‹ Musée ornithologique illustré (volume 3)Chapitre 41 sur 71 · PI. 4C · texte numérisé non relu

PI. 4C

^CHOUETTE DE TBNO-MALM — Ulula Tengmalmi. O. Des Murs. — J iiat. (chouette CHEVÊCH 'Ë-L'lula minor. O. Des Murs. - 1 nat.

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LES STRIGIDÉS

tour des yeux noir ; en dessous , d’un blanc grisâtre , chaque plume marquée faiblement de brun clair ; tarses et pieds , emplumés jusqu’aux ongles, d’un blanc fauve. Bec et iris jaunes ; ongles noirs. Taille ; vingt et un centimètres.

C’est le type du groupe générique Nyctale de Ch. Bonaparte , groupe renfermant quatre espèces , dont trois de l’Amérique sep'tentrionale.

Habite l’Europe et l’Asie septentrionales , en Norwège et en Russie ; se trouve aussi dans quelques parties boisées de l’Allgmagne, dans les Alpes suisses, en Savoie; et, en France, dans les Vosges et dans les Basses-Alpes ; se voit dans le nord de l’Italie, jamais en Hollande,

Niche dans les trous de vieux sapins , dans les crevasses de rochers, parfois même dans les masures. Pond de cinq à sept œufs, qui mesurent trois centimètres sur deux et demi.

D’après M. de Tschudi , la Tengmalm est particulièrement commune dans les bois de sapins des Grisons , et n’est pas rare dans les Alpes centrales, Chaque année , elle niche sur le Saint- Gothard ; dans la vallée d’Urseren, on a trouvé une fois, dans un'e excavation de rochers, sept œufs de cet oiseau, nombre que n’atteint dans sa ponte aucun autre oiseau de proie ; et il faut croire que le- cas n’est pas aussi rare qu’on le suppose , puisque Hardy, de Dieppe , en a reçu dans le temps , de M. Martin , une nichée qui en renfermait également sept. Dans le Klænthal, au pays de Glaris, on prit une fois huit de ces Chouettes dans une écurie ; ce fait prouverait, quoi qu’en dise M. Bailly, qu’elle habite aussi les masures. Dans le Jura, elle passe pour une rareté.

M. Bailly dit qu’elle n’est pas rare en Savoie, suivant les localités, et qu’elle y reste pendant toute l’année. Elle n’aime que la solitude dans les bois épais des montagnes , surtout les plus anciens de sapins, de pins et de mélèzes, qui lui procurent le plus de vieux arbres perforés , propres à la cacher pendant le jour et à recevoir sa couvée. Elle y fait, surtout quand elle a des petits à nourrir, une grande consommation de Becs-Fins, de Roitelets et de Mésanges, qui abondent ordinairement dans les

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

grands bois noirs de ces contrées. Elle se montre donc, sous ce rapport, véritablement accipitrine, dans toute l’acception du mot, ainsi que la dénommait Pallas.

• A l’époque de la pariade , elle fait entendre un cri qui a quelque rapport avec celui de la chèvre ; ce qui lui a valu, dans les environs de Barcelonnette, le nom de Chèvre sauvage.

Sa nourriture se compose en grande partie de campagnols et de mulots, qu’elle cherche dans les clairières et sur les lisières dçs bois. Dans la chasse qu’elle leur fait, elle devient quelquefois victime de son naturel rapace, en se prenant d’une façon assez singulière aux pièges que les pâtres et les habitants de la campagne dressent aux Grives et aux Merles. Les fruits et les baies, que l’on place dans ces pièges comme appât, y attirent les mulots et les campagnols. Or, il esta croire que c’est pendant que l’iin de ces mammifères se repaît de ces fruits , que la Chouette Tengmalm, qui le guettait peut-être, fond dessus et contribue à détendre le piège qui s’abat en même temps' et sur elle et sur la proie qu’elle convoitait. La plupart des sujets que s’est procurés l’abbé Caire, à qui l’on doit ces renseignements, ont toujours été pris de la sorte.

