‹ Musée ornithologique illustréChapitre 19 sur 85 · PL. 10.— LE PUFFIN DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

PL. 10.— LE PUFFIN DES ANGLAIS

Puffinus Anglorum (Ray, 1713). — Pétrel Manies (Temm., 1820). — Procellaria Anglorum (id) . .

Mâle et femelle adultes : dessus et côté de la tête, dessus du cou et tout le reste des parties supérieures d’un brun noir lustré ; dessous du cou et du corps d’un blanc pur, avec les côtés de la région anale et les barbes externes des sous-caudales latérales d’un brun noirâtre ; bas du cou, sur les côtés, varié de taches noirâtres en croissants ; ailes et queue de la couleur du manteau ; bec brun noirâtre, surtout à base de la mandibule inférieure; iris brun noir; pieds jaunâtres ou d’un jaune livide, avec la face postérieure des tarses et le doigt externe d’un brun noirâtre plus ou moins foncé, et les palmures veinées de brun. Taille : trente-cinq centimètres.

Très commun aux îles Féroë, il habite en grand nombre aux îles de Saint-Kilda, de Man, dans toutes les Orcades et le long des côtes d’Angleterre, où il est commun, ainsi qu’en Irlande; et assez souvent sur nos côtes occidentales de l’Océan.

Nidification et ponte comme les précédents : un seul œuf d’un blanc pur et sans taches, mesurant cinquante-sept millimètres dans un sens et quarante dans l’autre.

C’est par milliers que les habitants des Orcades et des côtes du Nord de l’Ecosse les salent pour s’en nourrir l’hiver.

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. lîothschiid, Editeur. Taris.

DES ANGLAIS, OU II A A K S — Pu J;, ms Angloi uni Kay. — -J nat.

LES OISEAUX D'EAU — JLONGIPENNES

LES PÉTRELS PROPREMENT D IT S.— Procellariaæ.

Les Pétrels proprement dits se distinguent des Puffins notamment par le prolongement du tube nasal, qui est près de la moitié de la longueur du bec. Du reste, mêmes habitudes en tout, à l’exception d’une modification dans leur vol, qu’ils exécutent presque toujours en planant ; enfin même multiplication et même agglomération des individus dans les lieux de leurs retraites. Ce sont, en outre, les plus diurnes de tous.

La sous-famille n’est représentée que par un seul groupe générique, lequel ne fournit lui-même qu’une espèce à l’Europe.

LES OISEAUX NAGEURS

PÉTREL, PROCE LLARIA (Linn.j.V* , *

Son bec est, par sa force, le plus formidable de tous ceux dont sont armés les membres de la famille : plus court que la tête, il est épais, sinueux en dessus jusqu’à la pièce cornée qui le termine, laquelle se relève en un renflement robuste retombant en croc à l’extrémité ; mandibule supérieure garnie sur son bord interne de lamelles courtes et obliques; mandibule inférieure creusée en gouttière, tronquée subitement et formant un angle à son extrémité ; narines réunies en un seul orifice tubulaire , couché horizontalement sur la mandibule dont il occupe la moitié, et séparées intérieurement par une mince cloison; ailes allongées, suraiguës, la première rémige la plus longue; queue courte et légèrement arrondie; tarses robustes, épais, courts, de la longueur à peine du doigt médian, réticulés ; les trois doigts réunis par de larges palmures entières; ongles peu larges, recourbés, creusés en dessous ; pouce remplacé par un ongle très aigu, épais, court et conique.

D’après ce qu’en dit le docteur Martin, dans son Voyage à Saint-Küda, de 1698, cet éperon lui servirait à se tenir ferme et à s’ancrer à lapeau glissante des baleines vivantes, sur le dos desquelles il aimerait à pâturer.

PL. il. - PETREL GLACIAL.

Procellaria glacialis (Linn.).

11 a la tête et le cou cPun blanc pur ; le dessus du corps d’un cendré bleuâtre , les sus-caudales, le dessous du corps et les

Des Murs, Les Oiseaux d’ Ban.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 11. — PETREL GLACIAL — Procettaria gïacialis. Linnæus. — J nat.

