‹ Musée des monumens françaisChapitre 5 sur 23 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SEIZlilIE SIÈCÏjE. SECOND STYLE. .

^ Il nous reste maintenant à parler du se-cond style y introduit dans les arts dû dessin sous le règne de François P^ , justement qualifie de restaurateur des lettres et des arts.

Dès qu'il y eut des' peintres dans les villes grecques de l'Europe et dans les villes grecques

éù V'Asie^, on remarqua un« si gvoftde dliîiS^ reoce entre kors ouvrages , que cela fit <ib* Tiser la peinture en deux genres , l^JSeUuidiq^e el \ Asiatique \ c'csl aiiiM ^e P^iw ft€%r plique&Vrir XXT^, cAii/iiilrtf X

Ce fut Ters le commencenrenf du seizième sièc^Ie que Ton distingua ^n Europe différentes écoles de peinture. On les divisa d'abord en école italienne et en école française ; dans la wîte f: leeele italienne fut divisée en plusieurs tkasies j Fécoie française saiie démena saas subdivision»

Le Français se distingue des autres peuples^ par une aisance qui lui est naturelle ^ par \aL grâce et la facilité qu'il naet dans tout ce qu'il entreprend. L'école française n^ajiamMS eu de caractère particulier } elle tient de toutes les autres ; c'est-à-dire , si l'on en excepte la richesse de son ordonnance , Ja sagesse et le brillant de son invention , de sa composition et un certain air de finasse ré^ pandu dans toutes ses productions ^ qui appar- ^nnent à la vivaeité de Fesprit natienal.

^eaft Cousin fut considéré comme le fbndateigr de Fécote française.

Tout y dans les arts^ était encore à faim petur la gloire de la France y lorsque Fran- ^h V^ profita à» disp€»ltion$ nationales, à

la vérité préparée d'années par sm fiféâéce^ seurs y Charles Vm et Louis XII , il mit la dernière main au p^fectionnement des beau:K arts y en appelant auprès de sa personne le plus grand «na^e de Tltalie. Si le eâèl^re Lédnierd de Vinci introduisit en Fraiict la pureté dans Fart de dessiner ; si > par de sa-* tantes leçons , il introduisit dans les écoles , la connaissance du beau y celle de YnnaMmè et r4tude particulière des expressions de YA^tt^ si) enfin , par ses savans .écrits > Léonard pi^ fectionna Tart de peindre dans un stècle où 1(95 principes de cet art élaieAt méconi^us^ que dliômma^s- 11^ dkit^on pas à sajaàéMoirà^ Oh ! combien est grMd lé roi qui , ptôfon»

démmt pénétré du tbt^ mérite de Tartislé , daigne s'^q^uproeher de aèn lit de mort , €t lui tendre ks devoirs d'un aMi^ • • • • Le m le tirai» tait avec «ne dûCuletion particulière > le nômmà sohpfemier peintre , atec ilne pension de sept eenns^éeus ^ la joinssanoe de son château royal ée Gtou% , qui est situé à xm quart ^ lieue d'Amboise. Léonard j fit son lestamj^hl et mourut en i5i8.

So APSRCir RISTORIQUt

Détail du tombeau dé François !•*. (Planctes 261, 262, 263, 264^ 265, .266;, 2G7 / 2G8 , 269 , 270 , 271 , 272 , 273. )

L^architecture dans les mams des hommes les plus célèbres du règne de François I*"^, fut régénérée dans ses plans comme dans ses élévations , et parut en France sous des formes pures et mieux raisonnées. Le roi donna la direction de ses bâtimens à Pierre Lescot ^ qui a construit une partie du vieux Louvre et la fontaine des Innocensr Jean Goujon , son ami, a été chargé de la sciilpture des deux édifices. Après la mort de François I^' ,la construction du Louvre n'ayant pas. été terminée , elle fut reprise sous le règne de Henri IL Cest à cette époque que Ronsard fit imprimer ses poésies ,] qui donnèrent tant d'éclat à sa réputation , et qui suggérèrent à Pierre Lescot , abbé de Clagny (1), architecte du roi y de faire sculpter en bas-celief , par G oujon , une renommée qui embouche la

