‹ Musée ornithologique illustré (volume 3)Chapitre 13 sur 71 · PL. 8. — AIGLE RAVISSEUR · texte numérisé non relu

PL. 8. — AIGLE RAVISSEUR

Aquila 7iævioîdes (Kaiip, ex G. Cuvier). — Falco rapax (Temm.).

MdJe adulte : plumage des parlics supérieures et inférieures d’un fauve isabelle très clair sur la tête cl le cou, et brunissant au dos, au croupion, aux couvertures moyennes des ailes, a l'abdomen cl aux plumes tibiales; grandes couvertures etiémiges

U<:S FALCONIÜKS OU FAUCONS

secondaires d’iin brmi noiralre, bordées d’isabelle à la pointe; rémiges primaires noires à fine pointe égalemenl isabelle; queue d’un*brun de terre d’ombre, sans -trace de bandes ou de taches transversales d’un roux isabelle à la pointe. Bec bleuâtre en avant de la cire, puis d’un brun noir, la base do la mandibule jauntdre ; cire et pieds jaunes. Taille du mâle : soixante-dix centimètres; de la femelle : de quatre-vingt-huit à quatre-vingt-dix (Gerbe).

C’est aux beaux travaux de MM. Alléon et -J. Vian que nous emprunterons les détails' qui vont suivre sur quelques-unes des habitudes de cette espèce.

L’yVigle ravisseur est répandu dans le sud de l’Asie , dans toute l’Afrique, surtout en Abyssinie ; et les sujets sédentaires y / prennent, par la décoloration des plumes, cetta teinte jaune pâle qui leur a fait donner, par Rüppell, le nom d’Aigle blanchâtre [Aquila a/èiatus), et par le capitaine Levaillant, frère du voyageur, celui d’Aigle de Bélisaire [Falco Belisarius). Des bandes innombrables émigrent au printemps, traversent le Bosphore, se répandent dans la Russie méridionale et dans l’Asie, sans jamais remonter jusqu’aux parties septentrionales. On en voit, dans ces quelques sujets à livrée fauve, mais en petit nombre. Les Aigles ravisseurs forment tous les ans l’avant-garde des migrations; ils passent sur le Bosphore dès les premiers jours de mars, dix à vingt jours avant les autres Aigles, et annoncent prématurément le printemps aux habitants de la Sibérie méridionale, lesquels, par ce motif, leur ont donné le nom de Lurgel-Kurrek{lmposieur). Ils s’avancent rarement dans l’Europe centrale, et encore moins dans l’Europe occidentale; cependant Gerbe a constaté la capture de deux sujets dans le midi de la France. Les migrations de l’Aigle ravisseur sont beaucoup moins régulières à l’automne, du moins sur le Bosphore ; elles se distinguent moins de celles des autres oiseaux et les bandes sont moins nombreuses ; elles ne suivent sans doute pas la même route qu’au printemps, car les familles ont dû augmenter, pendant leur séjour en Europe, par l’adjonction des jeunes.

L’Aigle ravisseur niche à terre dans les steppes de la Russie

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPAGES

méridionale 5 il pond deux ou trois œuls de forme ovalaire, à coquille male, unie, à pores apparents, assez épaisse et dure , d’un blanc verl bleuâtre dans sa transparence ; la surface , d’un blanc à peine azuré, porte généralement deux gammes de ladies, les unes violacées, les aulres d’un brun marron. Ils mesurent soixante-cinq à soixante et onze millimètres sur cinquante-deux à cinquante-six.

M. Alléon n’a jamais rencontré son nid dans les environs de Constantinople , et croit même qu’il n’y niche pas.

Quanta son régime alimentaire, cet observateur a pu constater, dans un passage exceptionnel de 1874, qu’un Aigle ravisseur avait dans l’estomac une petite tortue et des insectes.

Blessé, il se sauve et se cache, mais ne se défend jioint.

PL. 9.— AIGLE BONELLI, ou A QUEUE BARRÉE.

Aquila fasciala (Vieillot).

Mâle très adulte : tout le dessus du corps, à partir du front, d’un brun noirâtre, chaque plume du dos et des rémiges secondaires lisérée de brun fauve, les scapulaires et les lémiges piimaires seules d’un noir uniforme ) queue duncendié biunalie, les reclrices latérales d’un gris de plomb , toutes fasciées de noirâtre ; toutes les parties inférieures d’un blanc à peine lavé de fauve clair à l’extrémité des couvertures tibiales; le rachis de chaque plume noir. Bec couleur de corne légèrement bleuâtre , noirâtre à la pointe; cire et doigts jaunes; ongles noirs; iris noisette. Taille : environ soixante-dix centimètres.

L’Aigle à queue barrée est propre à l’Europe méridionale-, a l’Asie et à l’Afrique septentrionale. 11 habile la Grèce, où il est des plus communs, les marais boisés et les montagnes rocheuses de la Sardaigne méridionale ; en très petit nombre dans la Sicile et le midi de la France; sédentaire dans le Gard et les rochers escarpés des Bouches-du-Blione, où il se reproduit; commun en Palestine; se trouve aussi en Egypte, à Tripoli cl à Tunis.

Des Murs, Les Oiseaux de Proie.

J. Rothscliild, Éditeur, Paris.

Pi. 9. — AIGLE BONELLI, ouA QUEUE B A B. B É E — /«Miaia. Vieillot. —i nat.

LES FALCONIDÉS OU FAUCONS

Partout niche au milieu des rochers , dans leurs crevasses et dans des positions inaccessibles.

Il est considéré par M. Tristram comme le Rapace le plus véritablement lueur de gibier de presque tous les Aigles, et le moins adonné à se nourrir de chair morte qu’aucun de ses congénères. Les Pigeons de rochers sont sa proie de prédilection pendant l’hiver , et il dévore un grand nombre de Tourterelles dans le Ghor et dans la plaine de Gennezaretli. Il poursuit aussi les Moineaux dans le but, sans doute, de leur enlever leur butin.

En général , il se perche sur quelque pointe élevée d’un rocher pour attendre sa proie, et, après avoir volé à plusieurs reprises à peu de distance en décrivant des cercles , il revient de nouveau prendre son poste d’observation.

Le seul renseignement que l’on possède sur sa domestication, c’est qu’un individu que Crespon nourrissait en cage était farouche et peu sociable; et sa voix, qu’il faisait entendre souvent, avait quelque rapport avec celle de l’Aigle royal, mais était plus faible.

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