FAMILLE DES HYDROCANTH ARES
la taille excède rarement 4 à 5 millimètres. Lisses, brillants, parés de couleurs variées et souvent très-vives, ils se plaisent dans les endroits humides et particulièrement sur les rives vaseuses des mares et des étangs.
■ Dans ce groupe on remarque le genre des Anophthalmes, qui, comme l’indique leur nom, sont privés d’yeux. Ces insectes aveugles vivent dans les cavernes sombres, le plus souvent enfouis dans la boue. Ainsi que tous les êtres organisés privés de lumière, ils sont comme étiolés, incolores, presque transparents. Leur*corps bombé, leurs longues pattes grêles les font ressembler à de petites araignées.
Nous figurons ci-contre quelques-uns des types des genres de Carabides propres à nos contrées. (Fig. 121 à 129.)
FAMILLE DES HYDROCANTHARES ‘
Après les Carnassiers terrestres viennent les Hydrocanthares ou Carnassiers aquatiques, aussi agiles, aussi voraces que les premiers, mais moins répandus. Leur organisation, leurs appétits sont les mêmes, modifiés toutefois selon la différence du milieu qu’ils habitent. Ils vivent dans les eaux douces, où ils font continuellement la chasse aux autres petits animaux, soit à l’état de larve, soit à celui d’insecte parfait. Ces derniers en sortent cependant quelquefois pour voler dans les environs; mais lorsqu’ils se posent à terre, leur démarche est lourde et embarrassée.
Les Hydrocanthares sont admirablement organisés pour la vie aquatique; leur coips large et comprime en forme de bateau, leurs téguments lisses et polis, leurs pattes postérieures épaisses et comprimées en forme de rames, et garnies sur le côté de franges de longs poils (fig. i3o).
De udor, eau, et kantharos, Scarabée.
LE MONDE DES SCARABEES
leur permettent de parcourir avec aisance un élément dans lequel ils^ sont les tyrans d’une foule d’êtres plus faibles qu’eux. Les poissons ccontribuent à empêcher la reproduction des Hydrocantihares en dévorant leurs larves; mais la consistance dte son enveloppe, les épines dont ses pattes sont armée3S^ la rapidité avec laquelle il peut fuir et se dérober aux pouraf suites de son ennemi, mettent l’insecte parfait à l’ab^ri des * dangers dont il serait menacé et assure la conserwation Fig. 130 . de l’espèce. •
Patte postérieure de Dytique.
La famille des Hydrocanthares comprend deux groupes d’insectes dont le type est bien tranché et facile à caractériser. De là deux tribus : celle des Dytiscides et celle des Gyrinides. Les premie^rs ont des antennes filiformes, les pattes antérieures courtes et les postérrieures les plus longues. Les seconds ont de petites antennes renflées, et-diont le deuxième article est prolongé en manière d’oreillette;, leurs pattess antérieures sont, en outre, beaucoup plus longues que les autres, et lees postérieures courtes.
La tribu des Dytiscides renferme un grand nombre d’insectess, tous aquatiques et tous carnassiers. Les plus puissants d’entre eux scont les Dytiques, grands Scarabées dont le corps ovalaire, aplati, arrondii vers les extrémités, en biseau sur tous ses bords, est admirablement coiTnformé pour fendre l’eau. Répandus dans toutes les eaux dormantes et dîians les petites rivières herbeuses dont le cours est peu rapide, on les voitt nager avec rapidité au moyen de leurs longues pattes postérieures, vérritables rames aplaties, élargies au milieu et terminées en pointe, dont Le mouvçoj^ent^Jatéxal imprime à leur corps une forte impulsion. Comrime les Cétacés et tous les amphibies, ils sont obligés de venir respirerTair en nature à la surface de l’eau. Ils remontent aisément en demeurant immobiles la tète en bas, leur corps étant gonflé d’air amassé dans la partie . terminale de l’intestin. Arrivés à la surface, ils soulèvent la partie postérieure de leurs élytres pour y faire entrer l’air, puis les referment; de cette façon, l'air poussé comme par le piston d’une pompe pénètre dans leurs trachées sans que l’eau puisse y entrer.