LES OISEAUX D’EAU — LONGIPENNES

sous-caudales d’un beau blanc ; les couvertures supérieures des ailes d’un cendré bleuâtre un peu plus foncé que celui du manteau; les rémiges d’un brun cendré ; la queue colorée en dessus comme le dos, mais d’une teinte plus claire ; le bec est jaune teinté d’orange sur le tube nasal; l’iris brun, et les pieds sont nuancés de bleuâtre et de jaune. Sa taille est de quarante-trois à quarante-cinq centimètres.

Il est aussi commun au nord de l’Europe que dans l’Amérique septentrionale; se trouve sur les côtes d’Écosse et d’Angleterre ; assez abondant aux Orcades et aux Hébrides ; mais innombrable à Saint-Kilda, ainsi que nous l’apprend Mac-Gillivray.

Ce Pétrel est le plus remarquable des oiseaux qui abondent aux Hébrides, ce refuge de presque tous les oiseaux de mer de l’Europe.

2e FAMILLE

LARIINËS. — Lariinæ (Leach, 1816).

La progression se poursuit, lentement il est vrai, mais d’une manière constante. Les oiseaux dont nous allons esquisser l’histoire, tout en étant organisés pour la sustention aquatique, le sont également pour la station terrestre et horizontale, par suite de l’insertion plus centrale de leurs membres inférieurs ; et, au suprême degré, pour la suspension aérienne par le développement de leurs membres antérieurs; ils sont enfin plus exclusivement diurnes que les précédents.

Tous ces oiseaux, qui ont la même organisation, et presque les mêmes habitudes, ne diffèrent entre eux que par diverses modifications dans la forme du bec et dans celle de la queue. Pourtant, si tous sont plus ou moins piscivores, quelques-uns se font, à leurs moments, insectivores.

Ils se divisent en trois grandes sous-familles :

Les Sterninés ;

Les Larinés ;

Et les Lestridiens ou Stercoraires.

LES STERNINÉS ou HIRONDELLES DE MER. — Sterninæ (Ch. Bonap., 1838)-

Parmi les Laridés, on a plus spécialement donné le nom d’HP rondelles aux plus petites espèces, dont le bec est plus ou moins droit, effilé en pointe, sans dentelures et aplati sur les côtés. Ces oiseaux, en effet, par leurs longues ailes, leur queue généralement fourchue, et par leur vol constant à la surface des eaux, représentent assez bien, sur la plaine liquide, selon l’expression de l’abbé Bexon, les allures des hirondelles de terre dans nos campagnes et autour de nos habitations. Non moins agiles et aussi vagabondes, les Hirondelles de mer rasent les eaux d’une aile rapide, et enlèvent en volant les petits poissons qui sont à fleur d’eau, comme nos Hirondelles saisissent les insectes. Leurs pieds sont palmés, c’est-à-dire garnis de petites membranes retirées entre les trois doigts antérieurs, le pouce restant libre, qui leur servent peu pour nager ; car il semble que la nature n’ait confié ces oiseaux qu’à la puissance de leurs ailes, qui sont extrêmement longues et échancrées comme celles de nos hirondelles. Ils en font le même usage pour planer, cingler, plonger dans l’air, en élevant, rabaissant, coupant, croissant leur vol de mille et mille manières, suivant que le caprice, la gaieté, ou l’aspect de la proie fugitive dirige leurs mouvements, ce qui leur fait donner par les marins le nom de Croiseurs.

La sous-famille ne forme elle-même qu’un seul et unique groupe générique.

Des Murs, Les Oiseaux d’ Eau, J. Rothschild, Éditeur, Paris.

( HIRONDELLE-DE - MER ' ïf AINE, OU MI N TJ L E — Sterna minuta. Linnæus. — A nat.

( HIRONDELLE - DE-MER PIERRE & A R I N - Sterna Mrundo. Linnæus. — J nat.

LES OISEAUX D’EAU - LONGIPENNES

GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE

HIRONDELLES DE MERou STERNES, STERNA (Linn.)

