‹ Musée entomologique illustréChapitre 14 sur 42 · FAMILLE DES CH R YSOMÉLI DES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CH R YSOMÉLI DES

est d’un bleu d’acier,, à corselet et à pattes jaunes. Sa larve, comme celle des Criocères, se couvre de ses excréments; on la trouve fréquemment sur les feuilles de l’orge et de l’avoine, qu’elle ronge à belles dents; le dommage quelle cause est cependant très-borné.

La tribu des Chrysomélides a pour caractères la tête enchâssée dans le corselet; les mâchoires à lobe externe très-grêle, palpiforme; les antennes très-

. FIG. 307. — Lema melanopa.

écartées a leur point d insertion.

Les Clythres {Clythra) ont le corps à peu près cylindrique, les antennes en scie et les pattes antérieures très-longues chez les mâles. La plupart sont jaunes avec des taches noires. On les trouve sur les noisetiers, les chênes, les bouleaux. Les larves de ces insectes se construisent de trèsjolis fourreaux trigones, avec des côtes en chevrons entre-croisés. La matière dont ces fourreaux sont formés n’est autre que les excréments de la larve, qu’elle-même façonne avec ses mandibules et qui se convertissent par la dessiccation en une substance noire ou brune, sèche et friable. Le fourreau n’a qu’une seule ouverture, par laquelle la larve fait sortir sa tête et ses pattes. Le reste du corps est renfermé dans le fourreau et recourbé en arc, ce qui lui permet de se maintenir sans adhérence dans ce fourreau, qu’elle traîne avec elle sur les feuilles des arbres; on trouve aussi parfois ces larves dans les fourmilières, vivant en bonne intelligence avec les fourmis; mais on ne sait encore rien sur les services réciproques qu’elles peuvent se rendre. — Lorsque la larve est arrivée au terme de son développement, elle cherche un abri sous une écorce ou sous quelque pierre, puis elle ferme la partie antérieure ouverte de son fourreau avec un opercule assez semblable à celui dont beaucoup de Colimaçons bouchent l’ouverture de leur coquille à l’entrée de l’hiver. Elle s’y retourne ensuite de bout en bout, de façon que la tête se trouve au fond du fourreau. Il faut, en effet, que l’insecte parfait puisse sortir en rongeant avec ses mandibules le fond élargi du fourreau, plus commode et plus mince que la partie antétérieure operculée.

Les Cryptocéphales ont, corrime leur nom l’indique, la tête cachée dans le corselet; ils ressemblent aux Clythra, mais sont plus courts et de plus

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petite taille, et leurs antennes sont filiformes. La plupart des espèces ont des couleurs vives et brillantes. Celles de notre pays, connues sous le nom de Gribouris {Cryptocephalus sericeus, C. piolaceus, C. sexmaciilatus) , vivent sur diverses plantes dont elles rongent les bourgeons, et lorsqu’elles sont réunies en grand nombre, les dégâts quelles produisent sont assez considérables. Quand on veut saisir ces petits insectes, ils replient leurs pattes et leurs antennes, rentrent entièrement la tête et se laissent tomber en imitant le mort. Leurs larves se construisent des fourreaux comme celles des Clythra.

Les Eumolpes se distinguent des Cryptocéphales, avec lesquels ils ont été longtemps confondus, par leur tête moins enfoncée dans le corselet et par leurs antennes à derniers articles plus grands que les autres. Une espèce, l’Eumolpe de la vigne [Bromius Vitis)^ vulgairement connue des vignerons sous les noms de Gribouri, à'Écrivain, de Cache-tête^ cause parfois de graves dommages sur les vignes, dont elle coupe les grains et les jeunes pousses. C’est un petit insecte long de 5 millimètres, noir ou brun, couvert d’un duvet jaunâtre, à élytres ferrugineux, marqués de stries ponctuées (fig. 3o8). Il paraît au printemps, et ronge les feuilles, sur lesquelles il découpe de petites lanières irrégulières et figurant une sorte de dessin, d’où son nom vulgaire d’Écrivain. Il coupe aussi avec ses mandibules les grains de raisin, dont il suce le jusj ces coupures les font fendre et les empêchent de grossir; quelquefois tous les grains sont atteints et le raisin est perdu. La femelle pond ses œufs au pied des ceps en automne; ces œufs éclosent enterre, et ce n’est qu’au printemps suivant que les larves se répandent sur les feuilles. Ces larves exercent de grands ravages dans les vignobles; elles rongent le pédicule de la grappe au moment où, tendre, pulpeux et plein de sucs, il sort du bouton; elle l’épuise ainsi et le fait tomber entièrement desséché et flétri. On ne connaît pas de moyen de s’opposer aux ravages de cet insecte.