FAMILLE DES HYDROCANTHARES.
Pourvus d’ailes bien développées, les Dytiques volent facilement, et souvent on les voit, le soir, déployant leurs ailes et bourdonnant à la façon des hannetons, se transporter dans d’autres mares où ils portent la terreur et le ravage. Rien n’égale leur voracité; ils se jettent sur tous les êtres vivants qui nagent autour d’eux; ce sont les requins du monde des insectes. Ils saisissent leur proie avec leurs pattes de devant et la portent contre leur bouche. Non-seulement ils s’attaquent aux larves des Libellules, des Éphémères, des Hydrophiles, aux têtards des Grenouilles et des Tritons, aux Mollusques des eaux, mais il n’est pas rare de pouvoir observer quelques petits poissons devenir victimes d’une attaque Fig. 131. - Dytique bordé mâle. — 132. Sa lai-ve.
combinée de ces carnassiers.
L’espèce la plus commune et le type du genre est le Dytique bordé D. marginalis, fig. i 3 i), qui a 3 o à 35 millimètres de longueur. Sa couleur est en dessus d’un vert olive avec le devant de la tête, le tour du corselet et le bord latéral des élytres jaunâtres. Le dessous du corps et les pattes sont jaunes. Le mâle a les élytres lisses; ceux de la femelle sont cannelés ou profondément sillonnés jusqu’aux deux tiers de leur longueur. Le mâle se distingue en outre par ses pattes antérieures garnies de larges palettes parsemées de petites ventouses (hg. i 33 , 134). Ces différences d’organisation entre les^ deux sexes ont un but fa- -cile à comprendre. Ces insectes, s’unissent dans l’eau, tout en nageant; avec des tarses simples le mâle n’aurait jamais pu retenir sa femelle, tandis que les ventouses dont ces appendices sont pourvus produisent l’adhérence sans difficulté, surtout lorsque, comme dans la plupart des cas, les élytres de la femelle
LE MONDE DES SCARABÉES
Fig. 135. — Dytique bordd femelle.
sont cannelés (fig. i 35 ). On trouve cependant quelquefois des femelles qui ont les élytres lisses^ comme les mâles. Dans quelques espèces même (Z), circiimcinctus et circiimflexus) les femelles à élytres sillonnés sont l’exception.
Dans leur premier état, celui de larve (fig. i 32 ), les Dytiques sont
exclusivement aquatiques; ils sont encore plus voraces que l’insecte parfait, s’il est possible. La larve du Dytique bordé est de couleur brunâtre; son corps^ comme couvert d’écailles, est composé de douze anneaux qui vont en s’amincissant jusqu’à l’extrémité terminée en pointe. La tête^ grosse, ronde et plate, est armée de grandes mâchoires arquées comme des pinces. Ces mâchoires sont creuses et percées d’un trou sur leur côté interne. L’animal enfonce ces armes terribles dans le corps de sa victime et suce comme un vampire tous les sucs qu’il renferme. Toujours disposée à la curée, cette larve assassine nage sournoisement au fond des eaux en quête d’une proie. Elle s’avance par des mouvements vermiculaires rapides en frappant l’eau avec la partie postérieure de son corps. Deux petits tubes divergents à l’extrémité de l’abdomen lui servent à puiser l’air à la surface de l’eau. Après avoir changé trois fois de peau et acquis tout son développement, elle quitte l’eau et se creuse dans le sol humide, à l’aide de sa tête, une cavité ovale où elle se change en nymphe d’un blanc sale, qui passe habituellement l’hiver.
La plus grande espèce du genre est le Dytique très-large [D. latissimus) [PI. col. VII, fig. 8-9], qui mesure jusqu’à 42 millimètres de longueur; on le rencontre dans les eaux douces du nord de l’Europe.
Après les Dytiques viennent les Acilies, à corps déprimé, très-large. Les femelles ont sur les élytres des sillons couverts de poils {Acilius sul-
FiG. 136.— AcîUus sulcalusîemelle.