Cette Chouette offre cette particularité, de joindre à son alimentation les mollusques terrestres. C’est ainsi qu’elle se nourrit non seulement d’insectes, surtout de carabiques, de sauterelles, de sphinxs, de phalènes et d’autres gros papillons crépusculaires et nocturnes, mais en outre de lézards et de limaces qu’elle cherche à terre , parmi les herbes, les buissons et les pierres. Quand elle ne trouve pas sa subsistance dans les bois, elle en sort, vers le milieu du crépuscule, pour se répandre dans les champs, les prairies et les marécages, où elle vit, en outre, de petites Grenouilles et de leur frai , de musaraignes et de mollusques terrestres auxquels viennent s’ajouter les petits oiseaux qu’elle trouve endormis.

Elle s’habitue assez facilement à l’état domestique et paraît avoir le naturel très doux et riiumeur joviale. M. Bailly raconte que M. Thabiiis en nourrissait une cà Moutiers, en 1852, qui pré-

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férait à la viande crue les hélices pomaticiues et de jardin ainsi que divers autres mollusques de terre.

PL. 46. — CHOUETTE GHEYÈGHE.

Ulula minor (O. des Murs). — Noctua minor (Briss.).

Mâle adulte : en dessus, brun roussâtre lavé de gris, varié de taches blanches ponctuées sur la tête, arrondies sur le dos et les scapulaires, où elles occupent l’extrémité des plumes, figurant un miroir de trois bandes sur les rémiges secondaires, et bordant le côté externe des primaires qui atteignent presque l’extrémité de la queue ; celle-ci, qui est courte et carrée, barrée de trois bandés blanches ; disque facial à fond blanc grisâtre, nuancé de fauve au sommet, avec un cercle également fauve sous les yeux; en dessous, blanc sale, écaillé et strié largement de brun clair; tarses etqiieds, emplumés seulement jusqu’à la dernière articulation, d’un blanc grisâtre. Bec, iris et les trois squamelles de la dernière phalange des doigts, jaunes, ongles noirs. Taille : vingt-quatre centimètres.

C’est le type du groupe générique Noctua de Savigny.

Habite l’Europe, l’Asie occidentale et l’Afrique; commune partout, en France, en Allemagne, en Hollande et en Savoie ; rare en Suisse.

Se tient rarement dans les bois. Son domicile ordinaire est dans les masures écartées des lieux peuplée, dans les carrières, dans les ruines des anciens édifices abandonnés, dans les vastes hangars des églises et des couvents; aussi est-elle un des hôtes les plus fidèles de nos ruines de Saint-Jean. C’est là qu’elle passe la plus grande partie de sa vie, c’est là qu’elle s’apparie aussitôt après le froid et qu’elle se propage ; elle pond quatre à cinq œufs, qui mesurent trois centimètres sur deux et demi.

En Afrique, d’après Loche, elle niche dans les trous des rochers et des berges des rivières.

Elle n’est absolument pas, ainsique l’observe Buffon, oiseau de nuit; elle voit, pendant le jour, beaucoup mieux que la plu-

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part des autres Accipitres nocturnes. C’est ce qui fait qu’on la voit souvent s’exercer à la chasse des Hirondelles et des autres petits oiseaux, quoique assez infructueusement, car il est rare qu’elle en prenne. Elle réussit mieux avec les souris et les petits mulots, qu’elle ne peut avaler enti-ers et qu’elle déchire avec le bec et les ongles; elle plume aussi très proprement les oiseaux avant de les manger. Bechstein dit avoir trouvé, dans les restes indigestes dont elle décharge son estomac, une assez grande quantité de noyaux de fruits du cornouiller sanguin , ce qui démontrerait qu’à l’occasion elle se nourrit de baies.

Lui arriverait-il quelquefois de faire la chasse aux lapereaux? Nous ne saurions l’affirmer. Mais nous tenons de la bouche même d’un de nos amis, M. Henri Fergon, très grand chasseur et bon observateur, qu’un jour il vit une Chouette Chevêche sortir d’un terrier à lapins, à la détonation de son coup de fusil. H n’est guère probable cependant qu’elle y nichait.

