‹ Musée entomologique illustréChapitre 10 sur 42 · FAMILLE DES B RACH ÉL YT RES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES B RACH ÉL YT RES

dé té avec les Fourmis, qui en prennent le plus grand soin, leur fournissent non-seulement abri et protection, mais encore la nourriture, et une nourriture convenable qu'elles leur donnent de leur propre bouche. Ces soins sont d’ailleurs intéressés, comme ceux qu elles prodiguent aux Pucerons. Le corps des Claviger, et surtout le pinceau de poils qui termine leurs élytres, paraît exsuder, comme les cornes abdominales des Pucerons, un liquide sucré dont les Fourmis sont très-friandes ; ce sont donc, pour ces petits peuples pasteurs, comme un bétail précieux dont iis prennent le plus grand soin.

On trouve en France, et surtout en Allemagne, ub.- Pseia^hmneüei. dans les fourmilières placées sous les pierres, deux espèces de Claviger, le CL testaceus, d’un roux brillant, et le Cl. foveolatiis (fig. 176), d’un brun testacé, remarquable par la fossette large et profonde qui creuse le dessus de l’abdomen.

La tribu des Staphylinides renferme une multitude d’espèces, quelques-unes de moyenne taille, la plupart de fort petite dimension. Leurs élytres très-courts ne couvrent qu’une partie de -l’abdomen; cependant leurs ailes membraneuses sont djune ampleur ordinaire, car le plus grand nombre des Staphylins volent bien; mais comme elles sont, pendant le repos, entièrement cachées sous les

^ Oittvigerfoveolatus,

étuis, elles sont repliées deux fois sur elles-mêmes. Chez tous les représentants de cette tribu les antennes sont assez longues, filiformes ou plutôt moniliformes, un peu renflées vers l’extrémité dans quelques-uns.

Ce sont des insectes agiles, vivant dans des conditions diverses. Les uns, absolument carnassiers, sont chasseurs et ne se nourrissent que de proie vivante; d’autres vivent de matières décomposées et se rencontrent dans les fumiers, les matières excrémentielles, les cadavres; quelquesuns, enfin, vivent dans les fourmilières ou dans les champignons.

Les larves des Staphylins diffèrent peu de l’insecte parfait; on les en

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distingue en ce qu’elles sont complètement privées d’ailes. Agiles, armées de fortes mandibules, les segments recouverts de plaques cornées en dessus, elles rappellent déjà les adultes, non-seulement par les formes, mais aussi par les mœurs. Celles des espèces carnassières sont tellement voraces, qu’on les rencontre souvent gorgées ,de nourriture à ce point que les segments de leur abdomen fortement distendus ne leur laissent plus la possibilité de faire aucun mouvement. Malheur à celle qui, dans cet état, est rencontrée par un de ses semblables à jeun : elle devient inévitablement sa proie.

rio. 177, — StaphyVnus olene. — 178. Staphylinus maxillosus.

La première division renferme une foule de petites espèces, qui ont pour caractère principal les antennes insérées sur le front au bord interne des yeux, Myrmedonia^ vivent dans les fourmilières; leurs antennes sont épais.sies vers l’extrémité. Les Homalota, les Tachyporus, les Boletobiiis habitent les champignons (PI. col. XI, fig. lo à 22).

La deuxième division, caractérisée par les antennes insérées sur le bord antérieur de la tête, comprend les plus grandes espèces de la famille des Brachélytres. Ce sont les Staphylins ^ espèces carnassières et voraces à

1 De myrmex, fourmi, et doneo, je trouble.

FAMILLE DES BRACHÉLYTRES.

tête aussi large ou plus large que le corselet, armée de fortes mandibules en forme de faucilles. Leurs antennes sont filiformes, écartées à la base. Le type de ce groupe est le Staphylin odorant [Staphyliniis olens, fig. 177), insecte tout noir que l’on rencontre communément par les chemins. Éminemment carnassier, vivant uniquement de rapine, il a la hardiesse des êtres accoutumés à la lutte. Lorsqu’on veut le saisir, il s’arrête et prend une attitude menaçante; il ouvre largement ses mandibules acérées et redresse son abdomen, à l’extrémité duquel font saillie deux vésicules blanches qui exhalent une odeur très-pénétrante. Sa larve, également très-carnassière, a la tête et les anneaux thoraciques cuirassés, les pattes longues ; sa démarche et son attitude rappellent d’une façon remarquable celles de l’adulte. Elle guette, le jour, sa proie au passage, à demi enfoncée dans un trou en terre, et sort la nuit pour chasser. Vers la fin de mai, elle s’enfonce en terre et se construit une cellule pour s’y transformer en nymphe. Celle-ci est d’un jaune luisant, avec la tête, les pattes et les ailes repliées en dessous. L’insecte parfait en sort au bout d’une quinzaine de jours.

