‹ Musée ornithologique illustré (volume 2)Chapitre 55 sur 61 · PL. 146. — CORBEAU CHOUCAS · texte numérisé non relu

PL. 146. — CORBEAU CHOUCAS

Corvus monedula (Linn.).

Mâle adulte: en dessus et en dessous, d'un noir à reflets verdâtres sur le dos et la queue, sans reflets sur le ventre, excepte le derrière de la tête et de la nuque, d’un œil à l’autre, qui est d’un cendré perlé. Bec, pieds et ongles noirs ; iris blanc. Taille : quarante et un centimètres.

C’est le type des groupes génériques Lycos de Boïé, et Monedula de Brehm.

Habite l’Europe et l'Asie, où il est commun partout.

Niche dans les anciennes tours, dans les clochers, dans les crevasses elles trous des vieux murs; pond de cinq à sept œufs d’un blanc verdâtre, plus ou moins intense, maculé de rares taches et mouchetures noires, et d’autres grises ; ils mesurent

Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 146. CORBEAU CHOUCAS — Corvus Monedula. Liunæus. — ^ nat.

DÉODACTYLES CONIROSTRES

trente-cinq à quarante millimètres sur vingt-cinq à trente. Il existe aussi des variétés dont le fond gris sale se voit à peine sous les nombreuses éclaboussures brunes et brun olivâtre qui le recouvrent.

Tout en nichant dans les vieux édifices et dans les murs, cela ne l’empêche pas d’amasser, dans les trous qu’il se choisit, des tas de foin et de bûchettes; mais il n’y a peut-être pas dans les annales de l’ornithologie un seul exemple de Choucas qui ait construit son nid à ciel ouvert.

Partout où ils trouvent un gîte à leur convenance, dans les rochers, dans des ruines, ou sur des édifices publics, les Choucas se réunissent en colonies nombreuses ; ils volent en grandes troupes, forment des espèces de peuplades, et même des plus considérables. Les tours de Vincennes en ont été peuplées de tout temps, de même que plusieurs monuments de Paris, de même que les clochers de la cathédrale de Chartres. Notre vieux . donjon de Saint-Jean, qui en logeait près de deux cents en 1866, en a eu presque le double en 1874, et depuis, sans que nous puissions réussir à nous en débarrasser tout en en détruisant une centaine chaque année, sans que leurs luttes journalières avec quatre couples de Cresserelles, leurs voisines, les découragent ou les intimident dans leur œuvre de nidification ou d’éducation de leurs petits.

Pour se nourrir, le Choucas recherche les terres récemment labourées, les champs ensemencés de grains qui n’ont pas encore germé, les prairies, ou les lieux couverts de taillis ou 1 on mène paître habituellement les bestiaux, enfin les endroits qui peuvent toujours lui fournir abondamment les vers, les coléoptères, les graines, les baies et les fruits, entre autres les cerises, qui servent à sa nourriture habituelle, voire même les petites grenouilles; mais, par-dessus tout, au printemps, les larves de hannetons, ou vers blancs, dont nous avons toujours trouvé remplis le bec et la bouche de ceux que nous avons tués suspendus au bord des trous où ils venaient abecquer leurs petits.

LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS

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