FAMILLE DES RH YNCH OP H ORES
5 à 6 millimètres, dodue, blanche et ridée en travers; sa tète est ronde, écailleuse, d’un jaune brun, armée de fortes mâchoires. Elle s’enfonce dans la terre à quelques centimètres, s’y creuse une petite logette, où elle passe l’hiver dans un état d’engourdissement. Elle se réveille aux premières chaleurs du printemps et se change en chrysalide dans le mois de mai. L’insecte parfait sort de sa chrysalide dans les premiers jours de juin et s’occupe aussitôt de la reproduction de son espèce.
Le Balanine des cerises [Balaninus cerasorum), à élytres rougeâtres avec des bandes transversales grises, vit dans les noyaux du cerisier et du prunellier.
Le genre Orchestes renferme de petits Charançons à corps ovalaire, à rostre long et infléchi. Leurs cuisses postérieures renflées et très-robustes leur donnent la faculté de sauter comme les puces. Ces petits insectes, dont la taille ne dépasse pas 2 à 3 millimètres, vivent sur diverses espèces d’arbres, dont leurs larves rongent les feuilles. Leur couleur est en général le gris ou le roux agrémentés de dessins plus foncés. Tels sont les Orchestes du chêne (O. quercus), de l’aune (O. alni) et du hêtre {O. fagi). [Voy. pl. col. XXXIIL fig. 16 à 18.]
Dans tous les genres de Rhynchophores qui précèdent, le rostre est libre, et même quand il s’infléchit, il n’est pas logé en dessous du prothorax; dans les genres suivants, le rostre peut se renverser complètement, entre les pattes antérieures, dans un sillon destiné à le recevoir.
La tribu des Cryptorhynchides, c’est-à-dire à rostre pouvant se cacher, comprend de nombreux genres dont la plupart sont étrangers à l’Europe. Parmi ceux indigènes, nous citerons le genre Cryptorhynchiis., type du groupe, dont une espèce, très-commune dans nos pays, le Cryptorhynque du lapathe {Cryptorhynchus lapathï)^ long de 6 millimètres, est noir avec une grande tache grise sur le tiers postérieur des élytres et une bande de même couleur après la base. Cet insecte occasionne de grands dégâts sur les saules, autant à l’état de larve qu’à celui d’insecte parfait. La larve creuse dans les troncs des trous profonds.
Les Ceutorhynchus, dont le nom a la même signification que les précé-
FIG. 279
Noyau de Cerise percé parle Balanimis.
LE MONDE DES SCARABEES
dents, sont convexes en dessus, à rostre cylindrique; assez gros, aussi long que la tête et le corselet; les élytres sont assez courts et laissent à découvert le pygidium. Ces Charançons vivent aux dépens de diverses plantes, principalement des Crucifères, des Borraginées et des Carduacées, sur lesquelles ils produisent parfois des galles où se développent leurs larves.
Le Ceutorhynque à cou sillonné (C. siilcicollis) [hg. 280], long de 3 millimètres seulement, est noir, couvert
Ge.utorhynchus suîcicollis. ^
en dessus d’une pubescence d’un gris jaunâtre; la tête et le corselet sont ponctués; ce dernier est en outre marqué dans son milieu d’un sillon longitudinal; les élytres ont dix stries chacun ; les cuisses sont renflées.
FIG. 281. — Racine de Colza piquée par le Ceutorhynque.
Dans le courant du mois de juillet, la femelle de ce petit Charançon descend de la plante sur laquelle elle vit (Crucifère), se glisse entre la terre et le haut de la racine, pique celle-ci avec son rostre et y introduit un œuf; elle descend alors le long de la racine, qu’elle pique de distance en distance pour y déposer ses œufs. De chacun de ceux-ci sort une petite larve qui ronge autour d’elle et provoque un afflux de sève autour du point blessé, ce qui engendre une excroissance ou galle (fig. 281), dans laquelle vit la larve jusqu’à son entier développement. Lorsqu’elle n’a plus besoin de manger, elle perce sa cellule et s’enfonce dans la terre, où elle se construit une coque au moyen de parcelles de terre quelle agglutine ensemble. Elle y passe l’hiver et le printemps, se change en nymphe au mois de juin et en insecte parfait en juillet.
La tribu des Calandrides se distingue à son rostre cylindrique, un peu épais, moins long que la tête et le corselet réunis, portant des antennes de neuf articles, dont les deux derniers seulement forment la massue. Ce groupe
renferme un grand nombre d’espèces, la plupart des pays chauds, dont
quelques-unes très-remarquables par leur grande taille et leurs habitudes.
FAMILLE DES RHYNGHOPHORES.
Toutes vivent aux dépens des végétaux, et il en est de fort nuisibles. Le genre Rhynchophorus, qui n’a pas de représentant en Europe, renferme des espèces gigantesques; tel est le Rhynchophore héros^ qui, du bout du bec à l’extrémité de l’abdomen, mesure plus de 8 centimètres. Le Charançon du palmier, dont, en Amérique, on mange la larve sous le nom de Ver palmiste, appartient à ce genre.
Le genre Calandra proprement dit comprend de petites espèces, la plupart propres à l’Europe, et dont quelques-unes sont tristement célèbres par les dégâts qu’elles produisent. La plus nuisible de toutes est la Calandre ' ou Charançon du blé [Calandra granaria) [fig. 282], «
connue depuis la plus haute antiquité par les ravages ^ig. n'2.-aaiandm granaria.
^ ^ a, Grandeur naturelle.
qu’elle cause dans les approvisionnements de céréales. La Calandre du blé est seulement longue de 3 millimètres; sa forme est allongée, sa couleur d’un brun noir; le corselet est de la longueur des élytres, fortement ponctué; les élytres ont des stries finement ponctuées; les pattes sont courtes et fortes.
On rencontre ce petit Charançon dans les greniers, les granges et les magasins, où il se multiplie parfois en nombre prodigieux. C’est au blé seul qu’il s’attaque. Vers les premiers jours de mai, la femelle entre dans un tas de blé, y pénètre à quelques centimètres de profondeur, puis choisit un grain pour y déposer un œuf. Elle y fait un petit trou avec ses mandibules, ordinairement dans le sillon, où la peau est plus tendre, puis y introduit un œuf. Elle passe ensuite à un
autre grain, sur lequel elle exécute la ^ ~ '
même opération, et continue ainsi jusqu’à ce quelle ait achevé sa ponte, ne déposant jamais qu’un seul œuf dans chaque grain.
Au bout de quelques jotirs l’œuf éclot, et , . , r.,
^ ^ / " Larve de la Calandre dans iin grain de blé.
il en sort un petit ver qui ronge la farine
située à sa portée (fig. 283). Il vit ainsi tranquille et rongeant sa maison jusqu’à son entier développement, c’est-à-dire pendant environ un mois; ce qu’il y a de plus singulier, c’est qu’il n’altère en aucune façon la cou-
Larve de la Calandre dans un grain de blé.
LE MONDE DES SCARABEES
leur et la forme du grain, et l’on ne peut distinguer à la vue le grain habité de celui qui ne l’est pas, car le Charançon a eu soin de reboucher à l’extérieur le trou qu’il avait fait pour introduire son œuf. Seulement ce grain évidé est plus léger que les autres, et si on le jette dans l’eau il surnage, tandis que le blé sain va au fond.
