FAMILLE DES CH RYSOMÉLIDES
il en est de vert clair métallique, de bleues et de pourpres. Ces jolis insectes se tiennent immobiles sur les plantes lorsque le temps est couvert, mais on les voit voler à quelque distance du rivage lorsque le soleil brille de tout son éclat.
Les larves des Donacies sont allongées, presque cylindriques, blanchâtres, avec des pattes fortes; elles portent en outre sous le dernier segment de l’abdomen deux petits crochets qui leur servent à se cramponner aux plantes quand les eaux sont agitées. Lorsqu’elles veulent se transformer en nymphe, elles se construisent une coque brune, faite d’une sorte de parchemin imperméable à l’eau, quelles sécrètent et qu’elles collent contre les racines submergées des plantes aquatiques. La nymphe passe l’hiver dans cette retraite, et au printemps suivant l’insecte parfait ronge la calotte supérieure de la coque et grimpe le long de la plante, tout entouré de bulles d’air que retiennent les poils dont tout le dessous de son corps est garni.
Les Hœmonia, très-voisines des Donacia, s’en distinguent aisément par leurs élytres épineux à l’extrémité et par leurs tarses grêles à dernier article très-long. Ces insectes passent toute leur vie dans l’eau, sous tous leurs états, fixés au pied des Potamogétons. Ils sont plus petits que les Donacies, d’un jaune terne avec des taches ou des bandes noires. On ne les voit jamais voler, bien qu’ils soient pourvus d’ailes sous leurs élytres, et le seul moyen de se les procurer est d’arracher les plantes aquatiques avec leurs racines, auxquelles on les trouve fortement cramponnés au moyen des robustes crochets qui terminent leurs tarses.
Les Criocères (Crioceris) ont les antennes plus épaisses, le corselet
rétréci aux deux extrémités, les pattes courtes et robustes. L’espèce la
plus commune vit sur le Lis {Crioceris mer digéra)-, elle est d’un beau
rouge corail avec les pattes noires (fig. 3o6), et se détache comme une
goutte de sang sur les pétales de la fleur d’un blanc éclatant. La larve de
cet insecte est loin d’être aussi jolie, mais elle montre un instinct des
plus curieux. Cette larve molle, nue et sans armes, deviendrait aisément
la proie des oiseaux et des insectes carnassiers, si la nature ne l’avait
LE MONDE DES SCARABÉES
pourvue d’un moyen de défense assez singulier. Chez elle, l’ouverture anale, au lieu d’être située à l’extrémité ou en dessous du dernier segment de l’abdomen, comme dans la plupart des autres Coléoptères, l’est en dessus, et s’ouvre de façon que les excréments sont poussés successivement en avant à mesure qu’ils sortent, et forment sur son dos une couche plus ou moins épaisse, humide, qui revêt presque entièrement le corps sans y adhérer. Ainsi cachée sous cette saie enveloppe, elle chemine en toute assurance, abritée contre ses ennemis et contre le soleil. Elle com-
FlG. 306. — Criocère du Lis.
prend très-bien l’utilité de ce dégoûtant manteau; car, si on le lui enlève, on la voit aussitôt se mettre à manger avec avidité pour pouvoir s’en fabriquer un nouveau.
Une autre espèce, le Criocère de l’Asperge {Crioceris Asparagi)^ d’un bleu d’acier, avec le corselet rouge et quatre taches d’un jaune clair sur chaque élytre, est également très-commune dans les champs d’asperges. Sa larve a les mœurs de la précédente.
Les Lema ne se distinguent des Criocères que par ce que leurs tarses à crochets sont soudés à la base. Le type du genre, Lema melanopa (fig. 3 07 ),