Elle fait de temps en temps résonner les échos de sa voix, qui esl moins sourde que celle de la plupart des autres Chouettes. Chaque cri prononce ordinairement les mots de hême ou edine , répétés plusieurs fois de suite, par intervalle de deux ou trois secondes, et de la même manière qu’un homme en appelle un autre. Ces cris, distinctement articulés d’une voix forte, au milieu des ténèbres et pendant le silence de la nuit, ne manquent pas de causer aussi de grandes frayeurs aux personnes qui ont la faiblesse de croire aux revenants , surtout quand , à l’époque de l’amour, cette Chouette associe à ces derniers cris une sorte de soupir langoureux qui lui est particulier en cette saison.

En général, elle se nourrit de petits oiseaux, de souris, de musaraignes, de gros insectes, notamment d’orthoptères, de sauterelles et de grillons, puis de petits reptiles , surtout du lézard de murailles et de la salamandre tachetée; enfin de petites grenouilles, de leur frai, et assez rarement de cadavres et d’objets immondes.

Elle s’élève et se prive facilement, surtout quand on se la procure irès jeune.

Dc^ Murs, La> Oîseanx df ProSa.

J. Rothsehiîd, Éditenr, Paris

PI 47. — CHOÜETTK H U L 0 T T E, OU C H A^T- lï U A N T Clifla aJurty. Key&erling et Blaniiis, Linnæus. - ] nat.

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PL. 47. — CHOUETTE HULOTTE ou CHAT-HUANT.

Ulula aluco (Keys. et Blas., ex Linn.).

Mule adulte : en dessus, brun foncé roussâtre, marqué sur chaque plume de brun noirâtre, surtout au rachis , les six dernières des scapulaires blanches dans leur moitié externe, et formant miroir; grandes rémiges avec trois ou quatre bandes brunes portant le meme vermiculé que le reste du plumage , mêmes bandes sur les rectrices, se reproduisant plus étroites en dessous mais sans vermiculé, sur un fond blanchâtre; disque facial fauve clair au sommet; plus foncé au-dessous des yeux, avec cinq ou six cercles concentriques grisâtres; en dessous, ventre de biche clair, chaque plume flammée de roux, portant de chaque côté de son rachis noir de petites stries de même couleur, en forme de dentelures; région anale, tarses et doigts blancs. Bec et les deux squamelles digitales jaunes ; iris d un brun à reflet bleuâtre. Taille ; quarante centimètres.

Habite l’Europe, l’Asie et l’Afrique, où elle est commune à peu près partout. Niche indifféremment dans les trous d arbres et dans ceux des ruines et des vieux murs. Pond de quatre à cinq œufs mesurant quatre centimètres et demi sur quatre. Elle s approprie au besoin les nids délaissés par les Buses , par les Corbeaux et les Corneilles, les Pies et par les écureuils.

C’est de toutes les Chouettes, dit M. Bailly, celle qui est partout la plus répandue dans les montagnes, en Savoie ; elle semble avoir cependant une certaine préférence pour les vieilles forêts bien boisées de la plaine , et s’élève assez haut dans les Alpes. Elle se trouve dans toutes les forêts de la France ; et le fait est que c’est celle que les chasseurs rencontrent le plus fréquemment dans les bois. Elle s’y cache pendant tout le jour dans des creux d’arbres; quelquefois, elle reste tapie, surtout aux belles journées de l’été, sur un tronc entouré de branches ombreuses.