Parvenu à toute sa croissance, ce petit ver rongeur se change en nymphe dans son habitation, et, au bout de quelques jours, il prend la forme d’insecte parfait, perce sa prison et se met en liberté. Appelé dès lors à une vie nouvelle, il ne songe plus qu’à se reproduire, et la femelle va bientôt pondre de nouveau dans les tas de blé. Les générations se succèdent ainsi pendant tout l’été et l’automne, sans interruption, jusqu’à ce que le froid l’oblige à chercher un abri dans quelque trou de mur, dans quelque fente de bois, où il s’engourdit jusqu’au retour du printemps. 11 recommence alors ses ravages. La fécondité de ces insectes est effrayante et l’on a calculé qu’un seul couple de Charançons du blé peut donner naissance à plus de 6000 descendants dans une année.
On a proposé une foule de moyens contre les Calandres; mais la plupart sont inefficaces. Les meilleurs nous paraissent les suivants : conserver le grain dans des silos dont la température soit inférieure à 10 degrés, les Charançons ne pouvant se reproduire à une température plus basse, et avoir soin de faire remuer souvent le grain, ce qui les incommode et les fait fuir. Lorsqu’on emploie ce procédé, il convient de laisser dans un coin un petit tas de blé que l’on sacrifie et que l’on ne remue pas; les insectes, troublés ailleurs, s’y rendront pour pondre; et lorsqu’ils y seront réunis en grand nombre, on les tuera en y versant de l’eau bouillante. Malheureusement, toutes ces précautions sont souvent insuffisantes, et ces animaux si petits, si chétifs en apparence, sont plus redoutables à l’homme et lui résistent plus énergiquement que les animaux les plus robustes et les plus féroces.
La Calandre du riz [Calandra ory^œ)^ brune, avec quatre taches rougeâtres sur les élytres, attaque le riz et commet de même des dégâts considérables dans les grands approvisionnements de riz.
FAMILLE DES LONGIGORNES.
FAMILLE DES LONGIGORNES
La famille des Longicornes est une des plus belles et des plus importantes de Tordre des Coléoptères, tant sous le rapport de la grande dimension de la plupart d’entre eux, que sous celui de leurs formes élégantes et variées et de leurs couleurs parfois très-belles.
Presque tous les insectes de cette famille ont des antennes d’une longueur extrême, ce qui les fait reconnaître au premier aspect et leur avait fait donner anciennement le nom de Capricornes, tiré de la comparaison des antennes avec les cornes des chèvres. Ces antennes sont toujours un peu plus courtes dans les femelles que dans les mâles. Leurs caractères principaux sont: corps généralement allongé; antennes de onze articles, le plus souvent filiformes ou sétacées; yeux habituellement réniformes, entourant la base des antennes; mâchoires très-dures, tranchantes, propres à ronger les substances végétales; pattes le plus souvent allongées, grêles, à tarses de quatre articles [tétramères), garnis en dessous de brosses qui leur permettent de grimper facilement le long des troncs d’arbres ou de marcher sur les feuilles.
Tous les Longicornes sont phytophages et rongent les feuilles des arbres; ils fréquentent les fleurs, les arbres cariés. A l’état de larves, ce sont toujours de gros vers allongés, blanchâtres ou jaunâtres, à tête cornée, armée de fortes mandibules. Toutes vivent dans le tronc, dans les branches des arbres ou dans les tiges de plantes herbacées, où elles restent cachées. Elles se nourrissent de la substance du bois, dans lequel elles se creusent des galeries au moyen de leurs puissantes mâchoires. Privées de pattes, elles rampent dans ces étroits conduits, où elles ne se donnent, d’ailleurs, guère de mouvement. Lorsqu’elles ont atteint tout leur développement, elles se construisent, avec des parcelles de bois quelles agglutinent au moyen de leur salive, une coque ovalaire dans laquelle elles se transforment en nymphes.
LE MONDE DES SCARABÉES
La première tribu de la famille des Longicornes, celle des Spond ylides, ne comprend qu’un seul genre européen, Spondylis, remarquable par ses tarses de cinq articles bien distincts et cylindriques et ses antennes courtes. Une seule espèce européenne rentre dans ce genre, c’est le Spondyle buprestoïde [Spondylis huprestoïdes), au corps cylindrique, noir, très-ponctué, long de i6 à 20 millimètres. Il vit dans les souches des pins et des sapins, restant immobile le jour et ne volant que le soir. Sa larve occasionne quelques dégâts.
La seconde tribu, celle des P Rio ni des, renferme de grands insectes de formes robustes et élargies; leur corselet est le plus souvent épineux latéralement; ils ont pour caractère un labre très-petit et peu distinct et quatre articles seulement à tous les tarses. Ce groupe renferme un grand nombre d’espèces, dont quelques-unes, étrangères à l’Europe et propres aux contrées tropicales, surpassent en grandeur et en beauté tous les autres Coléoptères.
Les Prionides de nos pays pâlissent à côté de ces géants du monde des insectes; cependant le Prione chagriné {Priomis coriarius), type du genre Prionns, est encore un assez bel insecte. Il est long de 3 o à 35 millimètres, couleur d’acajou foncé, avec les élytres rugueusement ponctués. Leur corselet présente de chaque côté trois larges épines, et leurs antennes, très-dilatées et composées de douze articles chez les mâles, sont grêles et n’ont que onze articles dans les femelles. Ces insectes sont assez communs sur les chênes et les bouleaux cariés. La femelle dépose ses œufs dans les fentes et les gerçures de ces arbres. La larve qui en sort acquiert 5 centimètres de longueur; elle est d’un jaune sale et présente treize anneaux bien marqués et renflés, avec une tête écailleuse armée de robustes mâchoires. Elle reste trois ans en cet état, et se construit au bout de ce temps, en terre, une coque soigneusement polie au dedans. Cette larve perce le tronc des vieux chênes de trous profonds.
Dans le genre Ergates, représenté chez nous par une belle espèce, XErgates fàber, le corselet est finement crénelé d’épines sur le côté. Il atteint 40 millimètres, est couleur d’acajou, densément ponctué, et vit dans les souches de pins du midi de la France.
FAMILLE DES LONGICORNES
La tribu des Cérambycides est celle des Longicornes ou Capricornes par excellence, c’est-à-dire ceux de tous les Coléoptères dont les antennes ont le plus de longueur. Leur taille svelte et élancée, leurs longues pattes effilées leur donnent beaucoup d’élégance. Oncles distingue, en outre, à leur labre très-distinct, occupant toute la largeur de la tête, à la position horizontale de celle-ci, et au dernier article de leurs palpes, plus ou moins élargi.
Le Capricorne héros [Cerambyx héros) est le type du groupe.
Tout le monde connaît ce bel insecte, commun sur les vieux chênes, qu’il crible de trous.