Les Chrysomèles proprement dites se distinguent des genres précédents par la forme ovalaire ou hémisphérique de leur corps, par leur tête dé-

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gagée du corselet, leurs antennes plus épaisses, grossissant généralement vers l’extrémité. Ces insectes sont ordinairement revêtus de couleurs brillantes, qui, jointes à leur forme arrondie, leur ont valu le nom qu’ils portent : chrysomèlon voulant dire en grec pomme d’or. Il en est de dorées (C/zr. gloriosa^ speciosissima, Genei), de bleues {Chr. pretiosa, Cacaliœ), de violettes {violacea), de vertes, rayées de pourpre i lineata, americana)^ de rouges {lurida, polita)., de toutes noires (opaca, Molluginis, tenebricosa), de noires avec une bordure rouge autour des élytres {sanguinolenta, marginata, limhata)., etc., etc. (Voyez PL col. XLIV).

Toutes ces espèces vivent sur les plantes; leurs larves ovoïdes, molles, à tête coriace, sont pourvues de pattes bien développées. La plupart laissent suinter par leurs pores, dès qu’on les inquiète, un liquide blanchâtre et fétide; c’est probablement un moyen défensif contre les oiseaux. Quelques-unes sont très-nuisibles aux plantes^ quelles dépouillent de leur feuillage. C’est ainsi qu’on voit souvent les peupliers singulièrement maltraités par'une espèce de ce genre,

\d.LinaPopuli (fig. 809 ), Chrysomèle d’un vert bronzé avec les élytres rouges. C’est la larve surtout qui détruit le feuillage; elle ronge le parenchyme et respecte les nervures, de sorte que la feuille ressemble à une dentelle. Sur le point de se mé- Fig. 309. — lAna Populi.

tamorphoser, cette larve s’attache

par l’extrémité postérieure, sa peau se fend et la nymphe reste suspendue parla dépouille de la larve. Une autre espèce trèsWoisine {Lina Tremulœ) en agit de même sur le tremble.

Les Galéruques {Galeruca) se distinguent des Chrysomèles, dont elles ont les mœurs, par leurs antennes plus longues et par le dernier article de leurs palpes très-grand; les élytres sont rebordés et l’abdomen est souvent énorme chez les femelles.

L’espèce la plus commune, la Galéruque de la Tanaisie {Galeruca Ta-

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naceti)^ longue de 7 millimètres, est noire; chez la femelle, l’abdomen dépasse les élytres. La Galéruque de Calmar [Galeruca calmariensis)^ plus petite, est d’un jaune roussâtre avec une large bande brune sur le côté des élytres et une petite raie sur l’épaule. Cette espèce (fig. 3 10 ) est extrêmement commune sur les ormes, dont elle ronge les feuilles, et l’on voit dans certaines années les ormes

de nos routes offrir le triste spectacle de leurs feuilles criblées de trous; c’est là l’œuvre de la larve de notre Ga¬

léruque.

Les Altises {Haltica) sont de très-petite taille, mais très-remarquables par la conformation de leurs pattes postérieures, qui leur permettent d’exécuter, comme les

FlG. 310. — aàleruca calmariensis.

puces, des sauts considérables. Cette faculté leur a fait

— a, Grandeur naturelle.

donner dans nos pays le nom vulgaire de Puces de

terre.

Les cuisses de ces pattes postérieures sont excessivement renflées, ce qui indique la puissance des muscles quelles renferment, et le saut s’opère à l’aide de l’extension rapide de ces cuisses d’abord rapprochées du corps, et de l’impulsion donnée au petit éperon qui termine la jambe.

Sous leur premier état, celui de larve, les Altises vivent aux dépens des plantes, surtout des plantes potagères, dont elles rongent les feuilles, et y causent souvent de graves dommages par leur nombre considérable. Les choux, les navets, les radis, les capucines sont les plantes qu’ils attaquent de préférence, et il y a des années où l’on ne peut réussir à les élever, car à peine les premières feuilles sont-elles sorties de terre quelles sont dévorées et que la plante meurt. Dès le premier printemps, si le temps est doux, la femelle pond ses œufs sur le revers des feuilles. Ces œufs microscopiques éclosent au bout de dix jours et les petites larves commencent immédiatement à manger sous la pellicule inférieure, pénètrent dans le parenchyme et y forment des galeries tournantes. Ces galeries (fig. 3 12 ) sont visibles à l’œil nu lorsque les larves les ont abandonnées et que les pellicules sont devenues blanches et décolorées; mais

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dans leur premier âge on les découvre difficilement ] il faut regarder la feuille de très-près et l’exposer à la lumière pour les apercevoir.