Sur la fin de l’été, c’est-à-dire après l’éducation des petits, la

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Hulolte vit solitairement par les bois, par les taillis des lieux frais et humides, où elle trouve aisément des reptiles, des grenouilles et des insectes pour vivre. C’esl dans ces dernières localités que les chiens la forcent souvent, en chassant la Bécasse, à prendre le vol en plein jour. Elle cause ainsi des surprises aux chasseurs qui, croyant voir lever une Bécasse, s’empressent de la tirer. Cependant son vol, large et léger, qui n’est pas même, à ses premiers élans, accompagné du battement d’aile bruyant de celte dernière, devrait faire de suite reconnaître que c’esl une Hulotte ou toute autre Chouette qui vient de s’élever. On s’épargnerait souvent par là de fusiller des oiseaux nocturnes que l’on devrait, au contraire, protéger, au point de faciliter leur multiplication, puisqu’ils sont du nombrè des oiseaux destinés à purger les champs, les jardins, les greniers, d’une infinité de petits mammifères très nuisibles à l’agriculture , ainsi que nous le démontrerons à la fin de cet article.

La Hulotte vit d’insectes de divers genres, spécialement de sauterelles et de grillons, de reptiles, de grenouilles, de poissons et de leur frai, de rats, de musaraignes, de campagnols, de taupes, de petits oiseaux et, très accessoirement, de cadavres d’insectes et de faibles animaux. Lorsque la chasse de sa campagne ne lui produit rien, elle vient dans les granges y chercher des souris et des rats. Elle retourne au bois de grand matin , à l’heure de la rentrée des lièvres, car, vigoureuse comme elle l’est, elle ose attaquer les levrauts; et lorsque le besoin l’y pousse, elle remplit son estomac d’herbes, de mousse et de feuilles. On ne peut être, dit M. Bailly, ni plus vorace, ni plus accommodante.

La Hulotte est remarquable par la sonorité et le plein de sa voix; et, pour les imaginations faibles ou romanesques, elle ne peut en imposer que par l’éclat et la solennité de son retentissement, surtout s’il a lieu le soir ou la nuit. De tous les oiseaux nocturnes, ses accents sont ceux qui se rapprochent le plus du gosier humain. Le cri d’appel du mâle ressemble en effet à celui d’un homme qui en hélerait un autre, à longs intervalles; la

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femelle y répond, en imitant le timbre assez bas d’une cloche résonnant en trémolo, et nous avouerons notre faiblesse d’entendre et d’écouter avec plaisir cette sorte de conversation musicale. Un seul cri, chez cette Chouette , est désagréable : c’est celui que le mâle et la femelle émettent en se rejoignant, et qui reproduit le vagissement aigu d’un enfant, presque un miaulement.

La Hulotte s’apprivoise sans difficulté et se montre d’une douceur extrême. Elle n’a pas l’habitude, en domesticité, de prendre, quand on l’approche, des poses ridicules, comme plusieurs de ses congénères. Au contraire de l’Effraye qui se laisse, en captivité, quelquefois mourir de faim au milieu de l’abondance, elle sait, par de petits cris plaintifs, réclamer sa nourriture dès qu’elle lui manque , en voyant paraître la personne qui la lui donne chaque jour; elle semble même, dit M. Bailly, vouloir exciter la pitié en faisant subir un léger trémoussement à son corps et à ses ailes.

Nous l’avons déjà dit, et nous le répéterons encore plus d’une fois : les campagnards qui détruisent les oiseaux nocturnes comprennent bien mal leurs intérêts.

M. Richardeau-Leroy, de Langlée, près Montargis, écrivait en 1856, à l’appui de cette réflexion, qu’il avait trouvé, dans la retraite d’un couple de Hulottes, en l’espace d’une année, plus de trente kilogrammes d’os de rats, de souris, de taupes et de mulots ; ce qui prouverait incontestablement que ces oiseaux sont les plus terribles ennemis des rongeurs qui ne vivent uniquement qu’aux dépens des récoltes. Un nid de Hulottes, dans une maison de cultivateurs, vaut mieux, selon lui, que dix chats.

Nous ne pouvons dissimuler cependant, pour être complet, que notre voisin de campagne, M. H. Fergon, que nous avons déjà cfté, nous déclarait encore l’année dernière que, malgré nos éloges de la Hulotte, il avait trouvé, à plusieurs reprises, des débris de jeunes lapins au pied d’une vieille souche occupée par un nid de Hulottes , et que, à son grand regret, il était décidé à en purger sa propriété en les tirant à la première rencontre.