Long de 5 centimètres et plus, d’un brun noir assez brillant, avec les élytres plus rougeâtres et chagrinés; son corselet est fortement ridé en travers; ses antennes, dont les trois ou quatre premiers articles sont noduleux, dépassent de beaucoup, chez les mâles, la longueur du corps; elles sont plus courtes chez les femelles. Le jeune entomologiste ressent toujours une Fig. 284. — Cerambyx héros, mâle,
vive émotion lorsqu’il voit pour
la première fois ce Coléoptère élégant, grimpant le long d’un tronc séculaire, en inclinant et relevant tour à tour son corselet et en agitant ses longues antennes. C’est surtout le soir qu’il sort de son trou. Lorsqu’on saisit cet insecte, il fait entendre comme une plainte, un murmure monotone; ce bruit est produit par le froissement de son corselet contre sa poitrine; presque tous les Longicornes produisent ce son.
La femelle du Capricorne héros, avons-nous dit, a des antennes beaucoup plus courtes que le mâle; elles atteignent à peine chez elle la Ion-
LE MONDE DES SCARABÉES
gueur du corps. Vers la fin de juillet, elle dépose ses œufs dans les crevasses de l’écorce des vieux chênes; les larves qui en sortent s’enfoncent dans le bois en y creusant des galeries sinueuses. Cette larve est molle,
Fig. 285. — Ceranibyx héros, femelle. — 286. Nymphe du üeramhyx.
allongée, blanchâtre; son corps est presque quadrilatère. La tête est comme enchâssée dans un prothorax très-développé, et les segments portent en dessus des plaques rugueuses, et en dessous de forts mamelons
Fig. 287. — Larve du Cerambyx héros.
rétractiles (fig. 287). Cette larve, qui met plus de deux ans à atteindre son entier développement, change plusieurs fois de peau; puis elle se construit une coque au moyen de petits fragments de bois agglutinés
FAMILLE DES LONGICORNES
ensemble, et s’y transforme en nymphe (fig. 286). L’insecte parfait sort de sa retraite dans la dernière quinzaine de juin.
La larve du Cerambyx héros cause des dégâts souvent considérables dans certaines forêts et met hors d’usage le bois des plus beaux chênes en les perforant. Elle attaque aussi les bois en grume déposés sur le sol et les mine en tous sens.
Le Cerambyx cerdo, très-voisin du précédent, mais dont la taille est de moitié moindre, vit dans les troncs des pommiers, des poiriers et des cerisiers.
Les espèces du genre Ptirpiiricenus se reconnaissent à leurs élytres rouges- leurs formes sont plus épaisses et moins élégantes. Le Purpuricin de Kœhler (Purpuriceniis Kœhleri)^ de 16 à 20 millimètres de longueur, est d’un noir mat avec les élytres d’un beau rouge. Il vit sur divers arbres fruitiers.
Le genre Rosalia n’a qu’une espèce, la Rosalie des Alpes {Rosalia alpina) [hg. 288]; mais c’est certainement le plus joli et le plus gracieux
Fio. 288.' — Bosalia alpina.
Coléoptère de nos contrées européennes. H a de 35 à 40 millimètres de longueur et joint à l’élégance des formes des couleurs charmantes. Le fond, d’un bleu tendre, est relevé de taches d’un beau noir velouté, et chacun des articles de ses longues antennes, à partir du cinquième, est garni d’une houppe de poils noirs. C’est dans les plus hautes montagnes
LE MONDE DES SCARABÉES
de l’Europe que l’on trouve cet insecte, dans les Alpes, les Pyrénées. Sa larve vit dans le hêtre et le sapin.
Les Callichroma (belle couleur) ont de grandes antennes filiformes, des cuisses renflées, les jambes postérieures comprimées. Leurs formes élégantes et leur couleur d’un beau vert métallique les recommandent à l’attention. Nous en possédons une espèce assez commune sur les saules au bord des eaux, le Callichrome musqué {Callichroma moschatum), d’un beau vert brillant à reflets bleuâtres. Lorsqu’on le regarde à la loupe, il paraît comme parsemé de poudre d’or. Ce bel insecte charme non-seulement les yeux, mais encore l’odorat, car il exhale une délicieuse odeur
de rose J qui acquiert plus de force à l’époque de la reproduction. Les boîtes dans lesquelles on les enferme conservent cette odeur pendant très-longtemps.
Les Clytus sont de petits Longicornes, à antennes plus courtes que le corps, à corselet globuleux sans tubercules latéraux; leur forme est allongée, un peu cylindrique. Ces insectes, répandus dans les forêts et les bois, sont généralement remarquables par l’élégance de leur parure; les uns, sur un fond noir d’ébène, portent des points ou des bandes jaunes; les autres, sur leurs élytres de couleur jaune, ont des taches, des bandes ou des lignes flexueuses d’un noir de jais. Le Clyte arqué {Clytus arcuatus), long de lo à i 5 millimètres, est noir avec des points et des bandes arquées jaunes sur le corselet et les élytres (fig. 289); on le trouve assez communément sur les arbres récemment abattus. Le Clytus à quatre points {Clytus quadripunctatus), que l’on voit fréquemment sur les fleurs, surtout sur celles des Ombellifères, est d’un jaune olivâtre avec trois ou quatre points noirs sur chaque élytre.
Les Callidium ont le corps déprimé, un peu élargi; des antennes aussi longues que le corps, les cuisses renflées en massue. L’une des espèces les plus communes, le Callidium sanguineum, long de 10 millimètres, est en
FAMILLE DES LONGICORNES
dessus d’un beau rouge vermillon velouté. On le rencontre au printemps partout, jusque dans les maisons, sortant des bûches de chêne où il a subi ses transformations. Le Callidium violaceum, un peu plus grand, est d’un beau bleu violacé. 11 vit dans les montagnes, sur les sapins. Ce genre est très-riche en espèces, dont quelques-unes brillent des plus éclatantes couleurs.
Un genre singulier est celui des Molorchus, insectes de forme trèsallongée, et dont les élytres, réduits à l’état d’écailles comme ceux des Staphylins, couvrent à peine le quart de l’abdomen et laissent les ailes membraneuses à découvert. Le Molorchiis major, long de 28 à 35 millimètres, a le corselet noir encadré d’un duvet doré et les élytres ferrugineux; ses ailes sont noires vers leur extrémité. On rencontre ce curieux insecte, surtout le soir, sur le peuplier et l’orme, dans le tronc desquels vit sa larve. Une espèce beaucoup plus petite, le Molorchus um~ bellatarum, long de 7 à 8 millimètres, vit sur les fleurs des Ombellifères.
La tribu des Lamiides se distingue des précédentes par les caractères suivants: tête courte, perpendiculaire, aplatie en avant, sans col; palpes à dernier article ovoïde, pointu; jambes antérieures ayant un sillon oblique vers l’extrémité. Cette tribu, très-riche en belles et grandes espèces dans les régions tropicales, n’est représentée en Europe que par un petit nombre de genres, dont quelques-uns cependant sont encore assez remarquables, bien qu’ils soient loin d’atteindre à la grande taille et au riche coloris de leurs congénères des pays chauds. Parmi les plus grandes espèces européennes sont les Lamies proprement dites. La Lamie tisserand {Lamia textor), longue de 20 à 3 o millimètres, est d’un brun noir presque mat, à pubescence grise assez serrée; ses élytres chagrinés sont parsemés de quelques taches fauves. Cette espèce n’est pas rare; on la trouve sur les saules, dans le tronc desquels vit sa larve.