La larve (fig. 3 11 ) est charnue, cylindrique, de couleur jaune avec six pattes ; la tête est pourvue de deux mâchoires et de grands yeux bruns les segments supérieurs portent des taches noires ou brunes. Cette larve a pris tout son développement en huit jours; elle sort alors de sa galerie pour s’enterrer près de la racine de la plante qui l’a nourrie et s’y transforme en nymphe. Quinze jours après, environ, l’insecte parfait sort de terre et prend son essor. VHaltica oleracea, longue de 3 millimètres, est bleue à élytres fortement ponctués (fig. 3i3); elle attaque presque toutes nos plantes potagères, ainsi que les betteraves et même la vigne.

L’Altise rubis (Haltica helxines)^ plus petite, est d’un

llaltica oîeracea.

beau rouge cuivreux doré; elle est commune dans nos jardins et sur le saule marsault. — L’Alhse des bois {Haltica nej77on{m)^ longue de 2 millimètres à peine, est noire, avec une bande jaune longitudinale sur chaque élytre. Elle habite les bois et se rencontre non moins nombreuse dans les jardins sur les choux et les navets.

Ce genre renferme un très-grand nombre d’espèces (voyez PL col. XLIII, fig. Il à 20 ), qui, pour la plupart, envahissent nos cultures potagères ét y commettent des dégâts. On a recommandé une foule de moyens contre ces petits ennemis; l’un des plus simples et des plus efficaces consiste à recouvrir les semis d’une légère couche de sciure de bois imprégnée de coaltar , autrement dit goudron de houille, dans la proportion de 2 ou 3 pour cent. Cette substance les éloigne sûrement.

Les insectes de la tribu des Cassidides se font remarquer par la

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forme circulaire de leur corps, qui les fait ressembler à de petites tortues; leur corselet et leurs élytres débordent le corps tout autour comme un bouclier. Leurs antennes, insérées au sommet du front, sont assez courtes et grossissent un peu vers l’extrémité; leurs pattes sont courtes et robustes. La plupart de ces insectes habitent les pays chauds et sont aussi remarquables par la variété de leurs formes, parfois très-bizarres, que par la beauté et l’éclat souvent métallique de leurs couleurs. Nos espèces européennes sont loin de rivaliser avec celles de l’Inde et du Brésil, et leur nombre est très-restreint; quelques-unes cependant possèdent d’assez riches couleurs, mais elles perdent leur éclat en mourant.

Le type du groupe, dans nos pays, est la Casside verte {Cassida piridis)^ tout entière d’un vert tendre. On la trouve sur les chardons qui bordent les routes et sur les artichauts des potagers. On y trouve également sa larve, qui est fort singulière. Cette larve est large, plate, d’un blanc grisâtre, avec tout le tour du corps garni de longues pointes ciliées. Elle porte à l’extrémité du corps un long appendice fourchu, qui se recourbe au-dessus du corps. L’orifice anal est situé à la base de cet appendice, en dessus, de sorte que les déjections sont poussées sur cette fourche et forment au-dessus du corps de la larve un large parasol, destiné sans doute, comme le manteau des Criocères, non-seulement à la mettre à l’abri du soleil, mais aussi des atteintes des oiseaux, que doit dégoûter ce singulier toit. Lorsqu’elle veut s’en débarrasser, il lui suffit d’un brusque mouvement de sa fourche.

La Casside nébuleuse [Cassida nebulosa ), longue de 6 millimètres, est brune parsemée de taches noires (fig. 3 14). Sa larve, d’un joli vert taché de blanc, est armée tout autour d’épines barbelées; elle porte également une fourche à l’extrémité du corps et la garnit de ses excréments. Cette larve vit aux dépens de la betterave rouge dont elle ronge les feuilles en les criblant de trous.

La Casside noble [Cassida nobilis) est, à l'état vivant, d’un vert gai avec une raie d’or sur chaque élytre, mais elle noircit après sa mort. Il

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