FAMILLE DES F U LG O RI ENS
Le prolongement de la tête est comprimé sur les côtés et recourbé en dessus à partir du milieu de sa longueur.
Dans le genre Hotinus , le front est prolongé en une sorte de tube allongé et les ailes sont réticulées; le Fulgora candelaria , décrit et figuré plus haut, rentre dans ce genre. Nous citerons encore le Hotinus sub-
FIG. 281. — Hotinus suloceïïatus.
ocellatus de Chine (fig. 281). Ses ailes supérieures sont d’un brun pâle, avec un grand nombre de taches ocellées d’un rouge sombre, entou rées de jaune. Les ailes inférieures sont rougeâtres, tachetées de noir. Cet insecte répand une lueur phosphorescente dans l’obscurité. Nous figurons dans notre planche XVI une belle espèce de Ceylan, Hotinus macula tu s.
Dans le genre Pœciloptera , le front est étroit, à bords latéraux relevés; les élytres et les ailes très-larges et opaques, ce qui leur donne 1 aspect
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de Papillons. Nous figurons dans notre planche XVI une belle espèce des Indes et de Java, le Pœciloptera circulata (genre Flata des auteurs) ; ses ailes supérieures sont brunes et blanches, et les inférieures d’un blanc pur.
Le Flata marginella, également des Indes, offre cette particularité que la femelle est floconneuse comme celle des Phœnax, tandis que le mâle a de grandes et larges ailes, sans trace de flocon.
Fig. 282. — Phœnax auricoma.
Dans beaucoup de Fulgorides, l’abdomen offre une sécrétion de poussière blanche cireuse. Chez les Phœnax et les Lystra cette cire blanche sort de l’abdomen en longs filaments. Nous figurons ici le Phœnax auricoma de Mexico (fig. 282).
C est certainement le plus curieux insecte que l’on puisse voir, et on le prendrait plutôt pour le produit de l’imagination de quelque peintre chinois que pour un insecte véritable. La couleur générale de cet Hémi-
FAMILLE DES FULGORIENS.
ptère est le brun pâle; mais il a la tête couverte dune large huppe de couleur d’or, d’où son nom spécifique d 'auricoma. Tout son corps est couvert en dessous d’une sécrétion cotonneuse blanche, comme si son corps était fait d’ouate ; les longs brins qui traînent derrière lui semblent faits de la même matière, tordue entre les doigts.
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FAMILLE DES CICADIENS
La famille des Cicadiens ne renferme, à proprement parler, qu’un seul genre, celui des Cigales ( Cicada ). Quelques auteurs l’ont subdivisé en plusieurs genres, mais leurs caractères différentiels ne sont pas assez importants pour justifier ce démembrement.
Les Cicadiens offrent pour caractères : une tête portant sur son sommet trois ocelles; des antennes très-courtes, terminées par une soie grêle; l’abdomen présentant, chez les mâles, à la base en dessous, deux plaques ou tambours faisant partie des organes de stridulation ; celui des femelles, muni d’une tarière qui leur sert à entamer les tiges de bois mort, pour y déposer leurs œufs; les pattes cylindriques, non conformées pour le saut.
De tout temps on a remarqué et connu les Cigales, car ce sont de tous les insectes les plus bruyants. Dans les pays chauds, où les Cigales sont communes, l’espèce de stridulation qu’elles font entendre est souvent tellement forte et multipliée qu’elle vous rompt la tête. Les anciens Grecs faisaient cependant leurs délices de ce chant étourdissant et monotone, car ils tenaient les Cigales dans de petites cages pour jouir de leur musique, et Anacréon leur a consacré une ode : «Heureuse Cigale, qui, sur les plus hautes branches des arbres, abreuvée d’un peu de rosée, chante comme une reine 1 »
Encore de nos jours les Chinois partagent le goût des Grecs pour le chant des Cigales, et les conservent dans de petites cages de bambou. Les anciens ne partageaient pas tous, cependant, cette admiration pour le chant des Cigales; car Virgile s’écrie dans une de ses bucoliques : «Les Cigales criardes rompent les oreilles des arbustes par leur chant ! » — Quoi qu il en soit de leur musique, les instruments qui la produisent n’en sont pas moins intéressants.
Le mâle seul est pourvu de ces instruments, et chante ; la femelle est
FAMILLE DES CICADIENS.
silencieuse. On voit, en effet, chez ce dernier, à la base de l’abdomen, deux volets écailleux qui recouvrent l’appareil musical. Celui-ci consiste essentiellement en deux cavités où sont deux timbales ou membranes ridées et convexes en dehors, résonnant comme du parchemin sec et munies de sillons. Deux muscles s’y attachent; l’un, très-petit, tend la timbale; l’autre, très-développé, fixé aux parois de l’abdomen, se relie à un tendon qui s’attache au fond de la concavité de la timbale. Par les contractions et relâchements très-rapidement réitérés de ce muscle, la timbale se déprime et reprend brusquement sa forme convexe, en vertu de son élasticité. De là le son qu’on peut produire, comme l’a vu Réaumur, en tirant le tendon avec une pince sur l’animal mort.
