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CURIOSITÉS DU COEUR

Pendant la conversalion éminemment frivole que nous avons rapportée au précédent chapitre, miss Mary Trevor et Diana Slewart s'étaient isolées du cercle principal et s'étaient fail, pour elles seules, une conversalion bien dilTércnte de celle du gros de l'assemblée.

— Mary, disait Diana, qui élait devenue sérieuse devant la détresse de son amie; ma bonne Mary, ne m'ouvrirez-vous l)Oint votre cœur?... Vous vous souvenez bien (juc nous nous sommes promis de n'avoir point de secret l'une pour

LES MYSTERES DE LONDRES

l'autre... moi, je n'ai point de secret; si j'en avals, vous le «aurie2...Nem'airaez-vous donc plus, niaP)? ..•■

— Si, Diana... oh ! je vous aime bien..- comme autrefois... mieux qu'autrefois, dopnis que (^ux qui m'aimaient m'ont OMMIér !... mais je n'ai pas de secret.

— Elpnuniiioi donc Otes-vous si pâle Mary?... Pourquoi ne savez-vous plus sourire?

— Savais-je donc sourire autrefois ? murmura missTrevor. — Diana, vous n'y songez pas., moi, sourire !...

— Oli I oui, sourire ! être heureuse, Mary... Miss Trévnr baissa la tète.

— É(re hciirciise! répcta-t-elle, comme si ce mot eût été pour elle un terme d'une langue inconnue.

— Vous réliez autrefois, Mary...

— Diana, je ne m'en souviens plus.

Mar>' laissa tomber ce mot tout bas. Il était l'expression simple et sincère d'un découragement si profond, que miss ;<lewart sentit ses yeux se mouiller de larmes.

— Chère Mary, dit-elle, ne parlez pas ainsi... Vous ne pouvez avoir oublié nos bonnes causeries au château de ma m^re, et los longues promenades dans les grands bois de Trcvor-Ca.-'lel... Quels beaux rêves d'avenir noiis faisions toutes deux î

— C'étaient des rêves, Diana!...

— Des rêves qu'on peut changer en réalité, Mary!... Tout n'est-il donc pas autour de vous comme autrefois ! Voici mon cousin Frank revenu de son voyage...

— Il Tie faut pas me parler de Frank, dit iniss Trevor en fronçant légèrement ses délicats sourcils. •

— Pouniuoi, Blary ? ne l'aimeriez-vous plus? •

— Non.

Mary tourna la tête. Lorsqu'elle regarda de nouveau sa compagne, une sorte de sourire pénible à voir contractait son visage.

— Vous ne savez donc pas ? reprit-elle; j'aime le marquis de Rio-'-anto !

— Vous aussi ! s'écria miss Slewart. — Oh ! prenez garde, ma pauvre Mary! j'ai eu bien peur de l'aimer, moi!... Je -rois que je l'ai aimé... je crois même...

Diana s'arrêta et devint plus .rose que le satin du ruban qui nouait sa riche chevelure. — Puis tout-à-coup elle sourit Je bon cœur.

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— Mais moi, poursuivit-elle, j'aime à ma manière et n'en prends point de mélancolie... C'est le roi des hommes, après tout!... Ah ! vous l'aimez, Mary... Eh bien ! je ne puis dire combien je suis heureuse devons voir plaisanter...

— Je ne plaisante pas, Diana ; je mens.

Miss Stewart perdit son sourire et contempla son, amie, dont la voix plaintive s'était emplie tout-à-coup d'amertume.

— Vous mentez?..! répéta-i-e!lc sans comprendre.

— Je souffre! murmura miss Trevor. 0 Diana passa son bras autour de la frêle taille de sa compagne. *

— Cela se voit trop, pauvre Mary ! répliqua-telle en soupirant; mais votre pensée m'échappe... vos paroles n'ont plus !e sens pour moi...

— Tant mieux, Diana! c'est que vous êtes heureuse.

— Je le serais, Mary, si je ne vous voyais point souffrir... Et je voudrais tant vous soulager!... mon Dieu! Mais je ne lîomprends plu5 votrc.cftur... Par pitié pour vous et pour

*'!ioi , répondez-moi sans détour... N'aimez-vous plus Frank Perceval ?

— J'épouse le marquis dcRio-Santo, Diana.

— On me i avait dit... Je n'y voulais point croire... Pauvre Frank!

Mary aspira fortement l'odeur acre et subtile de son flacon de sels.

— J'espère qul^e mourrai bientôt! dit-elle. Les bras de miss Stewart retombèrent.

— Mourir! reprit-elle;— oh! vous l'aimez encore, Mary!.. - Et comment l'aurfez-vous oublié ! Un noble cœur comme le vôtre ne chante noint et n'aime au'une fois... Mais quelle tyrannie étrange force donc ainsi voire volonté? Lord Trevor est le meilleur des pères ; lady Campbell...

