SIS
PAUL FEVAL.
et brunâtre, hisloriée sur ses trois plans jusqu'à la moilié de sa longueur et profondément cannelée de là jusqu'à la pointe.
Tandis qu'il était ainsi occupé, le laird, pâle et chancelant sur ses jambes, traversait le salon dans la direction de la fenêtre qu'il ouvrit.
— Est-ce que vous vous trouvez mal, Angus ? demanda Rio-Santo.
Le laird avait sur le front de grosses gouttes de sueur.
— Oui, mon frère O'Breane, balbulia-t-il; — oh ! oui... je me trouve mal... parce que je vous aime encore... je vous aime... si vous saviez comme je vous aime !
Le laird se pressait la tête à deux mains et sa voix sanglotait.
— Mon Dieu ! mon Dieu ! reprit-il ; la force me manque... Je ne veux pas aller avec vous... non I... La voix des rêves...
— Encore ! interrompit le marquis avec un sourire ; — votre fièvre n'est-elle pas finie ?...
— Ma ûèvre 1 répéta Angus dont les yeux s'égaraient ; — écoutez !... sais-je pourquoi je vous aime?... Tout à l'heure j'étais résolu... Maintenant... Ah ! mon frère, n'allez pas, je vous en prie, n'allez pas !
Rio-Santo se méprit. Il crut que cette terreur soudaine avait trait aux dangers inhérens à la lutte qu'il était sur le point d'engager.
— Fi ! Mac-Farlane, dit-il ; ce sont là des craintes de femme... Si je meurs, ne mourrez-vous pas avec moi?
Il s'avança vers la fenêtre et voulut prendre la main du laird. — Celui-ci, en proie à une émotion insurmontable, se Jeta dans ses bras en pleurant.
Les ombres noires s'agitèrent sur la neige, comme s'agitent des soldats en bataille au commandement préparatoire de g Garde à vous ! ■