‹ Musée ornithologique illustré (volume 3)Chapitre 43 sur 71 · PL. 50. — PETIT-DUG D’EUROPE · texte numérisé non relu

PL. 50. — PETIT-DUG D’EUROPE

Bubo SGops (Boïé, ex Linn.).

Mâle adulte en dessus, roux brunâtre, vermiculé denoir et de fauve ; les plumes les plus externes des scapulaires formant un miroir longitudinal fauve très clair, bordées en écailles de noir et de brun ; rémiges échancrées -seulement au dernier tiers* de leur longueur ; queue de même que le dos, avec cinq ou six bandes transversales, zébrées de brun; disque facial fauve au haut des yeux, grisâtre au bas; en dessous, fauve, strié longitudinalement de noir et de grisâtre et finemenl marbré de brun; iris, doigts et plante des pieds jaunes; bec et ongles noirs. Taille : de dix-huit à vingt centimètres.

C’est le type du groupe générique Scops de Savigny.

Habite temporairement les diverses parties de l’Europe où il se fixe, l’Asie occidentale et l’Afrique septentrionale ; sédentaire en Sardaigne, plus que rare en Angleterre, en Suède et en Hollande.

Niche dans les fentes des rochers, dans les trous de murs et de vieux arbres, dans les amas de pierres rocheuses. Pond de trois à quatre œufs, mesurant trois centimètres et demi sur deux et demi.

Essentiellement voyageur, le Petit-Duc a l’habitude, en Europe, de se réunir en troupe sur la fin de septembre, et à la nuit tombante il part avant l’obscurité complète. Pendant ses pérégrinations, dit M. Bailly, il s’arrête dans presque tous les bois ou les champs plantés de vieux arbres qu’il découvre, pour se nourrir ou se procurer un refuge. Si une bande s’abat dans un séjour marécageux et voisin de quelque bois, il est rare qu’il ne s’y fixe pas pour une ou deux nuits consécutives, s’il est assuré d’une prébende abondante.

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

Il est curieux de les observer dans les retraites ou étapes qu’ils se choisissent au cours de leur migration d’automne.

Souvent, il nous est arrivé, auxmois de septembre et d’octobre, notamment en 1860, d’étudier une de ces colonies de passage^ mais réunie pour la saison, dans les vignobles en côtes qui environnent Bar-sur-Aube, à trois ou quatre kilomètres de la ville.

Au sommet d’un des hauts coteaux de ces vignobles, était, dans un endroit isolé, un amas assez considérable de pierres ou moellons régulièrement rangés, qui servait de point de repère, presque chaque année, à ces Scops voyageurs. C’est chose intéressantes., au coucher du soleil, que de voirie va-et-vient continuel de ces oiseaux autour de la plate-forme et de presque chaque rangée de ces pierres, des interstices desquelles les uns sortaient pendant que d’autres y rentraient, trottinants ou glissants comme de vrais mulots, et cela, sans aucun autre besoin que le mouvement et la curiosité, leurs yeux ne quittant pas vos yeux, et malgré le bruit, dans leur voisinage, des vendangeurs occupés à leur besogne.

Ce qu’ily a de remarquable au repos, observait Gerbe, en 1839, et ce que nous avons constaté nous-même, c’est que, lorsque le Scops choisit un arbre pour lieu de repos, on ne l’y voit point perché dans le sens transversal d’une branche, comme le font presque tous les oiseaux, mais presque toujours dans le sens longitudinal, à la manière des Engoulevents. Il y reste ainsi toute la journée, dans une immobilité parfaite et ses aigrettes dressées en l’air. Si on le force à prendre sa volée, ce à quoi il ne se décide qu’alors qu’on est très près de lui, il se jette dans un arbre voisin, et au plus épais du feuillage.

Après avoir parcouru cet aperçu de mœurs des Rapaces nocturnes, on se demande ce dont il faut le plus s’étonner, ou de l’antipathie universelle qu’ils inspirent, ou de l’entière similitude de leurs habitudes avec celles des Rapaces diurnes. Ce qui semble ressortir de la comparaison des uns avec les autres, c’est que leur seul tort est d’exercer ou d’appliquer leurs aptitudes le

LES STRIGIDÉS

plus ordinairement la nuit, redoutée des hommes comme des animaux, plutôt que le jour; ils portent donc, en ce point, la peine delà faiblesse humaine, plus que celle de leurs méfaits, qui ne sont ni moindres, ni pires que ceux de leurs congénères de jour. Onaxu, du reste, qu’entre les uns et les autres, ce sont également les mêmes instincts, les mêmes défauts et les mêmes qualités ; un peu plus d’astuce peut-être chez ceux-là, un peu plus de courage chez ceux-ci : voilà toute la différence. Un seul tait les distingue complètement : c’est la nidificatmi sons terre reconnue pour une seule espèce d’Europe , le Hibou Brachyote , constatée chez quatre ou cinq autres d’Amérique, et dont on ne connaît pas encore d’exemple pour les Rapaces diurnes.

FIN DES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

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