(t) Pierre Lescot » célèbre architecte , seigneur de Clagny et de ClermoDt , né d^une famille distinguée dans la robe , était cou- •ciller an pirlement et chanoine de Paris \ on l'appelait ordinairement Vahlé de Cl( gny ^ et non pas de Clugnfy comme l'ont imprimé plusieurs auteurs. L'époque de sa naissance est incon« nae : on sait seulement c[a'il mourut à 'Paris , à Tâge de soixantot ^nit ans.

DES ÀATS DU DESSIir.* 3l

trompette, rpgjardant une déesse qui tiei|t d'une main une couronne de laurier et de

l'autre une palme y avec cette inscription sur une table de marbre noir : Virluti régis in" victissimi (t).

Portrait de Philibert de Lorme. ( PI. 261. )

Philibert de Lorme parut ensuite ; cet architecte célèbre se fit admirer par de sa?

vans écrits sur Tirl; du Irait, la coupe des pierres et des charpentes (2) ; par des plans mieux dessinés , des élévations d'un meilleur goût et mieux adaptées à nos mœurs , à nos

(i) Onlîcflans l'cloge de Ronsard, imprime en i68a, que le roi ayant demande' à son arcliitecte ce qu'il entendait par ces figure? \ quMl répondit : que la première représentait Ronsard, et que la seconde c'iait la gloire qui se disposait h poriec^son nom anx bornes de TUnivers, par les vers de ce grand poète, comme par le son dVhe trompette éclatante.

(3) C'est d'après les proce'dvs publics par Philibert de Lorme , sur la coupe* des charpentes, imprimes avec figures, en i5Gd » que MM. Legrand cl Molinos, architectes de la ville , ont con»* tiruit, en 1783, le dôme de la huile neuve de Paris qui'n'etait pas couverte ( /^o/"ea ce que j'ai dit à ce sujet, lom. III, pag. 37 )• Cette, construction consiste à substituer aux formes des charpentes ordinaires , dans les toitures et aux chevrons , des courbes composées de deux planches de bois assemblées en coupe <ie Ibison, entretenues dans leur liaison par des mortaises, dans lesquelles on introduit des liernes percées à distance convenable , «t rcmpliçs par des coins qui serrent les courbes et les empêchent d^ s'iûcliaen

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usages et h notre dimat. €e fat de ïx>ra!k?ê qui fit le fer à cheval de FontainebleaH , et qui conduisit plusieurs magt^ifiques bâtimens dont il donna les dessins^ comme le château de Meudon , de Saint-Mamr-les-Fossés , le palais des Tuileries ; il bâtit aussi , par ordre du roi Henri II , pour Diane de Poitiers , le beau château d'Anet, dont nous avons fait transporter à Paris les principales façades que nous avons élevées et restaurées dans la {M:e- «nière cour du Musée. ( Fbjez les plans et les élévations de ces façades > tome lY ^ pages 44 et suivantes. )

Des critiques sévères ont blâmée dans l'élévation de la grande façade du château d'Anet , les trois ordres d'architecture posés les uns sui^ les autres. Cela n'est pas^ il est vrai , selon les règles de l'art ^ mab il faut observer qu'il s'a* gissait de construire , dans un petit espace, tin château agrçabl^ et convenable , pour y loger le concours de monde qui suivait (ht* dinairement le roi chez sa maîtresse; qu'eu général les rez-de-chaussées ne sont habitableç^ à la campagne y que skc mois de l'année , et qu'il fallait à ce château des étages supérieurs. tl faut donc rendre justice au génie de Philibert de Lônne qui â tout prévu par le plan et l'élévation du château, et admirer, dans

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