Le genre Monohammus, voisin des Lamies, renferme de grands Longicornes d’un brun brillant, à reflets bronzés, tachetés de gris ou de roussâtre; leurs pattes antérieures sont plus grandes que les autres chez les mâles. Le Monohammus sutor, long de 27 à 3 o millimètres, d’un brun
LE MONDE DES SCARABÉES
bronzé en dessus, avec les élytres marqués de taches d’un duvet jaunâtre, se trouve dans les Alpes et le Jura.
Les Morimus diffèrent des précédents par leurs élytres soudés et leurs ailes rudimentaires; leur forme est plus épaisse, leurs antennes sont trèslongues. Ce sont des insectes nocturnes, de couleurs tristes et sombres; leurs téguments très-épais sont d’une dureté extrême. Le Morime lugubre [Morimus liigubris), long de 25 à 3 o millimètres, noir, à élytres chagrinés, vit sur le peuplier et le saule. Le Morimus fîmes tus, un peu plus petit, portant sur les élytres quatre taches d’un noir velouté, vit sur le figuier et le cyprès.
Les Dorcadion ont en petit le faciès des Morimus, mais leurs antennes sont courtes. On les trouve à terre, où ils marchent lentement; lorsqu’on les saisit, ils font entendre, comme presque tous les Longicornes, un bruit aigu qu’ils produisent en frottant leur corselet contre l’écusson. Une espèce J le Dorcadion fuliginator, noir, avec les élytres blanchâtres, est excessivement commun en France. Au printemps on ne peut faire un pas sur les routes sans en écraser quelques-uns.
Le genre Astynomus^ au corps allongé et déprimé, aux antennes trèslongues , aux mandibules courtes et épaisses, a pour type l’Astynome édile [Astynomus œdilis)^ assez commun dans les forêts de pins des montagnes du nord de l’Europe. Ce joli Capricorne est long de i 6 à 20 millimètres; il est d’un gris cendré avec des nébulosités plus foncées et quatre tubercules jaunes sur le corselet ; mais ce qu’il offre de plus remarquable, au moins chez le mâle, c’est le développement extraordinaire de ses antennes, qui atteignent trois et quatre fois la longueur du corps (fig. 290-3). La larve vit dans le tronc des pins et des sapins et cause souvent de grands dégâts sur les arbres de cette espèce. Cet insecte se trouve fréquemment dans l’intérieur des maisons, dans le Nord, parce que sa larve continue de croître et de se développer dans les poutres et les solives de sapin qui servent à construire les habitations dans ces contrées. C’est pour cela, sans doute, que Fabricius lui a donné le nom à'Ædilis, qui était celui du magistrat chargé chez les Romains de l’inspection des bâtiments.
FAMILLE DES LONGICORNES
Le genre Pogonocherus renferme de petits Longicornes à antennes barbues, comme l’indique leur nom tiré du grec; leurs palpes sont trèscourts et leur corselet est armé latéralement d’une courte épine.
Le Pogonochère velu [Pogonocherus pilosus) [fig. 290-4] est long de 5 à 6 millimètres, brun, couvert d’une pubescence fauve; ses élytres, tronqués à l’extrémité, se terminent à l’angle extérieur en une assez forte
Fig, 290 à 294, — 1, Qracilia pygmœa; 2, Strangalia amiata; 3, A^iynomm œdilis; 4, Fogonocherus pilosus ; 5, Hhaghim inguisitor.
épine; ils sont de couleur testacée, tachés de noir, avec une bande oblique blanchâtre à la partie antérieure; en avant, sur la nervure intermédiaire , est une touffe de poils noirs soyeux, et en arrière deux faisceaux moins relevés.
Nous figurons ici YAstynomiis œdilis (fig. 3 ) et le Pogonocherus pilosus
LE MONDE DES SCARABEES
(fig. 4). Quant aux Graciliapygmœa (fîg. 1), Strangalia armata (fig. 2) et Rhagium inqiiisitor (fig. 5 ), ils appartiennent à la tribu des Lepturides, dont nous parlons un peu plus loin. Nous avons encore à citer ici queb ques genres importants de la tribu des Lamiides.
Le genre Agapanthia comprend de petits Longicornes au corps allongé, assez gracieux de formes, à antennes sétacées, composées de douze articles dans les deux sexes. La plus grande du genre, parmi nos espèces européennes, est l’Agapanthe de l’Asphodèle [Agapanthia asphodeli)^ de i 5 à 20 millimètres de longueur, d’un vert olivâtre, avec deux larges bandes noires sur le corselet. La larve de cette espèce vit dans le Midi, à l’intérieur des tiges des chardons et des asphodèles. L’Agapanthe grêle [Agapanthia gracilis)^ connue des agriculteurs sous le nom d'aigiiillonnier, est un fort joli petit Capricorne, mais malheureusement très-nuisible à nos récoltes. Il est long de 8 à 10 millimètres, à antennes très-grêles et très-longues j sa couleur est brun noir, mais il est revêtu d’une pubescence d’un cendré jaune qui le fait paraître verdâtre. La femelle dépose ses œufs sur la tige du blé, près de la base de l’épi; la larve qui en sort ronge le chaume près de l’épi, en ne laissant intact que l’épiderme; de sorte qu’à l’époque où ces blés commencent à jaunir, les épis tombent au moindre mouvement. La larve descend ensuite dans le tuyau du chaume en rongeant son intérieur pour se nourrir, et elle s’y loge, pour passer l’hiver, à 4 ou 5 centimètres au plus au-dessus du sol. Or, comme on coupe les blés à 25 centimètres habituellement, il en résulte que la larve passe tranquillement l’hiver dans les chaumes, y subit ses transformations et en sort au printemps suivant à l’état d’insecte parfait, qui s’occupe aussitôt de la reproduction de son espèce. La femelle se rend sur les blés alors en fleurs pour y pondre ses œufs. Elle ne dépose qu’un seul œuf sur chaque tige ; mais comme elle pond plus de deux cents œufs dans la saison, il en résulte qu’une seule femelle détruit environ 200 tiges de blé. On voit, à l’approche' de la maturité, les épis tomber au moindre vent; les tiges décapitées restent droites parmi les épis mûrs et courbés par leur poids. On donne à ces tiges le nom ô!aiguillons, et à l’insecte le nom d’aiguillonnier. La perte occasionnée par ces insectes est, dans cer-
FAMILLE DES LONGICORNES
taines années, très-considérable. L’on a remarqué que les blés semés tardivement n’étaient pas attaqués.
Les Saperda, très-voisines des Agapanthia, n’ont que onze articles aux antennes; le corselet cylindroïde, moins long que large; leurs yeux sont souvent séparés en deux par les antennes. Ce sont de jolis Longicornes de grandeur moyenne^ souvent parés de couleurs gaies. Telles sont la Saperde ponctuée [Saperda punctata ), d’un bleu tendre, avec six points noirs sur le corselet et autant de taches sur chaque élytre; la Saperde violacée {Saperda violacea), d’un beau bleu violacé. La première se trouve sur les ormes, et la seconde, sur la valériane. La plus grande espèce du genre, la Saperde Requin [Saperda carcharias)^ longue de 22 à 25 millimètres — la femelle en a souvent plus, — est couverte d’une villosité serrée d’un jaune un peu roux; ses élytres sont fortement ponctués l’iG. 295 . — Saperda car char ias.
et comme chagrinés (fig. 295). Cette espèce vit
sur le peuplier et y cause souvent de graves dégâts. Sa larve, d’un blanc jaunâtre, est apode et épaisse; la nymphe est aussi d’un blanc jaunâtre. L’insecte parfait éclot en juin ou en juillet et dépose ses œufs dans les gerçures de l’écorce des peupliers. Les larves entrent, en rongeant, à une assez grande profondeur dans le bois, le percent généralement jusqu’au cœur. Là elles se changent en nymphes après le deuxième hiver seulement. Cet insecte attaque les semis dès la cinquième ou la sixième année et leur cause ainsi de graves dommages.
