FAMILLE DES H YDROGANTH ARES
catiis) [fig. i36]. Puis ce sont les Colymbètes, plus petits que les premiers; les Haliples, les Hydropores, très-petits Dytiscides, dont quelquesuns ne sont pas plus gros qu’une puce. Mais, quelle que soit leur taille, tous sont carnassiers et vivent d’animaux ac[uatiques. La forme de ces petits tyrans des eaux est à peu près la meme, la forme naviculaire;
Fia. 137 à 147. — 1 , Agahns bigultatiis. — 2, Ilydroporus 12 pvshûattis. — 3 , ITaliphis variegatvs. — 4, Onemidotus cœsus. — 5, Pœlohms ITermanni. — < 1 , Bylisnis, prolongement du inétarîtornum. — h, Palpe maxillaire. — c., Patte antérieure du mâle. — d, Palpes labiaux. — e, Patte postérieure de Gyrin. — f, Antenne de Gyrin.
leurs différences consistent principalement dans la taille et la couleur; encore celle-ci varie-t-elle du jaune au noir. Nous reproduisons ici quelques-uns des principaux types de ces Dyticides (fig. iSy à 147. Voyez en outre les PI. col. VII et VIII).
La seconde tribu des Hydrocanthares, celle des Gy ri ni de s ^ renferme des insectes de petite taille, mais qui se distinguent par l’éclat de leurs
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couleurs. Placés presque toujours à la surface de l’eau^ ces insectes y reçoivent la lumière d’une manière directe et sont revêtus de nuances métalliques bronzées qui brillent au soleil de l’éclat le plus vif. On les voit, pendant l’été^ nageant à la surface des eaux tranquilles ou même sur les bassins des jardins^ où ils décrivent de grands cercles, se coupant les uns les autres, comme s’ils patinaient à la surface des eaux. De là leur est venu le nom de Tourniquets et celui plus scientifique de Gyrins^ qui n’en est que la traduction. On croirait voir, lorsqu’ils exécutent leurs évolutions rapides, des perles d’acier poli s’agiter sur l’eau. Quelquefois ils demeurent tout à fait immobiles, et l’on croirait n’avoir plus qu’à présenter un filet pour les prendre, lorsque tout à coup ils s’échappent avec une rapidité prodigieuse ou plongent au fond de l’eau. La disposition de leurs yeux, qui sont placés en dessus et en dessous de la tête, les rend, en effet, très-difficiles à surprendre.-Ces yeux sont coupés en deux par un rebord de la tête qui leur en fait paraître quatre, deux qui regardent en haut et deux qui regardent en bas.
Au contraire des Dytiscides, les Gyrinides ont les pattes antérieures beaucoup plus longues que les quatre autres; elles leur servent à saisir leur proie en les projetant brusquement en avant; pendant la natation, elles se replient sur les côtés du corps et s’y logent dans une cavité oblique. Les deux paires de pattes postérieures sont courtes et très-larges, en forme de rame. (Voy. ci-dessus les fig. e et f.)
Les Gyrins, seul genre important qui se trouve en Europe, vivent en troupes nombreuses dans les lacs, les marais, les étangs, et même dans les ruisseaux; comme leurs ailes sont bien développées, ils volent facilement et s’en servent souvent pour se transporter d’une pièce d’eau dans une autre; c’est ainsi qu’on les voit fréquemment évoluer à la surface des bassins des jardins. Mais s’ils volent bien et nagent encore mieux, ce sont de mauvais marcheurs. En effet, si on les pose sur le sol, on leur voit exécuter une série de petits bonds et s’efforcer péniblement de regagner l’eau. Les Gyrins disparaissent de la surface de l’eau quand il fait froid et se cachent au fond, sous les pierres, entre les herbes, ou même dans la vase. Leur extrême agilité n’est pas le seul moyen de défense que pos-
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sèdent les Gyrins; ils répandent, quand on les touche, une liqueur laiteuse d’une odeur très-désagréable.