A ce groupe appartient encore le Staphylin à grandes mâchoires {Sta~ phylinus maxillosiis^ fig. 178), d’un noir brillant, en partie revêtu de bandes cendrées. 11 vit sur les cadavres. Le Staphylin bourdon ( 87 . hirtiis^ hg. 179), le plus grand de tous, est noir, revêtu de longs poils d’un jaune doré, qui lui donnent quelque ressemblance avec un bourdon. Il vit aussi sur les cadavres. Les Qiiedius se plaisent dans le fumier, oèi leurs larves dévorent les asticots ou larves des Diptères. Une espèce, assez rare, aplatie et laissant traîner sa queue comme un lézard, répand une forte odeur musquée; c’est le Velleiiis dilatatus qui habite constamment le nid des Frelons, dont il dévore les larves. Sa solide cuirasse le défend contre le terrible aiguillon de ces insectes.

Les Stenus sont de petits Staphylinides cylindriques qui habitent le

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bord des eaux; leur tète, munie de gros yeux, déborde le corselet. Leur corps, généralement noir ou plombé, est fortement ponctué.

« Mais le caractère le plus singulier de leur organisation est la faculté qu’ont certaines espèces de projeter en avant un long tube ou trompe qui leur sert à saisir leurs aliments (fîg. 182 a). Les Pæderus, dont le corps est allongé et le dernier article de l’abdomen très-petit, vivent au bord des eaux; ils sont de

P^ra. 180 . — Orna- ....

uimirunneum. pctRe taille et Ont des couleurs très-vives. Le Pædère des rivages (P. riparius) a les élytres bleus, le corselet et les premiers articles de l’abdomen rouges. Les Omalium (fig. 180) et les Anthobiiim vivent sur les fleurs. Ils sont de très-petite taille.

F 16 . 181 à 192. — 1, Stilicusfragilîs; c, mandibule; /, palpes maxillaires. — 2, Stenvs limaculaius; a, trompe; b, mandibule; g, palpes maxillaires. — 3, Omalium florale. — 4, Prognatha quaâricornis; d, palpes maxillaires; e, lèvre, — 5, Micrahjmma bi-evipenne.

Nous figurons ici divers types remarquables de Brachélytres, entre

FAMILLE DES NITIDULIDES.

diUtres \q Steniis bimaciilatiis (2), avec sa trompe ou ligule en et le Prognatha qiiadricornis {4), dont la tète est armée de cornes menaçantes. (Voyez aussi les PI. col. XI et XII.)

FAMILLE DES NITIDULIDES

Cette famille, peu nombreuse, comprend des insectes de petite taille, dont les uns vivent sur les fleurs, les autres dans les matières en décomposition. Leur tète, un peu allongée en forme de museau, est en partie enfoncée dans le corselet. Leurs antennes renflées à l’extrémité les faisaient ranger autrefois parmi les Clavicornes; mais ils s’en éloignent par d’autres caractères. Ce sont d’ailleurs des insectes peu intéressants.

Le genre Nitidula (fig. igS), type de la famille, renferme de très-petits Scarabées, de couleur sombre, qui vivent dans les matières animales à moitié desséchées, les vieux os, les vieux cuirs. Les Rhi{ophagiis, au corps étroit et déprimé^ nous offrent de l’intérêt en ce qu’ils font une guerre acharnée aux Bostriches qui sont si nuisibles à nos forêts. Les Trogosita, au corps allongé, très-aplati, sont au contraire regardés comme très-nuisibles. Une espèce, la Trogosita maiiritanica (fig, 194), est longue de 8 à 10 millimètres, d’un brun noir brillant, finement ponctuée. Sa larve vit dans nULULi». les greniers à blés, et on l’accuse, sous le nom de ca-

Me faire des ravages dans les provisions de céréales. Une observation plus attentive démontrerait peut-être que cet insecte ne fréquente ces lieux que pour y rechercher les Teignes et les Charançons qui attaquent nos grains. Ses rapports d’organisation avec les Rhizo-

FIG. 193

Nitsdula œnea.

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phages sont en faveur de cette dernière supposition. Cet insecte est cornmun surtout dans le Midi (PL col. XIII, dg. 27 à 33 , et XIV, fig. i à 17).

FAMILLE DES LAMELLICORNES

Cette famille. Lune des plus nombreuses et des plus intéressantes de l’ordre des Coléoptères, renferme les plus grandes espèces de nos pays. On y distingue plusieurs tribus, qui présentent entre elles de remarquables différences dans les habitudes, dans le régime et dans les formes générales. Néanmoins, ces diverses tribus ont des caractères communs qui en font un des groupes les plus naturels.

Des antennes courtes, insérées dans une cavité sous les bords latéraux de la tète et terminées par une massue composée de plusieurs lamelles (fig. 195’;, fournissent le caractère le plus frappant de ces insectes, d’où le nom de Lamellicornes. Leur menton recouvre la languette et supporte les palpes ; le côté externe des jambes antérieures est toujours denté et leurs tarses composés de cinq articles. Leurs organes buccaux sont généralement faibles, parfois même simplement membraneux. Leur corps est presque toujours épais, leurs formes lourdes et leurs pattes robustes.