Une autre Saperde, la Saperda scalaris (fig. 296), longue d’environ i 5 millimètres, couverte d’une pubes-
Saperda scalaris.
cence d’un jaune verdâtre agrémentée de dessins noirs, vit à l’état de larve dans le cerisier et le sycomore, qu’elle perce de trous. Cette larve (fig. 297) est blanchâtre, quadrilatère, diminuant de grosseur de la tête à l’extrémité; la tête est très-forte, cornée et armée de
LE MONDE D^:S SCARABÉES
Fig. 297.
Larve de la Saperda sccdaris.
solides mâchoires; les anneaux du corps sont très-renflés et ont l’apparence de nœuds. Les segments du corselet portent en dessous six petites pattes en forme de mamelons.
Les Gracilia sont de petits Longicornes à corselet cylindrique, à cuisses renflées. Le Graciliapygmœa^ représenté fig. 290-1, est long de 4 à 5 millimètres, d’un brun rougeâtre. Il vit sur les fleurs.
La tribu des Lepturides, la dernière de la famille des Longicornes, renferme des insectes de taille moyenne ou petite, de couleurs généralement peu brillantes. Ils ont pour caractères principaux: la tête saillante, rétrécie à la base en un col plus ou moins marqué; labre grand; antennes insérées en avant des yeux.
Le genre Rhagium se distingue par des téguments très-solides, une tête grosse portant des antennes courtes et robustes, un corselet fortement épineux sur les côtés. Ce sont des insectes de taille moyenne, revêtus de teintes nébuleuses, qui habitent sur les troncs des arbres ou sur les bois coupés, surtout sur les pins et les sapins, aux dépens desquels vivent leurs larves. Le Rhagium inquisitor (fig. 290-5), long de i 5 à 18 millimètres, est noir, couvert d’une pubescence jaune fauve formant de nombreuses taches sur les élytres, qui portent en outre, de chaque côté vers le milieu, une tache noire. Il vit dans les montagnes sur les pins et les sapins. Le Rhagium mordax, voisin du précédent, est plus grand et porte sur les élytres, en place des deux taches noires qui manquent, deux bandes transversales rousses. Cette espèce, assez commune, vit sur les chênes.
Le genre Leptura, autrefois très-nombreux, a été subdivisé en plusieurs groupes, basés sur des caractères peu importants. Leurs caractères communs sont : une tête brusquement rétrécie derrière les yeux et séparée du corselet par une sorte de cou; le corselet tuberculeux; les élytres diminuant de largeur vers l’extrémité, où ils sont généralement tronqués ou échancrés.
La Lepture hastée [Leptura hastata)^ longue de i 5 millimètres, est noire, avec les élytres d’un beau rouge et une tache noire sur la suture,
FAMILLE DES MÉLASOMES
en forme de fer de lance renversé. La Lepture tomenteuse (Leptiira tomentosa)^ de lo à 12 millimètres, est noire, pubescente, à élytres jaunes avec l’extrémité noire. Ces insectes vivent sur les fleurs; la dernière surtout est très-commune.
Les Strangalia se distinguent des Leptura proprement dites par leur corselet à angles postérieurs prolongés en pointe épineuse. La Strangalia arniata est représentée fig. 290-2. Elle est noire, à élytres jaunes tachés de noir. La Strangalie éperonnée (Strangalia calcarata)^ longue de i 5 à 18 millimètres, est noire, à élytres jaunes, marqués de bandes et de taches noires.
Les Grammoptera, qui ferment la marche dans cette longue procession de Scarabées longicornes, sont de petits Lepturides à tête brève, à col court et étranglé brusquement. Le Grammoptère pâle [Gr. liirida), long de 10 millimètres, est noir, avec les élytres d’un testacé livide. 11 vit sur les fleurs. (Voyez les Planches coloriées XXXV à XLL)
FAMILLE DES MÉLASOMES'
Triste famille, presque toujours vêtue de noir et dont les habitudes semblent en rapport avec l’aspect lugubre. C’est en effet dans les lieux arides et sablonneux, les ruines, les déserts et souvent même dans les lieux les plus sombres, tels que les caveaux, les celliers, que se rencontrent les insectes mélasomes. L’Afrique, le centre de l’Asie, l’ouest de l’Amérique, où s’étendent de vastes déserts sablonneux, sont les pays où ils abondent le plus; l’Europe, qui n’a ni de grands déserts ni la chaleur torride, n’en possède qu’un petit nombre, principalement répandus dans les régions sablonneuses du littoral de la Méditerranée.
Ces insectes funèbres ont des téguments excessivement durs, généra-
^ Du grec mêlas, noir, et soma, corps, en raison de leurs couleurs généralement sombres.,
LE MONDE DES SCARABÉES
lement dun noir mat; la tête enfoncée dans le thorax, portant des antennes de moyenne grandeur, à articles grenus ou moniliformes, et des mandibules courtes à pointe bifide. Leurs yeux sont oblongs et peu saillants , et leurs tarses, de cinq articles aux pattes antérieures et intermédiaires, n’en ont que quatre aux pattes postérieures {Hétéromères).
Leur nourriture la plus ordinaire paraît consister en détritus végétaux ou animaux, en matières décomposées; mais il en est que leur goût porte sur les cadavres ou même dans les excréments. Sous leur première forme, celle de larve, les Mélasomes sont allongés, presque cylindriques, ayant tous les anneaux du corps presque entièrement revêtus de plaques de consistance coriace, le dernier portant deux crochets courbes et en dessous 4 gux mamelons servant à la marche. Ils ont de petites antennes formées de quatre articles, des mandibules fortes, des pattes courtes terminées par un petit crochet. Les femelles pondent en général leurs œufs dans l’intérieur des bois en décomposition, et c’est là que naissent et se développent les larves, qui mettent au moins une année, avant de parvenir à leur état de nymphes. Ces dernières passent un temps assez court sous cet état et se transforment bientôt en insectes parfaits. Quelques-uns de ces insectes nous sont très-nuisibles à l’état de larve; il nous suffira pour le moment de citer celle du Ténébrion.
Les Mélasomes sont partagés en trois tribus : les Pimélides, les Blapsides et les Ténébrionides.
La tribu des Pimélides comprend les Mélasomes dont le dernier article des palpes maxillaires, à peine plus gros que le précédent, n’est jamais sécuriforme; leurs élytres sont soudés et il n’existe pas d’ailes dessous.