L’espèce la plus répandue est le Gyrin nageur (G. natator) [fig. 148], d’un noir bronzé brillant, avec les élytres marqiiés de stries longitudinales formées par des points très-rapprochés. La femelle du Gyrin nageur pond ses œufs sur les feuilles des plantes aquatiques; ces œufs sont cylindriques et d’un blanc jaunâtre ; ils éclosent huit ou dix jours après la ponte. Il en sort de petites larves assez singulières, et qui ne ressemblent nullement à celles des Dyticides. Leur oyHnusnatator. corps vermiforme, terminé par une petite tête, est composé de douze anneaux, dont les trois premiers portent chacun une paire de pattes; les suivants sont garnis sur les côtés de longs appendices flottants, ciliés, qui leur donnent quelque ressemblance avec de petits myriapodes (fig. 149). Ces organes servent à la natation et fonctionnent comme des branchies. Le dernier anneau de leur abdomen est, en outre, muni de quatre crochets mobiles propres au saut. Ces larves, fort agiles et trèsvoraces, se dérobent à l’ennemi par les sauts brusques qu’elles exécutent. Vers le mois d’août, elles sortent de l’eau pour se rendre sur des feuilles de roseaux et autres plantes aquatiques. Là, elles s’enferment dans une coque ovale, pointue aux deux extrémités, et formée d’une matière que transsude leur corps et qui, en séchant, devient semblable à du papier gris. C’est là qu’elles se transforment en nymphe, et qu’après àvoir passé près d’un mois dans cet état, elles se changent en insecte parfait.
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FAMILLE DES PALPICORNES
Les divers genres d’insectes rangés dans cette famille doivent leur nom à la longueur des palpes maxillaires que l’on prendrait souvent pour les antennes, si l’on s’en rapportait à l’apparence. Ces dernières sont, au contraire, fort courtes et se terminent en un bouton que l’on a comparé à une massue (fîg. i 5 o}. Dans tous les Palpicornes, cette massue est formée de plusieurs articles - leur nombre est de quatre en général.
Trois tribus principales rentrent dans cette famille ; celle des Hydrophilides, qui, parles formes extérieures et les habitudes aquatiques, se rapprochent des Hydrocanthares ; celle des Hélophorides ^ qui se lie à la précédente d’une manière intime ; celle enfin des Sphœridides ^ qui, bien que n’habitant plus le même milieu, présentent des caractères analogues.
La première tribu, celle des Hydrophilides renferme des insectes habitants de l’eau comme les Hydrocanthares et soumis aux mêmes influences. Comme eux, ils présentent des couleurs peu variées et presque toujours obscures. Leur forme est également ova-
Fig. ïfiO.
Aiiteniie d’Hydrophile mâle.
laire, mais un peu moins déprimée. Leur enveloppe est toujours trèssolide. Munis d’ailes sous leurs élytres, les Hydrophilides volent d’une pièce d’eau dans une autre, et c’est toujours le soir qu’ils sortent plus volontiers. Leurs pattes postérieures sont armées de deux longs éperons, qui deviennent chez quelques espèces une arme redoutable. Leurs tarses ont tous cinq articles, et ceux des quatre pieds postérieurs sont garnis en dessous d’une rangée de poils semblables à ceux que l’on voit dans les Hydrocanthares. Leurs jambes sont en outre aplaties en rames pour permettre la locomotion dans l’eau.
Les Hydrophiles sont plus légers que l’eau et remontent par conséquent à la surface sans faire aucun mouvement; il n'en est pas de même
De hydor, eau , et phileo, j’aime.
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quand ils veulent gagner le fond: ils font alors mouvoir leurs pattes. Mais ces dernières n’agissant pas simultanément comme chez les Hydrocanthares, il en résulte qu’ils sont moins agiles. Ce désavantage s’explique par leurs mœurs: vivant de végétaux, et non pas de proie vivante comme les carnassiers aquatiques, ils n’avaient pas besoin d’une aussi grande vitesse ni d’une aussi grande force que ces derniers. Aussi voit-on souvent les Hydrophiles, malgré la dureté de leurs téguments, devenir la proie des grands Dytiques, qui parviennent à les tuer en les perçant entre la tête et le corselet, la seule place qui soit chez eux sans défense.
Toutefois, si les Hydrophiles le cèdent aux Hydrocanthiires en force et en courage, ils les surpassent beaucoup en industrie. Peu prévoyants pour la conservation de leur progéniture, ces derniers pondent au hasard; leurs œufs abandonnés par la femelle éclosent où ils se trouvent. Mais il n’en est pas ainsi de la femelle des Hydrophiles ; celle-ci a toujours soin de bien placer ses œufs. L’espèce qui montre à cet égard l’instinct le plus remarquable est le grand Hydrophile brun (Hydrophilus piceus) [fig. i 5 i]. C’est la plus grande du genre. L’Hydrophile brun, qui se retrouve dans les eaux douces de toute l’Europe, est long de 40 à 46 millimètres et large de moitié; il est d’un brun luisant ou d’une teinte d’olive foncée avec les antennes et les palpes d’un jaune roux. En dessous , la partie postérieure de son thorax se prolonge en une longue et forte épine qui s’avance entre les pattes et peut blesser la main qui saisit l’insecte sans précaution.