Les Cigales habitent les pays chauds et aiment la chaleur; plus le soleil est ardent, plus elles font entendre leurs chants et plus elles volent avec facilité; mais lorsqu’il fait froid ou que le soleil est caché, elles sont promptement engourdies. Elles vivent de la sève des arbres et des arbustes qu’elles percent de leur trompe. Au moment de la ponte, la femelle perce, au moyen de sa tarière, les petites branches de bois mort jusqu’à la moelle, et y introduit ses œufs. Comme le nombre en est assez grand, elle fait plusieurs trous. Ces œufs donnent naissance à des larves, qui, comme celles des autres Hémiptères, ressemblent, aux ailes près, aux insectes parfaits, mais ont les jambes antérieures trèsdéveloppées, presque circulaires. Ces larves vivent en terre aux dépens des racines des arbres, qu’elles piquent comme l’insecte parfait fait des branches. Quand elle a subi sa métamorphose de nymphe et que le moment de sa dernière transformation est arrivé, elle sort de terre, se cramponne au tronc d’un arbre et là sort de son enveloppe et prend son vol.
Si nous examinons l’organisation et les formes des Cicadiens, nous voyons une tête en forme de triangle écrasé ayant au moins autant d’épaisseur que de largeur; des yeux très-saillants placés aux deux angles de la base; entre eux, et sur le sommet de la tête, sont trois ocelles disposés en triangle; les antennes, très-courtes, sont insérées sous un rebord. La bouche est conformée comme celle de tous les
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Hémiptères. Le corselet est antérieurement plus étroit que la tète, puis il s’élargit et se relève; l’abdomen est assez volumineux et se rétrécit postérieurement en cône. Les ailes sont de même consistance partout traversées par de fortes nervures , mais de grandeur très-différente les supérieures étant presque deux fois aussi longues que les inférieures, et dépassant toujours le corps ; aussi ces insectes ont-ils une grande puissance de vol. Dans le repos, ces ailes sont disposées en toit.
Les femelles, avons-nous dit, sont privées de la faculté du chant ; on
FlGr. 283. — Oicada plébeia (voy. page 259).
trouve cependant chez elles les rudiments des opercules ou volets; mais ce qui les distingue surtout, c’est la tarière qui sort du dernier anneau de 1 abdomen; celui-ci est comme fendu en dessous, en forme de gouttière, et c est dans cette gouttière que se replie la tarière au repos, le long du ventre. Cet instrument, qui n’est autre qu’un oviducte, se redresse à la volonté de l’insecte ; il est composé d’une gaine qui se fend par le milieu et renferme la tarière ; celle-ci est à son tour composée de deux pièces latérales garnies de dentelures en forme de râpes, propres à limer le bois; au milieu d’elles est l’oviducte proprement dit, terminé en fer
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de lance allongé; il est également formé de deux pièces, qui s’écartent pour donner passage aux œufs.
Dans les départements du Nord et aux environs de Paris, où l’on ne connaît pas la Cigale, on donne à tort ce nom à la grande sauterelle verte (Locusta viridissima ), bien que ces deux insectes soient tout à fait dissemblables. La Cigale plébéienne ( Cicadaplebeia) [fig. 283 , v. p. 258 ], la plus commune dans le Midi et la plus bruyante de nos espèces indigènes, est longue de 36 à 40 millimètres; elle a 10 centimètres d’envergure. Sa forme générale la ferait ressembler à un énorme Taon. Son corps est noir, avec le bord postérieur du prothorax et les parties inférieures du corps jaunâtres. Les ailes sont parfaitement transparentes, avec les nervures jaunes à la base et noires à l’extrémité.
La Cigale de l’orne ( Cicada ornï) , plus petite que la précédente, se trouve également nombreuse en Provence, surtout dans les bois de pins; elle est d’un noir mélangé de vert, avec les anneaux de l’abdomen bordés de jaunâtre; les nervures des ailes sont également d’un jaunâtre entremêlé de noir.
On trouve encore en France, dans le Midi, la Cigale peinte, la Cigale noire , la Cigale couleur de sang. Cette dernière ( Cicada hœmatodes ), qui a été prise quelquefois à Fontainebleau, près de Paris, est noire avec cinq petites bandes sur le corselet, le bord postérieur des anneaux de l’abdomen, les pattes et les nervures des ailes rouges.
Parmi les espèces étrangères, nous citerons la Cigale tachetée (C. maculata) des Indes. Elle est noire, avec le corselet, les ailes et des taches sur la tête d’un jaune blanchâtre; et la Cigale brûlée ( Cicada a du s ta ), l’une des plus grandes espèces du genre, et que nous figurons dans notre planche XVI réduite de moitié. Cette espèce vient de Java; elle est d’un brun clair, avec les ailes transparentes et irisées ; ces dernières sont parfois tachetées de brun.
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