LB SIÈCLE, — VI

— Écoutez! interrompit Mary avec un frisson de terreur.

— Qu'y a-t-il? demanda miss Stewart.

— N'entcndez-vous pas?...

Diana écoula de toutes ses oreilles et n'entendit rien, sî ce n'est la voix flùtéc de monsieur le vicomte de Lantures-Luces, narrant, de l'agréable façon que nous avons rapportée, une eccentricity de Brian de Lancester.

Les nerfs de la pauvre Mary semblaient cependant violemment ébranlés.

— Oh ! j'entends, moi ! dit elle , et ce bruit me fait peur... C'est une voiture, Diana, qui court sur le pavé de Park-Lane : si celait la sienne!...

Il y avait une indicible épouvante dans la voix de miss Trevor.

— La voiture de qui? demanda Diana.

— La sienne!... je l'entends de bien loin: quelque chose de lui absent correspond avec mes pauvres nerfs et les toriure- Ma tante dit que je l'aime... et je l'aime peut-être. Diana... n'aimez jamais, oh l jamais! Vous qui êtes si fraîche et si jolie., vous qui souriez si gaîment, Diana ; vous qui chantez si doucement à votre harpe , vous qui dansez au bal avec une joie si franche, vous qui êtes libre partout et partout heureuse. n'aimez jamais, cela fait trop souffrir!... On apprend à pk-::- vr, Diana; on dev' îU pâle et bien triste .. le chant irrite, .il Jansc fatigue... e; a nuit... oh! la nuit, Dieu qui n'a point pitié vous envoie des rêves de bonheur... Des rêves quand le bonheur est impossible et que l'angoisse vous guette au réveil !

Mary levait au ciel ^es grands yeux sans larmes; sa- voix était sourde et lente commi; l'atteinte du désespoir. *

— Pauvre Mary! soupira miss Slewart qui devinait vaguement l'étendue de cet étrange martyre.

— Il y a six jours qu'il n'est venu, reprit Mary Trevor; — sais-je, mon Dieu ! si je désire qu'il revienne ! Je souû're autant quand il est loin de moi, parce que sa pensée est toujours présente... Ah ! j'espère que je mourrrai bientôt!

— Mais autrefois , Mary, s'écria miss Stewart navrée, — quand vous aimiez Frank Perceval , vous ne souffriez pas ainsi !

Une lueur passagère éclaira le front pâle de miss Trevor.

— Autrefois, murmura-t-clle, — autrefois !... quand il devait venir, comme j'étais joyeuse ! comme j'épiais la marche trop lente de l'aiguille sur lé cadran de la> pendule ! Que j'étais pressée de le voir, heureuse de sa 'présence , attentive à sa noble parole, jalouse de chacun de ses regards !... Mais ce n'est pas là de l'amour, Diana... Ma tante m'a longuement expliqué tout cela... longuement et souvent... si souvent qu'une brume a couvert ma propre pensée .. L'amour, voyezvous, est un supplice, et ce (juc j'éprouvais pour Frank éiait un sentiment tout p!ei« d'espoir et de bonheur... Oh! c'est le marquis deRio-Santo que j'aime!

Cette par(île, qui semblait être unéttâUprie amère et désespérée, Mary la prononça d'un ton de morne conviction. .

— Mais c'est de la folie, chère aiary ! s'écria Diana; — vous avez mal compris lady Campbell , ou la fascination cxcicée par cet homme a troublé votre intelligence... Vous aimez Frank, vous ne l'avez jamais aime davantage.

— Vous êtes une jeune fdle , ma bonne Diana , dit miss Trevor en secouant la tête,- et vous n'entendez rien à ces choses... ni moi non plus, vraiment... j'en meurs sans les connaître.

Il y ^t un instant de silence entre les deux amies. Monsieur de lanlures-Luces avait fini sort récit. La conversation faisait trêve aussi de l'autre côté du salon. Diana contemplait sa compagne avec une douloureuse curiosité. Mary semblait mé^ diter, ou, pour parler mieux, elle livrait son esprit sans défense aux assauts de sa tristesse accoutumée. Un nuage do mélancolie plus amère descendit tout-à-coup sur son front.

— Elle est bien belle, Diana, savez-vous , dit-elle, la femme qui m'a pris le cœur de Frank Perceval !

— Que dites-vous, Mary? répliqua vivement miss Stewart frappée d'un trait de lumière; —Frank aimer une autre femme!... Oh! que je voudrais ne me point tromper et croire

a ialousie seule fait vo're lourmeat! Je vous rassuro°

que 1

tos

PAUL FEVAL.

rais... car vous êtes dans l'erreur, Mary!... et qui sait si l'on n'a point lalomnié le pauvre Frank auprès de vous?

