deux morceaux ^ mis en opposition avec les premiers , sont un heureux contraste et n'en font que plus d'effet. Il y a de la simplicité et de la sagesse dans la composition des sujets ; de la beauté dans les tètes des personnages ; de la n<d>les4e et du goût dans les draperies.

Etoffe brochée en soie et en or.

(Planche 256.)

Le morceau d'étnffV* qnp. nous avons fait gravef) est tiue' portion des guêtres que'Ingou , parant de Robert le pieux 5 abbé de Saint-Germain-des-Prés , mort en 1025, avait encore aux jambes lorsque son tombeau fut ouvert, le j prairial de l'an 7. L'abbé logon avait été enterré avec ses habits pontificaux ; il avait sa mitre sur la tète et sa crosse à côté de lui. Le tout

était parfaitement conservé. Le vêtement qui couvrait

le corps de cet abbé était entier, il ne présente aucun changement au costume des évèques ; nous l'avons décrit et fait graver, tome I**, pages 162 et suivantes. Nous avons répété ici ce détail dans* un plus grand format, comme la partie la plus intéressante de notre découverte.

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