PL. 22. — FAUCON D’ISLANDE
Falco Islandicus (Brünn.).
Mâle adulte : dessus et côtés de la tête et du cou d’un blanc plus ou moins cendré , chaque plume rayée longitudinalement de gris sombre au centre ; dessus du corps brun ardoisé, avec des taches et de nombreuses barres transversales d’un blanc cendré ; plumes sous-caudales d’un blanc bleuâtre ; côtés du croupion gris cendré ; parties inférieures d’un blanc plus ou moins pur, lavé de roussâtre, marqué de lignes longitudinales et de stries brunes sur le cou, le milieu du ventre et de croissants plus ou moins cordiformes de même couleur dans le surplus , ainsi que les cuisses et les jambes ; pennes alaires noirâtres ; queue couleur du manteau, avec des barres plus foncées. Bec brun de plomb,
Des Murs, Les Oiseaux de Proie.
J. Rothschild, Editeur, Paris.
PL 22. — FAUCON D’ISLANDE — Falco Islandicus. Brtinnich. — | nat.
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
plus foncé à la pointe ; iris brun foncé ; cire , tour des yeux et pieds d’un beau jaune. Taille du mâle: cinquante-trois à cinquante-quatre centimètres ; de la femelle : de cinquante-sept à cinquante-neuf.
Habite uniquement, dit-on, ITslande. Gerbe et Degland assurent qu’il ne descend pas plus bas que le soixantième degré de latitude nord.
Niche dans' les rochers et s’approprierait quelquefois le nid d’autres oiseaux, d’après le fait suivant rapporté par Gerbe,
M. Procter, directeur du Musée de Durham, découvrit un nid de cette race ; il était placé sur un rocher et composé de petites bûches à l’extérieur et de laine à l’intérieur. 11 y trouva, enseveli dans la fiente, un œuf d’un jaune roussâtre clair, avec des taches couleur d’ocre, presque confondues, qui mesurait six centimètres sur quatre et demi. Ce nid était celui d’un couple qu’il tua avec trois jeunes. Quatre de ces oiseaux furent abattus le même jour , le cinquième fut abattu le lendemain ; ce dernier était perché près du nid , ce qui indique le nombre d’œufs que doit pondre l’oiseau, M. Proctor suppose que ce nid devait être celui de Corbeaux dont les vieux Faucons s’étaient emparés, d’autant que, non loin de là, les Corbeaux étaient nombreux.
Ce Faucon suit aussi à la chasse les migrations des Ptarmigans. On le considérait autrefois comme une simple variété du Faucon blanc ou du Groenland , et il était aussi estimé que ce dernier pour la volerie.
Les souverains de l’Europe dépensaient jadis des sommes folles pour se procurer des exemplaires du Faucon d’Islande, qui se distingue par son courage et sa beauté. Ses qualités extraordinaires permettaient de le lancer sur des oiseaux de grande taille, tels que les Grues, les Cigognes, les Hérons et les Oies sauvages.
Une ancienne loi danoise, dont l’esprit, rapporte le docteur Franklin , se maintînt jusqu’en 1758, infligeait la peine de mort à quiconque aurait eu le malheur de les détruire. Les hommes dont le métier était de prendre ces oiseaux devaient être Irlandais
LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES
dp iiciisscincG pt rnunis d un diplomp 5 ils éluipiit pn outrp Ipnus, sous dps ppinps sévèrps, dp Ips rpmpUrp pn mains proprps au grand fauconnipr du roi do Danpmarck. Aussi, pn Islandp, altachait-on un si grand prix à la capturp dp cgs oispaux, qup chaque nid était connu pt survpillé avpc 1p plus grand soin par Ips oisplpurs, cominp pncorp aujourdhui, par Ips habitants, Ips nids d’Eidprs.
Il pstprobahlp qup la persévérancp avPC laqupllp on s’omparait dos Faucons d’Islande a fini par épuiser cette belle et précieuse race d’oiseaux. Le fait est qu’ils y sont aujourd hui si rares, qu’un voyageur, durant un séjour de plusieurs mois, ne pût dernièrement en rencontrer un seul.
PL. 23.— LE FAUCON DE NORWÈGE, ou GERFAUT proprement dit.
Falco gyrfalco (Schlegel).
Mâle adulte : dessus, côtés de la tête et du cou d’un gris noir bleuâtre intense, plus foncé au centre de chaque plume ; de l’un et de l’autre côté et au bas de la nuque, une ligne circulaire blanche formant un collier incomplet ; le gris noir descend, en forme de large moustache, jusqu’au bas des joues ; parties supérieures du corps et des ailes couleur de schiste foncé ou de plomb, chaque plume portant une ligne longitudinale noire avec bordures et taches transversales d’un gris bleuâtre ; grandes rémiges d un noii brunâtre, bordées et barrées de plus clair; rectrices grises, portant quatorze ou quinze bandes d’un gris blanchâtre alternant avec autant de chevrons noir schisteux dans toute leur longueui ; parties inférieures du corps blanches; dessous du menton d’un blanc pur ; quelques fines raies noirâtres sur les plumes de la gorge, plus fortes à la poitrine et plus larges et triangulaires ou en forme de lance sur les flancs et les cuisses. Bec couleur de corne bleuâtre, noir à la pointe ; iris noisette ; tour des yeux, cire et pieds d’un jaune pâle ; ongles noirâtres. Taille ; de cinquante à cinquante-cinq centimètres.
Des Murs, Les Oiseaux de Proie.
J. Rothschild, Éditeur,
PI. as. — LE FAUCON DE NORVÈGE, OU GERFAUT propremeut dàt— Falco Gyrfalco. Schlegel. — J nat.
Pans
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
Habite les hautes montagnes de la Suède et de la Norwège ; les jeunes sujets seuls se montrent accidentellement en Allemagne, en Hollande et en France.
Niche dans les rochers; pond trois ou quatre œufs semblables, pour le mode de coloration et pour leur couleur, à ceux des deux espèces précédentes ; ils mesurent six centimètres et demi sur quatre et demi.
Se nourrit aussi, entre autres oiseaux, de Ptarmigans.
Les fauconniers s’accordent à dire que le Gerfaut de Norwège diffère beaucoup de ceux du Groenland et de l’Islande par son caractère obstiné et quinteux, et que ces deux races se prêtent, par leur naturel doux et docile , plus facilement à l’affaitage. Schlegel dit avoir été à portée de constater lui-même ces assertions, en assistant au vol du Gerfaut de Norwège sur le Héron.