Dès le mois de mai, la femelle s’occupe du soin d’assurer le sort de sa postérité. Munie de glandes abdominales propres à sécréter une sorte de soie, au moyen des filières qui garnissent l’extrémité de son abdomen, elle construit une coque pour y loger ses œufs, ce qui est unique parmi les Scarabées adultes. Elle assemble à cet effet une petite masse de conferves composée de filaments déliés et qui forment la base de son
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cocon. Placée horizontalement sur le dos à la surface de l’eau et la partie antérieure en l’air, elle détache la petite masse qu’elle reçoit sur son ventre et sur ses quatre pattes de derrière, se servant des deux autres
Fig. 152.— Hydi’opMle brun, femelle.
pattes pour aplatir cette masse et la maintenir en place. Elle tapisse alors de soie blanche la face extérieure de cette masse, qui prend la forme convexe de son abdomen; après quoi elle se retourne, de manière à présenter en haut le dessus de son corps, et forme une autre couche, qu’elle recouvre également de soie. La paroi supérieure et la paroi inférieure se trouvant ainsi façonnées, il ne reste plus à l’insecte qu’à les assembler par les côtés, ce qu’il fait aussitôt. C’est alors que son cocon ressemble à une sorte de sac. La femelle y reste enfermée en partie, et s’occupe à y placer ses œufs. Elle les y dépose verticalement, l’un contre l’autre, au nombre de cinquante à soixante environ, la pointe dirigée en l’air; puis elle file circulairement de manière à continuer le sac, qu’elle rétrécit peu à peu; elle en ferme ensuite l’ouverture et la surmonte d’une espèce de mât, petit corps aplati comparable à une virgule renversée, et qui parait avoir pour but de lui per-
Fig. 153. — Patte antérieure d’Hÿdropliile, femelle.
FAMILLE DES PALPICORNES.
mettre de s’accrocher aux corps flottants, dans le cas où le vent ou l’agitation des eaux le pousserait vers le rivage. Les œufs éclosent au bout de douze ou quinze jours ^ et les larves qui en sortent percent la coque et se laissent tomber dans l’eau. Ces larves paraissent d’abord se nourrir de végétaux; mais elles deviennent ensuite carnassières, et Réaumur, qui les a étudiées, leur a même donné le nom de Vers ûssassins. Outre qu’elles sont plus larges et plus épaisses que les larves des Dytiques^ leur peau est molle et ridée en travers, excepté toutefois la tête et les trois premiers segments, qui sont recouverts de plaques cornées. La tète est armée de fortes mandibules, de longs palpes maxillaires et d’une languette saillante portant des palpes labiaux; elle est, en outre, articulée avec le deuxième segment du corps, de manière à pouvoir se renverser sur le dos. Voici le but de cette organisation : les larves de F Hydrophile brun vivent surtout de mollusques d’eau douce; les Lymnées, les Physes, sont leur proie habituelle. Pour s’emparer de ces coquilles, la larve courbe son corps en arc, de manière à présenter en l’air chacune des extrémités, et se servant alors de son dos comme de point d’appui, elle brise à l’aide de sa tète la coquille du petit animal et le dévore à son aise, en le maintenant à l’aide de ses palpes et de sa languette.
L’état de larve dure environ deux mois; au bout de ce temps, celle-ci sort de l’eau et va creuser dans la terre humide une sorte de terrier de 4 à 5 centimètres de profondeur, se terminant en une cavité sphérique très-lisse, à l’intérieur de laquelle elle se transforme en nymphe blanchâtre. Elle reste immobile dans cette position un mois entier, puis sa peau se fend sur le dos et donne passage à l’insecte parfait; celui-ci reste quelque temps à l’air pour donner à ses téguments le temps de s’affermir, puis il se rend à l’eau.