Les larves des Lamellicornes sont de gros vers blancs, au corps épais, cylindrique, recourbé en arc, garni de poils épars; leur tète est écailleuse, arrondie^ munie d’antennes très-courtes et de fortes mandibules. Ces larves vivent toujours cachées, soit dans la terre, aux racines des plantes quelles rongent, dans les détritus, soit dans les bois pourris. Elles fuient la lumière et sont en conséquence décolorées et privées d’yeux. Elles sont, en général, très-peu actives, et vivent

FAMILLE DES LAMELLICORNES

très-longtemps sous cet état ; quelques-unes, telles que celles du Hanneton, du Nasicorne et de quelques autres espèces j passent trois et quatre ans sous la forme de larve. Arrivées au terme de leur croissance^ elles se construisent une coque plus ou moins arrondie, faite de terre ou de détritus qu’elles agglutinent avec leur salive.

Le plus grand nombre des Lamellicornes vivent sur les végétaux, dont ils rongent le bois et les feuilles ; quelques-uns, à mâchoires membra-

Fig-, 196. — iMcanus cervm, mâle. — 197, Femelle.

lieuses, se tiennent sur les fleurs, dont ils sucent les parties sucrées; il en est qui se nourrissent de végétaux décomposés, tels que le fumier, le tan, etc.; d’autres enfin, en assez grand nombre, passent leur existence dans les excréments des animaux, dans les bouses des Ruminants principalement, où ils se rendent pour pondre leurs œufs et prendre leur nourriture. Ces espèces coprophages jouent un rôle important au point de vue de la salubrité du sol; en fouillant et en divisant ces matières dégoû-

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tantes, elles en hâtent la dessiccation, et les transforment en un terreau fécond.

La tribu des Lucanides, peu nombreuse, renferme des insectes trèsremarquables par le grand développement que prennent d’habitude les mandibules chez les mâles. Leurs antennes, plus longues que dans les autres tribus, ont le premier article très-développé, et les derniers formant une massue très-lâche, ce qui fait paraître l’antenne plutôt pectinée que lamelleuse.

Le principal genre de la tribu des Lucanes (Lucanus) a pour type un grand et bel insecte, bien connu sous le nom de Cer'f-polant (fig. 196 et 197). Sa taille varie de 35 à 5 o millimètres. La tête des mâles, plus large que le corselet, est armée d’énormes mandibules qui affectent la forme de grandes pinces, de cornes de cerf dont les pointes se rapprocheraient l’une de l’autre,.d’où leur nom vulgaire de Cerfs-volants. Malgré cet appareil effrayant, ces insectes sont fort innocents et se contentent de sucer, au moyen de leurs mâchoires en forme de houppe membraneuse, les liquides qui suintent des arbres ; cependant, si on les saisit sans précaution, ils peuvent pincer la peau jusqu’au sang. Chez la femelle, que l’on nomme vulgairement biche^ la tête est plus petite, et les mandibules sont de grandeur ordinaire, garnies de dents qui les rendent propres à couper les feuilles des arbres. Pendant le jour, les Lucanes se retirent dans quelque trou d’arbre, principalement de chêne, et n’en sortent que le soir. Leur vol est très-lourd, et ils se tiennent dans une position verticale pour ne pas culbuter par le poids de leurs énormes mandibules. La femelle pond ses œufs dans les vieux troncs de chêne pourris. La larve (fig. 198) ressemble beaucoup à celle du Hanneton, à la taille près ; comme celle de ce dernier, elle vit près de quatre ans ; tandis que l’insecte parfait, si robuste, vit à peine pendant quelques semaines et meurt aussitôt après l’accouplement. Quelques auteurs ont cru voir dans cette larve le fameux cossus^ si recherché par les gourmets romains; mais il est plus probable que c’est à la larve du

Fig. 198.

Larve de Lucane.

FAMILLE DES LAMELLICORNES

grand Capricorne [Cerambyx héros) que se rapporte ce qu’en dit Pline. Pour se transformer en nymphe (fig. 199), la larve s’enveloppe d’une coque faite de parcelles de bois agglutinée^, et l’adulte en sort peu de temps après.

Une petite espèce noire, ass®z commune en France, le Dorcus parallelipipedus (fig. 200), n’a que 25 millimètres de longueur; sa tête carrée, aussi large que le corselet, dans les deux sexé^s, porte des mandibules de taille médiocre, un peu plus développées chez les mâles.

Le Platycerus caraboïdes, joli petit lucanide de 10 à 12 millimètres de longueur, d’un bleu d’acier, se rencontre au premier printemps dans les taillis, où il ronge les jeunes pousses.

Les autres tribus de Lamellicornes ont les antennes courtes, terminées par une massue à feuillets beaucoup plus serrés. La première est celle des Coprophages, insectes vivant dans les fumiers,

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