PL. 31. — FAUCON ÉMÉRILLON
Falco Uthofalco (Gmelin, ex- Rriss.).
Mâle adulle : en dessus, bleu ardoisé ; un mince sourcil blanchâtre au-dessus de l’œil ; rémiges brun noirâtre ; queue portant trois rangées de taches noires arrondies, avec large bande terminale de même couleur ; en dessous, gorge blanche; joues, côtés du cou, poitrine, abdomen et cuisses d’un roux clair, avec un fin trait noirâtre sur chaque plume. Bec couleur de corne bleuâtre ; iris brun noisette; cire et pieds jaunes; ongles noirs. Taille: trente-cinq centimètres.
Habite l’Europe, l’Asie et l’Afrique septentrionale; très commun en Norwège et en Suède, où il se reproduit; rare en Hollande; fréquent en France, ainsi qu’en Savoie, où il niche dans les forêts de sapins des environs de Beaufort, dans celles du Haut-Faucigny, cotùme dans les rochers du col de la Magdelaine, dans ceux des gorges de Saint-Baldoph et d’Appremont, près de Chambéry; se prend souvent aux filets aux environs de Lille.
Niche tantôt sur le sommet des chênes ou des sapins, tantôt entre les fentes des rochers; met ordinairement, ditM. Bailly, deux semaines pour achever son nid, n’y apportant, deux ou trois fois par jour, que quelques faibles débris de branches, de racines et de paille, dont il le construit; pond cinq ou six œufs, un peu moins gros que ceux du Hobereau, mais de même couleur, et mesurant trois centimètres et demi sur trois.
Quoique de petite taille, l’Émérillon est courageux jusqu’à la témérité. H vole la Caille, la Bécassine, l’Alouette, surtout l’Hirondelle de fenêtre, et tous les oiseaux de petite taille ; il chasse aussi aux rats, aux musaraignes, aux lézards et aux insectes. On l’a vu, abandonné à lui-même, attaquer la Perdrix et la prendre, et livrer à la Pie, au Geai et au Choucas des assauts formidables.
H se montre ordinairement docile, même familier en captivité ; c’est pour cela qu’on a toujours su profiter avantageusement
de ses bonnes qualités pour l’art de la fauconnerie. Il se dresse
en huit jours et vole tout ce qu on veut.
M. Bailly en a nourri plusieurs qui avaient été pris dans les filets. Ils plumaient très proprement tous les volatiles qu’il leur donnait ; il leur offrait souvent à la main des morceaux de viande qu’ils prenaient délicatement. Cependant, quand ils étaient vieux, ils se montraient indociles et même méchants pendant les premiers jours de leur captivité.