Les Pimelia, qui donnent leur nom à la tribu entière, ont le corps ramassé, presque globuleux; leur tête enfoncée jusqu’aux yeux dans le corselet, celui-ci court et arrondi, leur donne un aspect lourd et massif. Leurs antennes sont courtes, à articles très-grenus, le dernier presque imperceptible; leurs pattes antérieures sont élargies et inermes, et propres à fouir le sable, dans lequel elles aiment à se cacher pendant le jour. La Piméiie à deux points (Pimelia bipiinctata)^ longue de i 5 millimètres, d’un noir à peine luisant, porte sur le dos deux points enfoncés;
FAMILLE DES MÉLASOMES
les élytres ont chacun trois côtes, outre la suture et le bord externe, qui sont carénés. Cette espèce est assez commune sur nos cotes méditerranéennes.
Les Erodiiis et les Zophosis se distinguent par leur écusson non distinct; leurs formes sont arrondies et globuleuses comme celles des Pimélies, mais leur taille est plus petite.
Les Tentyria ont, au contraire, des formes grêles, le corps oblong, le corselet formant un étranglement à la base des élytres. Ce sont des insectes diurnes, courant avec agilité à l’ardeur du soleil, très-voraces, et attaquant à l’occasion les larves et les chenilles. La Tentyrie interrompue [T. interrupta) est commune dans les Landes, aux bords de la mer.
Les Akis sont oblongs, très-épais, mais peu convexes en dessus; leur corselet est large et relevé sur les côtés,'avec les angles postérieurs saillants. Le type du genre, l’Akis ponctué {Akis piinctata)^ long de i 5 à 18 millimètres, d’un noir assez brillant, avec une rangée de points élevés sur les élytres, est commun dans le midi de la France. Sa larve est privée d’yeux, d’un blanc jaunâtre, hérissée de longs poils roux. Elle vit dans la terre, sous les matières animales et sous les excréments qui lui servent de nourriture, ne faisant sortir du sol que la moitié antérieure de son corps. Elle subit ses diverses métamorphoses sans sortir de sa retraite. L’insecte parfait est lucifuge, à démarche lente, et fréquente les ruines et les souterrains.
La tribu des Blapsides comprend les Mélasomes dont le dernier article des palpes maxillaires est dilaté en forme de hachette ou sécuriforme; ils sont, comme ceux du groupe précédent, privés d’ailes sous les élytres.
Le genre type, celui des Blaps, renferme des insectes au corps ovalaire oblong, très-épais, aux téguments d’un noir mat, très-lisses ; leurs élytres enveloppent l’abdomen et se terminent par une pointe obtuse. Ce sont des insectes d’assez forte taille, d’un aspect lugubre; quoique munis de pattes assez grandes, leur démarche est lente. Ils sont tout à fait lucifuges et fréquentent les endroits sombres et humides, comme les caves, les
grottes ] ils marchent pendant la nuit et se cachent presque constamment pendant le jour. Les Blaps exsudent un liquide huileux, d’une odeur fétide, qui persiste longtemps sur les doigts lorsqu’on les touche.
Dans beaucoup de pays on considère la rencontre de ces insectes
comme un funeste présage, et le plus commun du genre, au moins dans notre pays, a reçu un nom qui témoigne de cette superstition; on le nomme Blaps porte-malheur, présage de mort [Blaps mortisaga) [fig. 298]. C’est un Scarabée tout noir, long de 20 millimètres, àélytres
Fig. 298. — Blaps mortisaga.
très-finement ponctués, se terminant en pointe. Cet insecte n’est pas rare dans les caves, les celliers, les grottes humides, où il vit de matières décomposées et aussi de limaces. Sa larve, d’un blanc jaunâtre, est très-allongée, mais plus grosse proportionnellement que le ver de farine. Fabricius rapporte que les femmes turques qui habitent l’Égypte mangent cette larve pour se faire engraisser; on sait qu’en Orient l’embonpoint est considéré comme une des suprêmes beautés chez la femme.
Les insectes de la tribu des Ténébrionides se reconnaissent à leurs antennes courtes, plus ou moins renflées à l’extrémité, et à leurs élytres libres recouvrant des ailes membraneuses. Le genre typique de la tribu est celui des Ténébrions, dont l’espèce la plus commune, le Ténébrion de la farine [Tenebrio molitor) [fig. 299], se trouve fréquemment^ surtout le soir^ dans les lieux peu fréquentés de nos habitations, dans les boulangeries, les moulins à farine, les greniers. Comme la plupart des insectes nocturnes, il est souvent attiré par la lumière. Son corps est long d’environ i 5 millimètres, d’un brun presque noir en dessus, marron et luisant en dessous; ses élytres sont fortement striés et pointillés. Vivant de farine, de biscuit, le Ténébrion s’établit partout où il trouve à contenter ses goûts. On le trouve très-communément dans les boulangeries, même dans le voisinage du four, car une chaude tem-
FAMILLE DES TRAGHÉLIDES.
pérature paraît lui être agréable. Sa larve (fig. 3 oo\ connue sous le nom vulgaire de i^er de farine, est longue, cylindrique, d’un fauve clair, luisant, avec le dernier anneau du corps muni de deux petites pointes; ses pattes sont très-courtes. Cette larve passe toute son existence enfouie dans la farine et s’y pig.soo.
r ^ Larve du Tenebrio moUtor.
façonne une petite loge pour sa transformation en nymphe. Elle cause souvent de grands dégâts dans les dépôts de farine. Les amateurs d’oiseaux chanteurs les élèvent dans du son ou de la farine pour en régaler leurs fauvettes et leurs rossignols; ces derniers surtout en sont très-friands.
D’autres espèces de Ténébrions vivent sous les écorces ou dans les troncs cariés des vieux arbres.
Quelques Ténébrionides ne craignent pas la lumière; tels sont les Opâtres {Opatrum}^ petits insectes au corps court, ovalaire, à téguments durs, granuleux ou côtelés, que l’on rencontre fréquemment par les chemins. L’Opàtre des sables [Opatrum sabulosum) est le type du genre. Il est long de 8 millimètres, d’un brun noirâtre, mais paraissant gris à cause de la poussière dont il est toujours couvert. On le trouve communément dans les sablonnières de toute l’Europe. (Voy. PL col. XLVII. )
FAMILLE DES TRAGHÉLIDES^
Les insectes qui composent cette famille ont pour caractères généraux : une tête triangulaire ou en cœur, portée sur une espèce de cou ou de pédicule, un corps le plus souvent mou, avec les élytres flexibles, sans stries. Tous sont hétéromères, c’est-à-dire ont cinq articles aux quatre premiers tarses et quatre articles seulement aux tarses postérieurs.
Du grec trachèlos, cou.
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La première tribu, celle des Lagriides, ne comprend qu’un seul genre, celui des Lagria, à corps allongé, plus étroit en avant, à tête pas plus large que le corselet, sans cou sensible, à cuisses ovalaires et en massue, à pénultième article des tarses bilobé. La Lagrie velue (Lagria hirta), longue de 5 à 7 millimètres, est noire, très-pubescente, à élytres d’un jaune testacé. C’est un insecte à démarche lente, vivant sur les buissons et les haies d’aubépine.
La tribu des Pyrochroïdes, formée du seul genre Fyrochroa, renferme de beaux insectes d’un rouge vif en dessus. Leur tête est fortement rétrécie à la base en forme de cou, leur corps déprimé, leurs antennes dentées ou pectinées, leurs élytres très-amples, débordant l’abdomen.