A l’inverse de ce que l’on observe chez les Dytiques, c’est par la tète que les Hydrophiles viennent s’approvisionner d’air à la surface de l’eau. L’antenne est coudée, et ses articles aplatis, en godets, collés contre le corps, forment une gouttière ou rigole où s’engage une bulle d’air que
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l’insecte entraîne avec lui en redescendant dans l’eau. De là l’air glisse sous le corps^ où il est retenu par un duvet de poils serrés, de sorte que l’animal semble entouré d’une robe d’argent^ et il parvient ainsi aux organes respiratoires.
D’autres petits Hydrophiles, très-voisins du précédent, constituent le genre Hydrous. Chez ceux-ci, les œufs réunis en une masse et enveloppés d’une matière soyeuse sont placés sous le ventre de la mère, qui les.porte aveo elle jusqu’à ce quelle rencontre un endroit favorable. Telle est ordinairement la tige de quelque plante aquatique. Grimpant alors sur la partie qui s’élève hors de l’eau, elle s’y accroche avec ses quatre premières pattes; puis, détachant avec les deux autres la masse d’œufs que porte son ventre ^ elle la tient suspendue aux crochets de ses tarses et la fixe contre la tige de la plante, qu’elle a enduite auparavant d’un liquide agglutinant. Quand les œufs viennent à éclore, les larves tombent dans l’eau et y restent jusqu'à l’époque de leur transformation en nymphes. Les Hydrobies et les Philhydres ont les mêmes mœurs‘(Pl. col. VIIT hg- 29-30, et PI. IX, fig. i à 4).
La tribu des Hé lophorides renferme des insectes de petite taille, peu remarquables soit par leurs mœurs, soit par l’éclat de leurs couleurs. Tous habitent ou le bord des eaux ou la surface de ces eaux; ils se trouvent alors parmi les plantes aquatiques, et plusieurs s’enfoncent jusque vers leurs racines. Ils sont herbivores, comme le prouvent leurs mandibules obtuses, et les crochets bien développés de leurs tarses leur permettent de se tenir fortement cramponnés après les corps végétaux qui croissent dans l’eau (PL col. VIII, fig. 24 à 28 .
La tribu des Sphæridides se distingue des deux précédentes par le deuxième article des palpes maxilfig. 155. - cercyon anale. Dires plus épais que les suivants, et surtout par les mœurs des insectes qui la composent. Le nom que portent ces insectes est dû à leur forme arrondie et presque globuleuse. Ce sont d’ailleurs de petits Scarabées peu remarquables. Les Sphœridies j types de la tribu, vivent dans les bouses et sont noirs tachetés de jaune
FAMILLE DES CLAVICORNES.
OU de rouge. Les Cercyons ^ de forme orbiculaire, sont de très-petits insectes qui vivent dans les bouses ou dans les détritus végétaux. La larve du Cercyon littoralis est privée de pattes; elle rampe sur la vase et se nourrit de petites larves de diptères. Le Cercyoji anale (fig. i 55 ) est noir avec l’extrémité des élytres brun rouge.
FAMILLE DES CLAVICORNES
Les insectes de cette famille, beaucoup plus nombreuse que la précédente , sont répartis dans plusieurs groupes ou tribus dont l’organisation et les mœurs sont distinctes, mais qui présentent dans la forme de leurs antennes un caractère commun qui leur a valu le nom de Clapicorncs. Les derniers articles des antennes sont plus gros que les autres et forment une sorte de bouton ou de massue {clava), tantôt serrée, tantôt lâche. Leurs tarses sont toujours composés de cinq articles.
La première tribu de cette famille, celle des Elmides, se rapproche, par son genre de vie, par plusieurs de ses caractères et même par son aspect général, de la dernière des Palpicornes.
Les espèces de cette tribu vivent toujours dans l’eau, ou dans les terres humides et les sables du bord des eaux courantes,
’ FlO. 156.
mais jamais dans les eaux tranquilles des lacs et des marais. Antenne do
’ • Byrrhus.
Ce sont de fort petits insectes, remarquables par la propriété qu’ont plusieurs d’entre eux de vivre plongés dans l’eau, bien que la nature ne leur ait pas accordé, comme aux Hydrocanthares et aux Hydrophilides, des organes propres à la natation. Munis de pattes trèsminces et très-longues, armées à l’extrémité de forts crochets recourbés , ils errent lentement sur le sol du fond des eaux ou sur les corps qui y sont plongés; on les trouve souvent cramponnés aux pierres que l’on retire de l’eau. A ce groupe appartient le Macronyque à quatre tubercules {Macronychus quadrituberculatus), petit insecte d’un noir bronzé, portant
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FXO. 157. — Elmis œneus.