‹ Musée ornithologique illustréChapitre 29 sur 85 · PL. 19. — GOÉLAND A MANTEAU NOIR · texte numérisé non relu

PL. 19. — GOÉLAND A MANTEAU NOIR

Larus murinus (Lirai.). —Dominicanus marinus (Bruch, 1853).

Mâle adulte : tête et cou d’un blanc parfait; dos et scapulaires d’un noir profond ardoisé , ces dernières terminées de blanc; parties inférieures du corps et sous-caudales d’un blanc pur; ailes pareilles au manteau, avec les rémiges terminées de blanc et les primaires noires au bout ; queue entièrement blanche. Bec livide, avec une teinte jaune en dessus et aux bords de chaque mandibule, d’un rouge orange vif à l’angle de la mandibule inférieure; bord libre des paupières du même rouge orange; partie nue des jambes, tarses et doigts d’un blanc livide bleuâtre, avec la membrane interdigitale moins foncée, offrant un réseau vasculaire tirant sur le violet; ongles noirs; iris gris jaunâtre. Il

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Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

Pi. 19. — G 0 E LARD

MARTEAU R O IR — Larus

s. Linnæus. — { nat.

LES OISEAUX D'EAÜ — LONGIPENXES

mesure soixante-dix centimètres. C’est la plus forte de toutes les espèces d’Europe.

Ce Goéland est propre à l’Europe, à l’Asie et à l’Amérique septentrionales.

Il habite les rivages de la mer, qu’il ne quitte qu’accidentellement ; très abondant aux Orcades et aux Hébrides ; commun à son double passage sur les côtes de Hollande, de France et d’Angleterre. C’est par grandes bandes qu’il passe, pendant les mois de septembre , octobre et décembre , dans le nord de la France, sur les côtes de l’Océan.

Il paraît plus rare sur celles de la Méditerranée, dans nos provinces méridionales, où l’on ne rencontre le plus souvent que de jeunes individus. Ce sont également des jeunes qui se rendent en Italie et en Sicile durant l’hiver. On ne le voit presque jamais, ou très accidentellement, dans l’intérieur des terres ou sur les eaux douces.

Il niche sur des tas de mousse et de plantes marines qu’il accumule sur les rochers, et auxquelles sont ajoutées quelques plumes; y pond trois œufs qui sont ou gris cendré, ou brun olivâtre, parsemés presque régulièrement de taches plus ou moins arrondies, ou déchiquetées, tantôt d’un brun roux, tantôt d’un noir profond ; ils mesurent soixante-dix-huit à quatre-vingts millimètres de longueur, sur cinquante-quatre à cinquante-sept de largeur.

Brünnich, à l’aide d’Audubon, donne des détails curieux sur la voracité naturelle de ce Goéland, qui est si carnassier et si vorace, qu’il avale des poissons plats presque aussi larges que son corps, et prend avec la même avidité toute sorte de nourriture, excepté les végétaux, même les charognes les plus corrompues; mais préfère la chair crue, les poissons frais, les jeunes oiseaux, ou les petits quadrupèdes, lorsqu’il peut s’en procurer, tels que taupes, rats, etc.

La longévité de cet oiseau doit être extraordinaire : elle paraît être égale à celle du Goéland à manteau gris. Audubon en a connu un qui était tenu en captivité depuis plus de trente ans.

LES OISEAUX NAGEURS

En raison même de cette aptitude à la domestication, il devient familier et, abandonné à sa liberté d’emprunt, il ne laisse pas pour cela, à l’époque soit des passages, soit de la reproduction, de quitter le domicile de son maître, et, après des intervalles plus ou moins longs d’absence, d’y revenir, le plus souvent seul, parfois accompagné d’un jeune ; puis, comme si rien d’insolite n’avait eu lieu, reprendre de lui-même ses habitudes domestiques, en retrouvant ses compagnons de jardin et d’habitation.

C’est le Goéland varié ou Grisard de Buffon.

PL 20. — GOELAND BRUN ou A PIEDS JAUNES.

Larus fuscus (Linn.). — Lencus fuscus (Kaup, 1829). — Clupeilcirus fuscus (Ch. Bonap., 1857).

Mâle adulte : tête, cou, poitrine, abdomen, queue en entier d’un blanc pur ; dessus du corps et couvertures supérieures des ailes d’un noir ardoisé, avec les scapulaires terminées de blanc; rémiges noires : la première, quelquefois la deuxième, portant une tache blanche vers le bout, les suivantes terminées par un très petit liseré, et les secondaires par une large bordure de la même couleur. Bec jaune citron, avec l’angle inférieur rouge vif; bord libre des paupières rouge orange; iris jaune clair; pieds d’une teinte un peu jaunâtre. Taille de cinquante- deux centimètres.

Les individus de cette espèce habitent l’Europe septentrionale et Occidentale, et se retrouvent en Amérique. Dans les mers du Nord, ils vivent, comme le Goéland à manteau noir, des cadavres des cétacés.

Il niche sur les bords de la mer, parmi les rochers et dans les dunes ; construit négligemment un nid avec des brins secs de zoostère marine, d’herbe et de mousse, auxquels sont parfois mêlées quelques plumes; et pond deux ou trois œufs à fond jaunâtre, d’un roux sale ou d’un gris clair, parsemés plus ou moins régulièrement de taches, les unes d’un gris bleuâtre, les autres

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

P1.20. GOELAND B B, U N, OU A PIEDS JAUNE S — Larus fuscws. Linnæus. — |

Des Murs, Les Oiseaux d'Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

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