Le Pyrochroa coccinea, qui vit sur les feuilles dans les bois, a de 12 à 1 5 millimètres de long, la tête et l’écusson noirs, et tout le reste du corps, en dessus, d’un beau rouge de sang.
Les Mordellides ont un faciès tout particulier: leur corps est allongé et voûté, régulièrement rétréci d’avant en arrière. Leur tête est inclinée verticalement. Ce sont de petits insectes, vivant sur les fleurs, principalement sur les Ombellifères, et dont les mœurs offrent généralement peu d’intérêt.
Le genre Rhipiphorus se distingue par ses antennes pectinées ou flabellées chez les mâles, souvent dentées en scie dans les femelles. LeRhipiphore paradoxal {Rhipiphorus paradoxus), long de 10 à 12 millimètres, est noir, avec les côtés du corselet et les élytres d’un roux jaunâtre. L’insecte parfait vit sur les fleurs ; mais à l’état de larve il habite en parasite le nid de la guêpe commune et y subit toutes ses transformations.
Les Anthicides sont de très-petits insectes à tête ovalaire, inclinée, étranglée à la base, dont quelques espèces, celles du genre Notoxus notamment, sont remarquables par la forme du corselet: celui-ci s’avance sur la tête en un lobe horizontal robuste, comme une bosse de polichinelle. De là les noms de cornutus, monoceros, rhinocéros, que portent ces diverses espèces. Elles sont généralement de couleur jaunâtre, tachées
FAMILLE DES TRACHÉLIDES.
de brun ou de noir. On les trouve habituellement dans les endroits sablonneux, au bord des eaux.
La tribu des Cantharidides ou Vésicants est la plus importante de la famille et la plus intéressante sous tous les rapports. Ce sont des insectes d’assez grande taille ou au moins de dimension moyenne, de couleurs souvent vives et variées. Leur corps est habituellement cylindrique, allongé; leur tête trigone, fortement penchée; le corselet plus étroit que les élytres; ceux-ci mous et flexibles. Leurs pattes sont généralement longues, à tarses hétéromères.
Les insectes de la tribu des Vésicants possèdent presque tous cette singulière propriété, utilisée par la médecine, de déterminer sur la peau une inflammation locale connue sous le nom de vésicatoire. On a longtemps cru que la Cantharide commune seule jouit de cette propriété; mais l’expérience a démontré quelle existe à un degré très-développé dans un grand nombre d’insectes de cette tribu, tels que les Mylabres, les Méloës, les Cérocomes, etc.
Le genre typique de la tribu est celui des Cantharides iCantharis)^ auquel appartient la Cantha-
' ^ ^ Pie, 301. — Oantharis vesieatoria.
ride officinale (Cantharis vesieatoria) [fig. 3 oi],
que l’on voit par milliers renfermée dans des bocaux à la vitrine des pharmaciens. C’est un Coléoptère de i 5 à 18 millimètres de longueur, d’un beau vert métallique brillant, à antennes grenues et noires. On la trouve en abondance dans certaines localités, sur les frênes et moins souvent sur les lilas; elle dévore les feuilles de ces arbres. On ne sait pas bien si la Cantharide officinale est originaire de la France ou si elle y a été importée d’Espagne, comme le prétendent quelques auteurs ; ce qu’il y a de certain, c’est que l’on désignait autrefois ce Coléoptère sous le nom de mouche d’Espagne, et que c’est de ce pays que le tirait le commerce. Les anciens connaissaient les Cantharides comme un poison violent; Cicéron fait mention, dans ses Épitres, de ses propriétés vénéneuses, et Ovide, entre autres imprécations, lance celle-ci: «Puisse-t-il être obligé d’avaler le suc des Cantharides!» Mais est-ce bien à l’espèce qui nous occupe qu’ils donnaient ce nom?. Il est permis d’en douter si
LE MONDE DES SCARABÉES
Fig. 302.
Mylabris cichorii.
l’on s’en rapporte à la description qu’en a laissée Dioscoride. Celui-ci dit, en effet, quelle a une bande jaune transversale sur les élytres, ce qui se rapporte à un Mylabre, insecte de la même tribu, sans doute au Mylabre de la chicorée {Mylabris cichorii) [fig. 3o2], qui a, en effet, des bandes jaunes sur les élytres, est très-commun dans le pays qu’habitait Dioscoride et est souvent employé, encore aujourd’hui, comme épispastique en Italie, en Grèce et dans une partie de l’Orient.
A part l’utilité qu’on en retire en médecine, la Cantharide est un insecte nuisible. Là où ils se rassemblent, en nombre parfois considérable, ces insectes décèlent leur présence par une odeur forte et désagréable, et ils ne tardent pas à laisser des traces de dévastation, car ils ne quittent pas un arbre qu’ils ne l’aient complètement dépouillé de ses feuilles. Ils préfèrent de beaucoup les jeunes arbres aux vieux, et ce n’est que lorsqu’ils ne trouvent pas de frênes qu’ils se contentent des feuilles du troène, du lilas ou du sureau. La femelle pond un assez grand nombre d’œufs de forme cylindrique à extrémités aplaties. Il en sort, au bout d’une quinzaine de jours, des larves extrêmement petites, d’un brun jaune avec le corps parsemé de poils très-fins et terminé par deux longues soies. On ne connaît pas bien les diverses phases des métamorphoses de ces larves, et c’est par analogie qu’on leur attribue la même organisation qu’à celles des Méloës et des Sitaris, dont nous parlerons plus loin.
Après la ponte, les Cantharides, plongées dans un état d’épuisement, se laissent tomber au bas des arbres. On voit alors accourir le Hérisson, qui les mange avec avidité. C’est le seul animal qui puisse le faire impunément, car elles sont un poison pour tout autre.
Quand on a découvert sur un arbre, généralement sur le frêne, la présence des Cantharides, qui se manifeste par une forte odeur de souris , voici le procédé le plus simple que l’on emploie pour en faire la récolte. Après avoir étendu au pied de l’arbre, et de très-grand matin, une toile d’un tissu clair, on secoue fortement les branches pour en faire tomber les Cantharides, qui, encore engourdies par la fraîcheur de la
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nuit, ne cherchent ni à fuir ni à s’envoler; lorsqu’on juge qu elles sont à peu près toutes tombées sur la toile, on relève celle-ci par les quatre coins avec son contenu, et l’on plonge le tout dans un baquet d’eau fortement vinaigrée. Cette immersion suffit pour faire périr les insectes, que l’on transporte ensuite dans un grenier ou sous un hangar bien aéré pour les faire sécher. On les renferme alors, pour les conserver, dans des bocaux ou des vases hermétiquement fermés.
Les Mylabres, dont les antennes sont renflées vers le bout, abondent dans toutes les parties chaudes de l’ancien continent. Ils ont le corps noir avec des taches ou des bandes jaunes ou rougeâtres sur les élytres. Le Mylabre de la chicorée [Mylabris cichorii), très-commun dans le Midi, mais qu’on ne trouve ni dans le Centre ni dans le Nord, est 1 insecte que les anciens employaient comme Cantharide et que décrit Dioscoride. Il est noir, velu, avec une tache humérale et deux bandes jaunes sur chaque élytre (fig. 3o2). C’est également une grande espèce de ce genre qu’emploient les Chinois pour remplacer notre Cantharide dans
la thérapeutique.
