PL 39. — PLONGEON L U M M E
GORGE NOIRE — Colymbus Arc ficus. Linn
LES PLONGEURS OU GO L YM BIENS
bouts fréquemment moins aigu que l’autre. Ils procèdent de deux teintes : ou d’un brun chocolat uniforme, ou d’un vert olive clair, ou vert bouteille également uniforme; dans les deux cas maculés de rares taches d’un noir franc, plus ou moins arrondies ou en forme d’éclaboussures; entremêlées d’un griveté à peine perceptible se perdant dans la teinte du fond. Ils mesurent de quatre-vingt-douze à quatre-vingt-quinze millimètres de grand diamètre sur soixante de petit. Tels étaient ceux de notre collection, passée aujourd’hui aux mains de M. H. Turati, de Milan. Une autre variété était café au lait foncé, avec les mêmes taches.
Les Plongeons, malgré leur sauvagerie, peuvent se prêter à la domestication. On s’est emparé, à plusieurs reprises, de Plongeons vivants, que l’on a pu alors observer de plus près et plus à l’aise.
Le savant naturaliste Montagu en gardait un, dans un étang; et il était parvenu à l’apprivoiser en peu de jours : l’oiseau docile venait à l’appel, d’une rive à l’autre, et prenait sa nourriture dans sa main.
PL. 39. —LE PLONGEON LUMME ou A GORGE NOIRE.
Colymbus arcticus (Linn.).
Mâle adulte : dessus de la tête et du cou d’un brun cendré, plus foncé au front ; milieu du dos et sous-caudales d’un noir profond à reflets, sans taches ; chaque côté de la partie supérieure du dos marqué de dix ou douze raies transversales blanches ; scapulaires en portant quatorze ou quinze sur fond noir ; gorge, devant et côtés du cou noirs, à reflets violets, avec une petite bande transversale, formée de raies longitudinales blanches, sous la gorge, interrompue antérieurement et se dirigeant en arrière vers l’occiput ; une autre bande plus large, verticale, formée de raies plus longues sur les côtés du cou, occupe toute l’étendue de ces parties; poitrine blanche, avec les côtés rayés de noir; abdomen blanc, avec les flancs et une bande transversale sur l’anus noirs; joues
nuancées de noir et de cendré ; couvertures supérieures des ailes noires, parsemées de petites taches blanches; rémiges et rectrices d’un noir à reflets. Bec noir profond; iris rouge; pieds bruns en dehors, d’un cendré verdâtre en dedans. Taille de soixante-huit centimètres environ.
Le Plongeon Lumme habite l’hémisphère boréal. On le trouve dans le Nord de la Sibérie, dans le Nord-Est de la Russie d Europe, au pied des Monts Ourals, et il se répand dans beaucoup de contrées de l’Europe à l’époque de ses migrations. Ainsi, commun en automne et en hiver, à son passage, en Angleterre, en Allemagne et en Hollande ; plus rare sur les lacs de l’intérieur en France ; assez commun sur les grands lacs de la Suisse, il ne paraît cependant pas pénétrer aussi loin vers le Nord que l’espèce précédente ni la suivante. D’après Témminck, il ne se trouvait pas en Islande, mais il se trouve en Ecosse; le même auteur dit que l’espèce est exactement la même au Japon.
11 niche dans les roseaux et dans les herbes, sur les bords des lacs et dans les marais entrecoupés de beaucoup d’eau, et souvent loin des rivages de la mer.
Il pond deux œufs aussi variables que ceux de Ylmbrim , avec la même forme et la même livrée. Ils mesurent quatre-vingtcinq millimètres de grand diamètre sur cinquante à cinquantedeux de petit.
Le Lumme a un cri fort et triste ; il le fait constamment entendre à l’approche de la pluie ou d’un orage. Aussi les montagnards de l’Ecosse l’ont-ils nommé Oiseau-de-pluie, rain Goose. On l’appelle encore en langage gaélique : grande Poule des lacs. C’est le premier oiseau, dans l’ordre que nous suivons, qui serve de pronostic dans les pays où il se trouve ; ce ne sera pas le dernier. Ces qualifications, vulgaires en apparence, reposent presque toujours sur un fait d’observation vrai.
PI. 40. — P L 0 N G E 0 N C1T-MA.RIN- Colymbus septei
Linnæus. J nat.
LES PLONGEURS OU COLYMBIENS