LES OISEAUX UE PROIE OU RAPACES

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BUBONINÉS ou DUCS. — Buboninæ.

Ils renferment , nous l’avons dit , toutes les espèces de Chouettes à aigrettes, c’est-à-dire portant sur le front, ou audessus des yeux, ou de chaque côté de la tête, une touffe de plumes plus ou moins allongées , qu’ils peuvent dresser ou abaisser à volonté; leurs ouvertures auriculaires sont plus ou moins grandes et protégées en avant par un opercule membraneux; le plus grand nombre enfin ont les tarses et même les doigts couverts d’un épais duvet; quelques-unes seulement ont ces parties nues et réticulées.

Composée d’une cinquantaine d’espèces, dont huit seulement connues de Brisson, Buffon, Linné et Gmelin, on a divisé cette famille en huit groupes génériques ; Kétupa , Lophostrix , Ephialtes, Scops ou Petits-Ducs, Ascalaphes, Grands-Ducs, Ilibous proprement dits ou Moyens-Ducs, et Brachyotes ou Hibous à courtes oreilles. Nous les réunissons tous en un seul groupe , sous le nom de Ducs .

Quelques-unes des premières nichent sur le sol et dans les herbes , ou dans des trous sous terre ; d’autres dans des nids abandonnés de Pics, de Corbeaux et de Buses, dans des creux d’arbres ou des crevasses de rochers; et la plupart des grandes espèces construisent, tant bien que mal, leurs nids elles-mêmes sur les grands et vieux arbres. Quant à leur nourriture, elle est identique pour toutes , se composant exclusivement de proie vivante, et ne variant, selon leurs propres forces, que dans le volume et la taille des animaux auxquels ils font la chasse.

Au sujet de nos Buboninés, nous comprenons peu la sousfamille des Asioniens de Gerbe, dont la racine est le nom Asin, créé par Brisson pour les oiseaux de ce groupe. Balionnellement, et à notre sens, le nom typique de la famille doit se retrouver au moins dans l’un de ses membres. Or, dans le système de notre

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savant et regretté collègue , le type Asie ne figure ni générique-^ ment, ni spécifiquement, dans aucune de ses divisions; il en résulte qu’un paint de repère important , pour celui qui veut s’instruire, fait absolument défaut dans son beau travail.

LES OISEAUX ÜE PROIE OU RAPACES

GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE DUC, BUBO (G. Cuvier).

Bec courbé dès la base, peu saillant, fortement recourbé et crochu, disque facial plus ou moins complet; aigrettes variables dans, leur développement; ailes médiocres et amples, à rémiges fortement échancrées, la troisième la plus longue ; queue courte et large ; tarses de la longueur du doigt médian, entièrement emplumés, ainsi que les doigts; ongles crochus et acérés.

Quatre espèces seules appartiemieiit à l’Europe.

PL. 48. — DUC A COURTES OREILLES, ou RRACHYOTE.

Bubo brachrjolus (O. des Murs).

3Iâle adulte : en dessus, brun ocracé, aamméclié de brun noir au centre dé chaque plume, sur la tête et le derrière du cou, plus ou moins écaillé sur le dos et zébré de même sur les scapulaiies, qui portent en outre cinq ou six plumes panachées de blanc; trois ou quatre bandes noires sur les rémiges et les rectrices; disque facial complet, d’un blond Isabelle, cerclé de grisâtre en dedans et de brun foncé en dehors ; tour des yeux largement encadié de noir; en dessous, d’un fauve isabelle, flammé de noir au milieu de chaque plume ; iris jaune ; bec et ongles noirs. Taille : trentecinq cenlimètres.

Habile le nord de l’Europe jusqu’en Sibérie, l’Asie et l’Afrique septentrionale ; de passage régulier en Angleterre, surtout en Irlande où il niche, en Hollande, en Delgiciue, en Suisse, où il arrive toujours du nord avec les Décasses , en Savoie , cl dans d’autres contrées de l’Europe méridionale, telles, entre auli es, que la Sicile, où il est très commun l’été dans les forêts monlueuscs ;

Dcr Lf‘3 Oiseanx df Proi".

J. flothschîld, FMiteur, Paris.

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(duc U 1 b O V, ou M O y B N DU C — Huhv olus. Eavi;;. — ^ iiat.

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répandu partout en France, où on le trouve très fréquemment en Bourgogne , en Champagne , en Sologne et dans les montagnes de l’Auvergne.

Choisit pour retraits : les antres, les anfractuosités de rochers, les crevasses de murailles des bâtiments ruinés et solitaires, les vieux décombres situés dans le voisinage des lacs, des étangs, des ^ torrents et des prairies marécageuses, autour desquels il se répand chaque soir pour y vivre une bonne partie de la nuit. Pond sur le gravier^ sur la terre, quelquefois dans les trous ou les nids abandonnés des Corbeaux, des Cresserelles ou des Busards trois, quatre, cinq et jusqu’à six œufs, mesurant quatre centimètres sur trois.

Voilà ce que l’on sait des habitudes du Brachyote et ce qui s’en dit jusqu’à ce jour, particulièrement par M. Bailly.

Mais ce qu’on semble ne pas savoir, ou qu’on oublie de dire^, c’est d’abord qu’il est positif qu’il niche souvent à terre. M. Marchand, de Chartres, rapporte qu’un faucheur lui remit, en juin 1838, une femelle et six œufs ; le nid était à terre dans un champ de luzerne. Il est vrai que c’était en pleine Beauce.

C’est ensuite qu’il est une particularité plus curieuse et plus caractéristique, qui est toujours passée inaperçue, quoique publiée depuis longtemps, et sur laquelle les livres d’ornithologie sont restés muets ; c’est celle relative à une autre habitude qu’aurait ce Hibou, peut-être aussi suivant les localités, de nicher dans des trous sous terre; ce qui le rend aussi remarquable par ses mœurs, presque exclusivement terrestres, que par ses facultés tout autant diurnes que nocturnes.

C’est le capitaine Portloch qui a fait connaître, en 1838, dans Y Écho du monde savant^ cette particularité observée en 1837 par le capitaine anglais Neely, au cours de ses travaux pour la carte d’Islande.

La pointe de Magilligan, qui forme le rivage de Derry, à l’embouchure du Long-Foyle dans la mer, est semée à son extrémité de nombreuses collines, ou dunes de sables, où les lapins creusent des terriers, et où les oiseaux aquatiques font leurs nids, comme

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dans d’autres localités semblables. Mais ici, les terriers sont habités par un nouvel occupant, qui est le Duc ou Hibou Brachyote. Les individus de cette espèce apparaissent régulièrement à l’automne, et alors on les aperçoit à l’entrée des terriers, au fond desquels ils se réfugient quand on les inquiète.

Le capitaine Portloch, ayant donné quelque attention à ce fait, a pu, dans diverses circonstances, en constater l’authenticité.

D’un autre côté, le docteur Allain-Labouysse, en 1852, dans son énumération des oiseaux qui se trouvent en Algérie, s’exprime ainsi, en citant le Brachyote ;

a Dans les rochers d’Orléansville, on rencontre cette espèce de Chouette qui vit en compagnie dans les terriers. Pendant le jour, on en trouve quelquefois qui sont groupées autour de leurs habitations; mais elles disparaissent immédiatement sous terre à l’approche du danger. »

De toute manière, il paraît démontré par ces observations que, soit pour s’y retirer simplement, soit pour y nicher, le Brachyote habite des terriers creusés par d’autres animaux, ce dont auciirt ouvrage n’a encore parlé.

Le fait, après tout, n’a rien, dans le sous-ordre des Accipitres nocturnes, d’exceptionnel pour le Brachyote, qui se trouve par cela même en communauté d’habitudes avec d’autres espèces étrangères, notamment la Chouette à clapier, la Chouette de Saint-Domingue et la Chouette Hypogée, qui en a reçu son nom, lesquelles, dans l’Amérique du Sud, habitent et nichent exclusivement en terre, dans les terriers des mammifères spermophiles, des tatous, des armadilles et des viscaches ; et, en Californie, dans les terriers des marmottes et du grand écureuil terrestre, ou souslik à treize raies.

De même que la Hulotte, et plus fréquemment qu’elle, le Brachyote aime à se fourrer et à fourrager dans les herbes.

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PL. 48. — DUC HIBOU, ou MOYEN DUC.

Bubo otus (Savigny).

Mâle adulte : en dessus, brun jaunâtre grivelé et marbré de brun, de gris et de roux; cinq ou six des scapulaires panachées de gris; bord externe dés grandes rémiges d’un fauve roussâtre, sans taches dans leur première moitié, portant, ainsi que les rectrices, quatre à cinq bandes noirâtres ; disque facial fauve clair uniforme, tour des yeux noir; en dessous, d’un blanc presque jaunâtre lavé de fauve clair, flamméché de noir largement espacé, chaque flammèche déchiquetée gris noirâtre en travers de ses bords; iris et plante des pieds jaunes; bec et ongles noirs. Taille : trente- cinq centimètres.

Habite l’Europe et l’Asie, où l’a rencontré Belon, l’Afrique; commun partout et sédentaire en France, en Allemagne, en Belgique et en Sicile.

Niche et se retire ordinairement dans les cavernes des rochers, dans les vieux bâtiments ruinés, dans le creux des vieux arbres, dans les forêts en montagnes et jamais dans les plaines; et le plus ordinairement dans les nids abandonnés de Corbeaux, de Pigeons, de Pies, de Buses et d’écureuils. Pond de quatre à cinq œufs, mesurant près de quatre centimètres et demi sur trois et demi.

« Ces oiseaux, dit Butîon, se donnent rarement la peine de faire un nid ou se l’épargnent en entier, car tous les. œufs et les petits qu’on m’a apportés ont toujours été trouvés dans des nids étrangers, souvent dans des nids de Pies qui,. comme l’on sait, abandonnent chaque année leur nid pour en faire un nouveau ; quelquefois dans des nids de Buses ; mais jamais on n’a pu me trouver un nid construit par un Hibou. »

Notre Hibou commun a des habitudes bien différentes de celles du Brachyote. S’il vit en été dans les forêts les plus touffues, l’hiver il rôde autour des habitations ; il fréquente nos granges et nos hangars. A l’approche du crépuscule, ces oiseaux

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s’élancent de l’endroit où ils perchent et battent les champs, les plaines, les haies, avec l’exactitude d’un chien d’arrêt. On les voit fondre de temps en temps, avec une rapidité de vol et une sûreté . de coup d'œil extraordinaires, sur leur gibier qu’ils saisissent et qu’ils dévorent à la fois; ils ne prennent même point la peine de le déchirer avec leurs griffes. Si pourtant ils ont des petits, ils emportent la proie dans leurs serres, et leur adresse, dans ce cas, dit le docteur Franklin, mérite des éloges. Cette proie consiste en souris : or, aussi longtemps qu’ils tiennent la souris, ces oiseaux ne peuvent évidemment pas se servir de leurs pattes pour se tenir sur les tuiles, ou pour approcher de leurs retraites. En conséquence, avant de s’abattre tout à fait, ils se perchent sur la partie la plus saillante du toit, et là, ils se déchargent de leur fardeau qu’ils prennent dans leur bec, puis ils continuent à voler vers leur nid.

Le Moyen-Duc paraît avoir des mœurs sociables comme la Brachyote. Aux mois de mars et d’avril, et en automne, on le voit souvent par petites bandes de six à quatorze individus perchés sur des arbres ou des troncs de saules, et qui, lorsqu’on les disperse, ne tardent pas à se former de nouveau.

Les oiseleurs s’en servent de préférence aux autres espèces pour la chasse à la pipée.

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