‹ Musée des monumens françaisChapitre 11 sur 23 · DES ARTS DU DBSSIIT · texte numérisé non relu

DES ARTS DU DBSSIIT

ment. Ce beau monument a été composé et dessiné par Lebrun ; Coyzevox l'a seulement exécuté ûm marbre et en bronze ; il en est ainsi des sculptures qui ornent le parc de Versailles.

Eustache Lesueur^ d'une santé délicate ^ a mis peu d'énergie dans ses compositions; douQ d'un sentiment fin , elles sont dotices et pures comme son âme ; ses expressions sont belles et peu énergiques ; son coloris est doux et calme. Lesueur s'est élevé au dessus des peintres de son siècle , par l'exécution des tableaux de saint Paul qui fait brûler les lii^res profanes j de saint Germais et ///» ^aint Protais , et des Muses qui sont au Musée du Roi. Il a peint aussi le cloître des chartreux^ ou il a représenté la vie de saint Bruno ^ en vingt-deux tableaux , que Ton peut considérer comme autant de chefs-d'œuvre. Ses derniers ouvrages sont ceux qu'il fit à l'hôtel Lambert ; il mourut à l'âge de trente-huit ans , en i655. De Pilles , rapporte que Lebrun étant venu le visiter dans les derniers instans de sa vie y dit en s'en allant : La mort va me tirer une gt^osse épine du pied. [Vojez tome VI, Peinture sur verre ^ page gS, et tome V, page 258^ les compositions de Lesueur que nous avons faitgraver. )

La condoite orgueilleuse et despotique de"

64 APBRGU HISTORIQUK

Lebrun^ avec les artistes ses contemporains , â dît Watelet, fut expiée par les mortification^ qu'il éprouva sur la fin de sa vie , et que lui causa Mignard/ En effet, Louvois qui avait succédé à Colbert dans la surintendance des bâtimens , af|ecta de produire Mignard auprès du roi , par cela seul que Colbert avait été le protecteur le plus zélé de Lebrun. Ce ministre engagea Louis XIV à confier à Mignard le soia de peindre ce qu'on appelle la petite Galerie de Versailles. Le roi avait trop de goût pour ne pas apprécier les ouvrages de Mignard; mais Lebfun était son premier peintre; il l'était de son choix , et malgré la cabale de Louvois^ il faisait à Lebrun un accueil marqué , et se plaisait toujours à lui adresser les choses les plus obligeantes sur ses nouvelles productions. Un jour que Lebrun était dans la grande galerie où se trouvait le roi , jetant un coup d'oeil sur les plafonds qu'il avait peints^ il dit assez haut , pour être entendu , que les beaux tableaux semblaient dessertir plus ad"

mirables après la mort de leur auteur»

Quoiqu'on en dise ^ lui dît Louis XIV avec bonté ^ en allant à lui, ne vous pressez pas de mourir , je vous estime a présent autant que pourra le faire la postérités

Après la mort de Lebrun , Mignard fut

kîommé premier peintre du roi. Ce qu'il y à de plus remarqisiable dans la vie de Mîgnard , c'est d'avoir été Fami particulier dé Malière, dont ilîi fait souvent le portrait; nous en possédons un fort beau représentant Molière dans soh intérieur. Molière a chanté Mignard dans un poëme intitulé le Val^de^-Grâce ^ dont Mignard *avait peint le dôme de la chapelle (i). Coypél succéda à Mignard dans cette place* < % IT. Les statuaires du dix-septième siècle peuvent se glorifier d'avoir succédé au siècle de la renaissance > et le grand talent de leurs ^^écesseurs parait être passé dans leurs mains y quand on voit les nombreux morceaux de sculpture qu'ils ont exécutés^ et que l'on doit à la munificence de Louis XIV. Cependant, les statues de Girardon présentent un mauvais choix de draperies > un stjle e^éminé et une exécuticm faible, quoique très-soignée i

(i) Apr^s la mori de Mignard , la place de premier peintre resta vacante. Voici oe qoe sa fille , madame la comtesse de Fcu^ qniers , ëcririt à ce fujet à son cousin Mignard | d* Avignon , 1« 33 septembre i6g6 : « An reste , vons n^étes pas bien informa toncbant le premier peintre , carie roi n^en a point fait. M. Gi^ Ttodon est chancelier de TAcade'mie , et M. Coypel directeur | ce dernier a une pension de miUe ècus. Le roi a eu la boute do me laisser Tappartement de Versailles / qui , j'espère , me demeurera jusqu'à ce qu'il y ait nn premier peintre. Ma mère vous lait mille complimens. *

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Gojsevox , Fémule de Girardon / doué d'QH génie plus prononcé que lui , avait Tari d ani* mer le marbre ; et la comparaison des deux talens est facile à faire aux Petits-Augustias , ou Ton voit encore le mausolée du cardinal de Richelieu qui est en face de celui de Mazarin i/^ojr^z tome V, pages 61 et suivantes; môme volume^ psiges 84 et suivantes, ce que j'ai dft de ces monumens). On admire dans le jardin d^ Tuileries les deux Pégases de Coyzevox; l'un est monté par la Renommée ^ et Fautre par Mercure. Girardon sest fait remarquer dans les figures des bains d'Apollon qui décorent le parc de Versailles. Âpre» le groupe antique et célèbre djB la famille de Niobé ^ c'est peut-être l'ouvrage le plus considérable qui ait été fait en marbre.

Le célèbre Puget , malgré les grandes négligences de son style et de sonidessin, captive Tattention par la beauté et la facilité de son ciseau. Puget émeut l'âme par des attitudes vraies qu'il a reudues pour ainsi dire mobiles , et par des expressions énergiques. En général, il est naturel et franc daos son travail , et la bonté de son caractère se peint dans ses ou** vrages. Il a peint plusieurs tableaux pour les villes de Marseille , d'Aix et de Toulon , dans lesquels il y a de l'énergie dans la composi*

tioa et de la facilité dans la toucha ; son eo* )oris est rouge» tîraot un peu sur la brique* I) avait sculpté » pour le parc de Sceaux » uii«. statue d'Hercule eu repos, qui fait aujourd'hui rornemeut dune des salles du Luxembourg* Oa voit aussi au Musée du Roi ud groupe d'en-* &DS ; ce groupe charmant » rempli de grâces et de vérité , inspire les sentimens les plus ten^ dres y et fait naître les idées les plus douces^ Parmi les sculpteurs du siècle de Louis XIV qui se son* distingués, on cite Jacques Sarrazin, Michel Ânguier, Desjardins, Lepaultre, Coustou y Guiliain , Marsy , Van-Clève et Legros (i).

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