FAMILLE DES TENTH RÉDINI ENS
sance sur le premier article. La tète et le thorax de ce curieux insecte sont noirs ; son abdomen est jaune, ses tarses très-pâles.
Les Céphalocères sont des Hylotomes de l’Amérique du Sud, dont les antennes sont composées de sept articles.
Le dernier groupe de la tribu des Tenthrédides est celui des Cimbex , qui comprend les plus beaux et les plus grands insectes de la famille. Ils ont pour caractères des antennes renflées en une forte massue, n’ayant pas plus de huit articles.
Leur corps est épais et trapu; leur tête aussi large que le thorax; leurs yeux sont divisés et leurs mandibules tridentées.
Ces Hyménoptères ont en général un vol lourd et ils produisent en volant un fort bourdonnement. Comme celles des genres précédents, les larves des Cimbex vivent sur les plantes dont elles rongent les feuilles. Elles ont douze paires de pattes et se métamorphosent dans des cocons qu’elles se filent entre'les branches.
On connaît plusieurs espèces de Cimbex dans notre pays ; le type du genre est le Cimbex jaune (Cimbex lutea ), représenté avec sa larve et son cocon dans nos planches XIII et XIV. Sa larve vit sur le hêtre, le bouleau, le saule, dont elle ronge les feuilles; mais, au contraire de la plupart des larves de Tenthrédiniens qui se tiennent à la face inférieure des feuilles, celle de cette espèce préfère le côté supérieur.
Le cocon que se file la larve, pour s’y transformer en nymphe, est solide, d’une texture serrée comme du cuir et de couleur brune. Il est fixé à quelque branche, souvent caché parmi les feuilles; l’insecte partait n’en sort qu’au printemps suivant. Il est jaune, tacheté de violacé brunâtre.
Le Cimbex des bois (Trichiosômâ lucoruin ), dont quelques auteurs font un genre distinct, a le corps de formes plus allongées et couvert
d’un poil court et serré. Cette espèce, figurée dans notre planche XIII, offre, lorsqu’elle vole, l’apparence d’une Abeille. Elle a le corps noir, mais recouvert d’une forte pubescence d’un gris roussâtre ; les pattes sont rousses, avec les cuisses noires. Ce Cimbex est répandu dans toute l’Europe; il est plus commun aux environs de Paris que le Lutea. On le rencontre dans les bois, principalement sur l’aubépine, dont se nourrit la larve.
Le Cimbex humeralis (fig. 23 o, voy. p. 225 ) se trouve dans presque toute l’Europe, mais il est rare aux environs de Paris. Il doit son nom aux taches jaunes placées aux deux angles supérieurs de son corselet.
Les Abia ne diffèrent des Cimbex proprement dits que par leurs antennes, dont la massue est composée de cinq articles. Ils ont les mêmes habitudes.
VAbia fasciata , qui se trouve aux environs de Paris, mais beaucoup plus rarement que dans le Midi, est long de 12 à i 5 millimètres, d’un noir bronzé, avec la partie postérieure du thorax et le premier segment de l’abdomen blancs. Les ailes, diaphanes,^ portent dans leur milieu une tache en forme de bande d’un brun noirâtre.
Les Perga sont des Cimbex de la Nouvelle-Hollande, remarquables par la grande dimension de leur écusson, presque carré et a angles postérieurs aigus.
Fig. 233. — Les Pucerons et leurs Ennemis.
ORDRE DES HÉMIPTÈRES
Le nom cTHp:miptères (demi-ailes) donné à cet ordre, tel qu’il est constitué dans presque tous les auteurs, est défectueux, puisque les caractères qu’il indique : les ailes supérieures coriaces dans leur première moitié , ne peut s’appliquer à une grande partie de l’ordre (les Homoptères ), dont on fait généralement une section à part. Les entomologistes anglais ont élevé cette section au rang d’ordre (Homoptera) et ont conservé le nom d’Hï;MiPTÈRES à la section des Hétéroptères, qui présentent en effet ce caractère des ailes supérieures coriaces dans leur première moitié. Ces deux sections offrent d’ailleurs des caractères communs dans les organes buccaux, composés d’un labre supérieur, d’une lèvre tubuleuse renfermant quatre soies coriaces représentant les mandibules et les mâchoires.
ORDRE DES HÉMIPTÈRES
Pour nous conformer à l’usage établi chez nous, nous conserverons donc l’ordre des Hémiptères divisé en deux sections ou sous-ordres : les Homoptères et les Hétéroptères.
Les Hémiptères ont pour caractères généraux une tête plutôt petite de forme triangulaire, verticale; les yeux saillants, placés aux angles supérieurs; le plus souvent il existe deux ocelles. La bouche, rostre ou suçoir, est, comme nous l’avons indiqué, composée d’un labre et d’un tube renfermant les organes destinés à prendre la nourriture. Ce tube, qui n’est que la lèvre modifiée, est articulé, en général très-robuste et replié en demi-cercle sous la tête dans les espèces qui vivent aux dépens des animaux, grêle et allongé entre les pattes chez celles qui se nourrissent du suc des végétaux. La longueur de ce suçoir est quelquefois si considérable, qu’il dépasse l’extrémité du corps.
Les ailes antérieures des Hémiptères, souvent désignées encore sous le nom d 'élytres, sont toujours d’une certaine consistance à la base; les ailes sont toujours plus ou moins membraneuses et d’une texture assez solide.
Les Hémiptères, parmi lesquels on compte tous les insectes connus sous le nom vulgaire de Punaises, ont des métamorphoses incomplètes : au sortir de l’œuf, ils ressemblent complètement aux adultes, seulement ils sont privés d’ailes. Ils n’en acquièrent des rudiments qu’après plusieurs mues; ils sont considérés alors comme nymphes, et sont développés après un dernier changement de peau. C’est exactement le même mode de développement que chez les Orthoptères.
Les Hémiptères vivent en général du suc des végétaux; cependant il en est un grand nombre parmi eux qui sucent d’autres animaux ou même le sang de l’homme. Quelques espèces sont connues par les dégâts quelles causent à l’agriculture; tels sont les Tingis, les Coccidiens, les Pucerons et d’autres.
On divise l’ordre des Hémiptères en deux sections ou sous-ordres : les Homoptères et les Hétéroptères, et chacune de ces sections comprend quatre familles.
FAMILLE DES COCCIDIENS.