— .T'ai vu, répondit Mary; — elle est bien belle !

— Et qu'avez-vous pu voir ! s'écria Diana , retrouvant toute sa pétulance. — Frank est mon cousin, et je ne souffrirai pas... Pauvre Mary ! se reprit-elle ; — pardon \ Je pense comprendre à présent votre mal... Mais qui donc dans la maison de James Trevor est l'ennemi de Frank Perceval?

— C'est moi ! répondit miss Trevor, dont l'œil eut un fugitif éclair de courroux.

— Vous, Mary!... Comment voulez-vous que je vous croie? Je vous sais si noble et si bonne!... Oh! tout cela est bien étrange, mon Dieu!... J'ai cru comprendre un instant; mais je vois maintenant que toutes ces choses bizarres sont au dessus de ma pauvre intelligence... 11 y a comme un sort jeté sur vous !

.— Peut-être, Diana... mais qu'importe?... Ne sais-je pas que je mourrai bientôt!

Ce fut en ce moment que la comtesse de Derby, annoncée, entra dans le salon de Trevor.

Jadis, avant l'arrivée deRio-PanIo à Londres, lady Ophelia était fort intimement liée avec lady Campbpll. Depuis , sa liaison connue avec le marquis avait naturellement refroidi les rapports entre elle et la tante de Mary. Néanmoins, ces relations n'avaient point cessé; on ne rompt point volontiers tout à fait dans un certain monde, parce qu'une rupture fait parler toujours. Nous avons vu lady Ophelia au bal de Trevor-IIouse.

Mais il était bien rare maintenant que, lady Ophelia et lady Catnpbell se rendissent visite sans façon pour ainsi dire et les jours réservés aux intimes. Un mur d'étiquette s'était élevé entre elles deux. Elles ne s'aimaient pas.

Au contraire, lady Ophelia avait conservé pour Mary Trevor une sorte d'amitié ou plutôt de tendre compassion. Mary était sa rivale pourtant; mais Tàme véritablement noble de la comtesse de Derby ne pouvait prendre de haine contre ce débile et inoffensif adversaire que lui donnait le hasard. — Et puis son esprit exciuis, mondain, subtil et savant à distinguer les nuances les plus imperceptibles , voyait clair ou à peu près au fond du cœur de Mary.

Elle devinait que sa véritable rivale n'était point la pauvre enfant, mais sa tante , lady Campbell, dont l'entélLment était une passion et qui aimait, — à en perdre l'esprit vraiment !— pour le compte et à la place de sa nièce.

Nous ne sachons pas qu'on ait fait encore de comédie sur ce sujet. La matière est un peu insaisissable -, mais Sheridan eu mieux Fielding l'auraient su mettre ù la portée de tout le monde. — Et quoi de plus comique, en efl'et, que ces excellentes personnes, arrivées ù l'âge de la sagesse, qui poussent le dévoùment jusqu'à se ( iiarger d'avoir tm eceur pour autrui ?

Les lady CanipLe'.l, hélas! sont moins rares qu'on ne pense. Ce sont de vertueu^i femmes, de spirituelles femmes, d'aimables femmes... ,

En vérité, cela est ainsi. Nul ne peut dire le contraire. — Et ces bonnes créatures, remplies de douceur d'âme, font plus de mal- chacune que trois ou quatre mégères delà piie espèce.

Elles sont oisives. Elles ont trop d'esprit et trop de cœur ; îles emploient l'un et l'autre. Il le faut bien : c'est la loi de liature.

Avec un peu plus d'égoïsme, elles chercheraient le bonheur pour elles-mêmes; avec moins d'esprit, elles ne seraient plus dangereuses. %

Tournez cela d'une certaine façon, vous toucherez au grotesque et vous ferez rire ; mais sur nos lèvres, i nous, le rire se glace. Sous ce burlesque travers il y a aussi de la tragédie.

Par les soins empressés, généreux, maternels de toute lady Campbell, il y a presque foijours quelque Mary Trevor i|ui paiit, qui souffre et qui pleure...

La comtesse de Derby, avec son coup d'œil de grande dame, «•vaii dès longtemps fait la part de la tante et de la nièce. A la première toute sa rancune, à l'autre sa compassion. Seulement, comme elle ne pouvait mesurer exactement l'extrême esclavage moral de miss Trevor, elle ne savait point au juste , usqu'où allait son martyre.