Le genre Mélo'è renferme des insectes singuliers, autant sous le rapport de l’organisation que sous celui des métamorphoses compliquées qu’ils subissent. L’insecte parfait est un gros Coléoptère noir, lourd, pesant, mollasse, qui se traîne avec peine au milieu des plantes basses des prairies. Ses élytres, sous lesquels il n’existe pas d’ailes membraneuses, lui couvrent à peine un tiers de l’abdomen; celui-ci est énorme, gonflé, et traîne à terre. Lorsqu’on saisit ces insectes, iis replient leurs pattes, et font sortir de toutes leurs articulations une liqueur jaune, onctueuse, fétide, qui paraît avoir des propriétés caustiques.
L’espèce la plus commune dans nos pays, le Méloë proscarabée^ long d’un pouce et tout noir (fig. 3o3), se rencontre en abondance, dès le mois d’avril, dans les prairies et les champs de luzerne où les bestiaux.
t, 303. — Méloë proscavabéc.
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en broutant, l’avalent quelquefois. Il arrive fréquemment dans ce cas que ses liquides âcres et irritants agissent sur l’estomac des ruminants comme un véritable poison et y causent des accidents graves. La météorisation n’a souvent pas d’autre cause. Les anciens, qui connaissaient parfaitement ce fait, donnaient à ces insectes le nom de Buprestes ou Enfle-bœuf^ qui, plus tard, fut appliqué par erreur à un autre genre d’insectes (voyez page II3), et, dans les campagnes de la Morée, on les appelle encore aujourd’hui Voupresty^ nom évidemment dérivé de Bupreste. On avait cru trouver, un moment, dans cette huile caustique des Méloës un remède souverain contre la rage; c’est ce remède dont le roi de Prusse Frédéric II paya le secret à un paysan de Silésie 3oo écus d’or. Mais hélas I comme tant d’autres, ce remède est impuissant contre les terribles effets de la morsure des chiens enragés.
Le mâle, chez les Méloës, est plus mince et plus petit que la femelle, dont la grosseur devient considérable au moment de la ponte. Sa démarche est alors tellement lente, qu’elle ‘semble avoir une peine extrême â traîner son énorme ventre, et son aspect est dégoûtant. Elle se débarrasse d’une grande quantité d’œufs, quelle dépose en terre à une faible profondeur. Ces œufs sont jaunes, et les larves qui en sortent sont blanchâtres et très-petites (hg. 3o4), munies de longues pattes, de petites antennes et de fortes mâchoires. Elles grimpent sur les plantes environnantes et cherchent à s’accrocher sur tous les Hyménoptères qui viennent se poser sur les fleurs pour y butiner. Ceux-ci emportent dans leur nid la petite larve parasite accrochée à leurs poils; puis, lorsqu’ils pondent un œuf sur la pâtée miellée déposée dans leur nid, la jeune larve de Méloë se laisse glisser sur l’œuf de l’Hyménoptère, le déchire avec ses mandibules et s’en nourrit. Dès qu’elle a consommé sa proie, une métamorphose complète s’opère chez la petite larve ; elle devient immobile, change de peau, perd ses longues pattes et ses antennes, devient lourde et massive et, changeant d’habitudes autant que de formes, elle se nourrit de la pâtée miellée déposée par la mère hyménoptère en prévision de la naissance de son petit, dévoré dans l’œuf par ce parasite. Bientôt après
Fig. 304. — Premier âge du Méloë proscarabée.
FAMILLE DES TRACHÉLIDES.
elle se transforme en une sorte de chrysalide et reste ainsi quelque temps inactive; puis^ au bout d’un certain temps, elle en sort de nouveau sous la forme de larve du troisième âge, qui, après avoir pris tout son accroissement, se métamorphose en une véritable nymphe et devient insecte parfait. Comme on le voit, les Vésicants ont des métamorphoses beaucoup plus compliquées que les autres Coléoptères; tour à tour larves et nymphes, carnassières et mellivores, elles passent deux ans à ces transformations avant de devenir insecte parfait. Depuis longtemps on connaissait le très-jeune âge de ces insectes et leurs habitudes parasites; mais on les prenait pour des Aptères et ils étaient décrits sous le nom de Pediculus apis, pou de l’abeille, ou sous celui de Triongulin.
Les Sitaris ont des mœurs analogues. Ils se distinguent par leurs antennes filiformes et leurs élytres beaucoup moins courts que ceux des Méloës, mais amincis vers le bout. Le type de l’espèce, la Sitaris humérale [Sitaris humeralis) [fig. 3o5], brune avec les épaules jaunes^ fréquente les fleurs. L’histoire de ses métamorphoses est celle des Méloës. Le mâle et la femelle ne prennent aucune nourriture lorsqu’ils sont parvenus à leur état parfait; ils n’ont qu’un but, reproduire l’espèce. La femelle dépose à l’entrée des trous formés par les Antophores mellifères des centaines d’œufs trèspetits, blanchâtres^ ovalaires, agglutinés entre eux. Un mois après, environ^ il en sort de petites larves d’un noir verdâtre luisant, de forme elliptique très-allongée. Ces larves passent par toutes les métamorphoses que nous avons décrites précédemment pour celle des Méloés. (Voy. PI. col. XLVIII.)
LE MONDE DES SCARABEES
FAMILLE DES CHRYSOMÉLIDES
Cette famille très-nombreuse comprend des Coléoptères de taille moyenne ou petite, au corps ramassé, souvent arrondi, à tête petite, portant des antennes de longueur médiocre, filiformes ou peu renflées à l’extrémité; des organes buccaux disposés pour une nourriture végétale; des pattes médiocres avec des tarses de quatre articles.
Les Chrysomélides sont éminemment phytophages et s’attaquent au feuillage de tous les végétaux; quelques-unes mêmes sont très-nuisibles à l’homme par les ravages qu’elles exercent dans ses cultures, surtout à l’état de larves. Celles-ci vivent généralement à découvert; leurs formes sont massives et ramassées. Obligées de se déplacer pour ronger les feuilles de proche en proche, elles sont toujours munies de pattes; mais leur démarche est assez lente.
On divise cette famille en plusieurs tribus, d’après quelques caractères tirés de la forme du corps, de la configuration des mâchoires et de la position des antennes. La première tribu, celle des Criocérides, renferme les espèces de forme plus élancée que les autres, à tête dégagée du corselet, plus ou moins rétrécie à la base en forme de cou; à antennes filiformes, plus longues que la tête et le corselet réunis. On prendrait ces insectes, à première vue, pour de petits Longicornes. 11 en est ainsi surtout des Donacies [Donacia)^ dont les antennes sont grêles et filiformes, les jambes assez longues et les tarses courts et larges. Ces insectes, d’une forme élégante, sont le plus souvent revêtus de couleurs brillantes. Tous habitent au bord des eaux, sur les plantes aquatiques, dans les tiges desquelles vivent habituellement leurs larves, surtout dans celles des Nénuphars, des Sagittaires , des Hydrocharis. La Donacie de la Sagittaire {D. Sagittariœ)^ longue de 8 à 10 millimètres, est d'un beau vert métallique, à stries ponctuées sur les élytres. La Donacie du Nénuphar (D. Nymphœœ)^ plus petite, est d’un bronzé rougeâtre. La Donacie soyeuse {D. sericea) varie beaucoup: