PL. 49. — GRAND-DUC
Bubo maximus (Flenini., ex Sibbald).
Mâle adulte : en dessus, brun roussâtre, foncé surtout à la * tête, marbré et zébré de noir et de gris, principalement au bord des scapulaires ; rémiges et rectriçes barrées de noirâtre ; disque facial d’un gris fauve tournant au noirâtre des deux côtés du bec; en dessous, gorge blanche, tout le reste d’un roux jaunâtre clair, rehaussé de longues flammèches espacées, d’un roux noir et comme déchiquetées sur leurs bords; tarses et doigts roux clair grivelé de gris; iris jaune orange vif; bec et ongles noirs. Taille ; soixante centimètres.
l>ei Murs, U-s Oiseaux de Proie- j, Rothschild, Éditeur. Paris. ■
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LES STRIGIDÉS
Type du groupe générique Bubo de G. Cuvier.
C’est le plus grand des Rapaces nocturnes d’Europe.
Habite l’Europe et l’Asie septentrionale; très commun, dans les grandes forêts montueuses, en Hongrie, en Russie, en Allemagne et en Suisse; moins commun en Angleterre, en France et trois en Savoie ; jamais en Hollande.
Niche dans les creux des rochers, dans les vieux châteaux et les fentes des masures ; son nid, quand il en fait un, est de un mètre de diamètre, garni de foin et de mousse. Pond de deux à œufs, mesurant six centimètres et demi sur cinq.
Le Grand-Duc n’habite que les endroits les plus déserts et les plus écartés, et se tient de préférence dans les gorges des montagnes à parois verticales, dans les fourrés impénétrables, ou dans ces tours enruines, cachées sous l’ombre de grands arbres, qui sont si nombreuses en Suisse, dit M. de Tschudi, dans le canton des Grisons. Pendant le jour, il ne prend le vol que lorsqu’il est surpris, reste tapi au plus épais du feuillage des vieux arbres touffus, ou dans les fissures des rochers, de sorte qu’il est très difficile à découvrir.
Son cri, caverneux et rauque, interrompu de temps en temps par un autre strident, produit sur celui qui l’entend une profonde impression de terreur. Au mois d’avriC au moment ou les Grands- Ducs se recherchent, ce cri a quelque chose de plus sauvage encore et ressemble aux clameurs enrouées d’un homme. Et il ne faut pas s’étonner si cet affreux concert sortant la nuit du fond de gorges sauvages, ou retentissant dans les escarpements des montagnes, a pu donner lieu à des légendes et être attribué au sabat des sorcières, ou aux esprits des chasseurs noirs. Le rugissement du lion, selon M. de Tschudi, les cris de rage du loup affamé ne sont pas plus effrayants que ce cri du Grand-Duc, qu’il accompagne des claquements de son bec.
Au crépuscule, les Grands-Ducs se mettent en chasse ; leur vol est bas, calme, silencieux et lent. Ils poursuivent les souris, les serpents, les grenouilles et autres reptiles ; attaquent les Gelinottes, les Coqs de Bruyère, les Canards sauvages, les
LES OISEAUX DE PROIE OU RAPAGES
lièvres, les Geais, et surloiil les Corneilles , qu’ils surprennent la nuit sur les arbres et même sur les toits. Ils avalent les petits animaux tout entiers et, s’ils sont trop grands, ils leur broyentles os entre les mandibules puissantes de leur bec, avant de les manger. Lorsqu’il a fait sa proie d’un oiseau de forte taille, le Grand-Duc lui arrache la tête et les plus longues plumes, le déchire et l’avale par morceaux, sans se soucier des os qu’il rejette plus tard entourés des plumes ou des poils. On a même découvert, dans l’estomac d’un de ces oiseaux de proie, un morceau de hérisson garni encore de ses piquants. En hiver, le Grand-Duc vit aussi d’animaux morts.
C’est à tort qu’on a cru que le Grand-Duc ne voyait pas de jour ; il distingue parfaitement les objets, et ne ferme les yeux que lorsqu’il est subitement frappé par une lumière trop vive. Pendant le jour, sa prudence est extrême, de sorte qu’il est très difficile à atteindre. Contrairement à la plupart des autres oiseaux de proie nocturnes, il mange aussi de jour, surtout en captivité, s’élance du fond de sa cage sur les petits oiseaux qu’on lui présente et les dévore. Il ne boit presque jamais. ^
On obtient, du reste, de cet oiseau en domesticité, beaucoup plus d’agrément que l’on ne serait en droit d’en attendre. Il sort de la maison de ses maîtres et va se fixer tout près, sur le haut d’une cheminée ou au milieu des branches d'un arbre touffu ; puis il revient chaque fois qu’on l’appelle par le nom auquel on l’habitue, et quand il veut manger. M. Bailly en a vu un, en 1853, à Chambéry, chez M. Loche, qui était élevé avec un soin tout particulier, et qui offrait depuis plusieurs années tous ces avantages à son maître.
Et cependant M. Degiand dit en avoir nourri un pendant longtemps qu’il n’a pu parvenir à rendre familier, quoiqu’il fût dans un milieu où il voyait sans cesse aller et venir les domestiques cl les enfants. Probablement qu’il avait été pris trop vieux.
On comprend qu’on ait cherché à utiliser la force et la valeur de ce Rapace, ainsi que l’antipathie qu’il inspire aux autres oiseaux, pour les attaquer dé vive force, ou pour les attirer dans des
Df*fl Mms, Lcb Oiseaux de Proie,
J. Bothschild, Éditeur, Paris.
PL 50, — P ETIT 1)UC D’BTIROP E — Baho Scops. Eoîè, e.r Linnæus. — ^ nat.
LES STRIGIDÉS
pièges dont il devient le principal instrument. Aussi, l’ancienne fauconnerie ne s’en est-elle pas fait faute.