L'entrée de la comtesse de Derby causa quelque surprise parmi les habitués du salon de Trevor-House. Chacun d'eux savait parfaitement les termes où en étaient ensemble la belle visiteuse et la maîtresse de la maison. Le vicomte de Lantures-Luces caressa énergiquement la chaîne de son lorgnon-, lesportman grommela : Du diable! et miss Cicely Kemp ouvrait déjà sa charmante bouche rose pour prononcer quelque énormité, shoking au premier chef, lorsque lady Margaret eut le bon esprit de lui imposer silence d'un geste.

Quanta lady Campbell, qui n'était certes pas la moins surprise, elle se leva souriante et courut à la rencontre de soii ancienne amie avec un véritable transport de joie, ce qui donna occasion à lord John Tanti\7 de grommeler à part soi cette judicieuse réflexion :

— Deux jumens se battraient en pareil cas, et voilà cellesci qui se caressent !

Le mot cetlcs-d, dans la conscience de lord John, n'impliquait du reste aucune comparaison blessante pour la plus belle moitié de l'espèce chevaline.

Les joueurs de whist s'étaient levés. Il y avait eu réception dans les règles.

Mais autant lady Campbell semblait empressée, ravie, autant la comtesse de Derby paraissait mal à l'aise et troublée. Et c'était une chose fort étrange, car lady Ophelia était renommée dans Londres entier pour son incomparable science du monde. Ses rivales copiaient sa tenue, désespérant de faire mieux en faisant autrement qu'elle.

Elle était très pâle. Ses beaux yeux gardaient quelques traces de fatigue ou peut-être de larmes. Son regard était distrait jusqu'à l'égarement.

— Je ne vois pas miss Trevor, dit-elle avant de s'asseoir; — serait-elle malade?

Mary était devant elle.

— Ah !... reprit lady Ophelia en l'apercevant; — vous êtes bien changée, chère Mary !

Elle la baisa au front, et, par un geste involontaire, sa main se glissa dans son sein. — Mais elle la retira vide et rougit , comme si elle eût été sur le point de faire une mauvaise action.

Puis elle s'éloigna brusquement de Mary pour aller s'asseoir au milieu du cercle.

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— Madame, lui dit Lantures-Luces, je ne pense pas vous avoir vu jamais une aussi ravissante agrafe !

Il est juste d'ajouter que lady Ophelia n'avait point d'éventail que le petit Français put admirer de préférence.

— JN'allez-vous point, reprit-il, nous donner des nouvelles de ce cher Frank I^erceval ?

Lady Ophelia changea de couleur.

— Comme vous rougissez, milady ! s'écria l'Honorable Cicelïls.emp; — et comme vous pâlissez maintenant!

■Laissez, mon amour, laissez, murmura lady Margaret-

— Frank Perceval! balbutia lady Ophelia ; —je ne sais... en vérité... monsieur...

— Lord .Tolin se sera trompé , interrompit le petit Français, qui avait bon cœur, après tout.

l.a comtesse ainsi avertie reprit, en faisant un effort pour se remettre :

— J'ai vu, en effet, l'Honorable Frank Perceval, monsieur. Il souïre toujours de sa blessure, et dç plus... il souffre beai^• coup, monsieur.

Mary serra le bras de miss Stewart. Elles s'éloignèrem. Lady Ophelia les suivit d'un regard inquiet.

Le reste de la visite, qui du reste ne se prolongea point , fut pénible, malgré les cIVorts de lady Campbell, qui fit preuve , mais en vain , d'admirables ressources de conversalior Évidemment, la comtesse souffrait, et, chose singulière, oii eût dit que son malaise était quelque chose comme de la honte ou du remords.

Elle se leva enfin. Chacun s'empressa de l'imiter, car, contre l'habitude, sa préseflce pesait sur l'esprit de chacun.

Après avoir donné la main à lady Campbell et salué lord James , au lieu d'aller vers la porte, elle se dirigea précipitammont vers Mary, qui poussa un faible cri.

C'était de la surprise saus doute.

LES MYSTERES DE LONDRES

SOS

Cependant miss Cecily Kemp prclendil , malgré les chtd! répétés de lady Margaret, que la comtesse avait tiré de son sein un papier et l'avait jeté sur les genoux de Mary en l'embrassant.

Lady Campbell darda un soupçonneux regard de ce côté. Elle ne vit rien.

Il est vrai que la blanche main de Diana Stewart s'était prestement avancée^ puis retirée. — Par bonheur, l'Honorable Cecily Kemp n'avait point aperçu ce mouvement.

La comtesse de Derby n'était plus lu.

Ce n'était rien, évidemment. Le cercle se reforma et glosa Jur cette visite inattendue.

Pendant cela, Mary, tremblante et respirant ù grand'peine, recevait en cachette, des mains de miss Stewart, une lettre sur l'adresse de laquelle elle avait reconnu d'un coup d'œil l'écriture de Frank Perceval.

Miss Cecily Kemp n'était pas sans avoir quelque peu de raison.

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