Bec de la longueur de la tête, très comprimé, plus haut que large, légèrement incliné jusqu’à l’extrémité des deux mandibules finement terminées en pointe; narines basales, latérales, oblongues; ailes aussi longues ou plus longues que la queue, qui est également allongée et généralement fourchue; tarses courts, minces, de la longueur du doigt médian; doigts courts et grêles; membranes interdigitales échancrées, pouce libre; ongle du doigt médian le plus fort et le plus recourbé.

Quoique vouées fatalement au vol, la brièveté de leurs pieds n’interdit pas aux Sternes l’accès et le contact du sol , ne fût-ce que pour nicher ; ce qu’elles font par colonies sur tous les points où elles abordent; peu portées à s’avancer en haute mer, quoique répandues dans toutes les parties du monde, elles fréquentent de préférence les côtes, les embouchures des fleuves et les étangs ; en revanche , elles, pénètrent assez avant parfois dans les terres. Toutes sont de nature criarde et vorace.

Dix espèces appartiennent à l’Europe.

PL. 12.— HIRONDELLE DE MER NAINE ou MINULE.

Sterna minuta (Linn.). — Sternula minuta (Boié, 1822).

Mâle adulte . front blanc; sommet et derrière de la tête noirs, avec deux traits de la même couleur posés sur les yeux en forme de sourcils ; le reste du cou, le dos, le croupion et les couvertures de l’aile d’un joli cendré ; cette teinte plus foncée sur les

LES OISEAUX NAGEURS

trois grandes couvertures des ailes les plus éloignées du corps ; gorge, bas du cou, poitrine, ventre, flancs et pennes de la queue d’un blanc aussi éclatant que la neige ; les trois premières pennes noirâtres, avec la plus grande partie du côté intérieur blanche ; les dix-huit suivantes plus ou moins cendrées extérieurement, et blanches sur le côté intérieur ; les quatre plus proches du corps du même cendré que les scapulaires; ailes, pliées, s’étendant jusqu’à près de deux centimètres au delà du bout de la queue , qui en a neuf de longueur ; bec rouge teint de noir à la pointe ; iris noir; pieds rougeâtres, ou d’un orange terne. Sa taille est de vingt-deux centimètres.

Cette Hirondelle, la plus petite de nos espèces d’Europe, habite aussi l’Afrique, et se rencontre jusque dans l’archipel Indien et en Australie, et même fort avant dans le nord.

Elle est de passage régulier sur les côtes septentrionales de la France pendant les mois de mai et d’août ; l’on en voit beaucoup sur le canal de Mardick, près de Dunkerque. Elle n’est pas rare dans le Midi, le long du Rhône, et fréquente aussi les bords de la Loire.

Quelques couples se reproduisent dans le midi de la France ; c’est par colonies qu’elle se propage. C’est au surplus une des espèces qui s’avancent ou s’égarent le plus souvent dans les terres, puisqu’on la retrouve, pour ainsi dire, aux abords de Paris, sur les étangs de Saclé, près Versailles, où elle niche elle-même fréquemment, et d’où Flor. Prévost en rapportait des œufs chaque année.

Elle niche au milieu des îlots ou au bord des marais ou des lacs, sur le sable ou entre les petits galets amassés par les eaux, et pond deux ou quatre œufs, qui varient du gris jaunâtre au verdâtre plus ou moins intense, avec des points noirs ou brunâtres, et quelques-uns de violacés : ils mesurent de trente et un à trentetrois millimètres de grand diamètre, sur vingt-trois à vingt-quatre de petit.

Sa nourriture se compose principalement d’insectes d’eau, de frai, de vers marins, et souvent de petits poissons. Si elle guette

LES OISEAUX D’EAU — LONGIPENNES

ces derniers, quand ils sont à la surface de l’eau, on la voit, dit Crespon, se soutenir, à une certaine hauteur, par des battements d’ailes précipités puis, tout' à coup, elle se laisse tomber et s’empare de sa proie avec une subtilité étonnante, et cela, quoiqu’on ne soit séparé d’elle que par une faible distance.

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